V. QUESTIONS SOCIALES ET DROITS DE L'HOMME
A. L'IMMIGRATION, L'UNE DES RÉPONSES AU VIEILLISSEMENT DÉMOGRAPHIQUE DE L'EUROPE
Au cours de ce débat présidé par M. Bertrand Bouyx, président de la délégation française, le mercredi 29 janvier 2025, l'APCE a indiqué que le vieillissement démographique en Europe et la réduction inquiétante des jeunes et des actifs, auront des répercussions profondes, non seulement pour les personnes, mais aussi pour les services publics, les entreprises et la société civile, touchant notamment les systèmes de protection sociale et de santé, les marchés du travail, les finances publiques et les droits à pension.
En adoptant une résolution sur le rapport de Mme Kate Osamor (Royaume-Uni - SOC), l'APCE a souligné la nécessité d'un soutien accru aux personnes âgées et a appelé les États membres « à élaborer des politiques efficaces pour assurer le bien-être et la qualité de vie de la population âgée ».
L'APCE a également proposé que les États améliorent leurs politiques visant à « promouvoir l'intégration générale des migrants et la cohésion sociale ». Ces politiques d'intégration globales, multidimensionnelles et sensibles au genre, vont de la régularisation des travailleurs migrants sans papiers à la promotion d'une aide directe et ciblée dans les collectivités locales, en passant par la formation professionnelle, souligne la résolution adoptée. « L'immigration peut être un moyen pour l'Europe de combler ses pénuries actuelles et futures de main-d'oeuvre dans le secteur de l'aide et des soins à la personne », selon la résolution adoptée.
Afin de parvenir à une intégration plus durable et de rapprocher les personnes migrantes ou réfugiées et la population locale, l'Assemblée parlementaire préconise également la mise en oeuvre de programmes visant à créer des liens entre les diverses communautés, en s'appuyant sur les organisations de la société civile et en renforçant ses capacités.
Mme Marie-Christine Dalloz et M. Didier Marie ont pris part au débat.
B. LES FEMMES ET L'ÉCONOMIE : EMPLOI, ENTREPRENEURIAT ET BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE
Malgré les progrès accomplis, les femmes sont toujours confrontées à des inégalités économiques, qui ont été exacerbées par la pandémie de covid-19 et les conséquences économiques des conflits. Ces défis mondiaux ont montré la fragilité des progrès réalisés en matière d'égalité entre les femmes et les hommes et « que beaucoup reste à faire ».
En adoptant, le jeudi 30 janvier 2025, une résolution basée sur un rapport de Mme Sena Nur Çelik Kanat (Turquie - NI), l'APCE a demandé instamment que des mesures soient prises pour assurer la pleine participation des femmes à l'économie, appelant à une budgétisation sensible au genre (BSG) à tous les niveaux de la planification financière : l'Assemblée a demandé que « Les outils de budgétisation sensible au genre soient intégrés à toutes les étapes du cycle budgétaire » soulignant qu'un financement « adéquat doit être réservé à l'égalité ».
L'APCE a exhorté les gouvernements à renforcer la responsabilité de l'exécution du budget et à contrôler les résultats en utilisant l'évaluation de l'impact sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle a également souligné la nécessité d'éliminer les préjugés dans l'utilisation de l'intelligence artificielle, en insistant en particulier sur le fait que « la prise de décision automatisée dans le domaine de l'emploi devait prendre en compte la diversité et l'intersectionnalité sans générer de discrimination ».