C. UNE RELATION BILATÉRALE À APPROFONDIR
Au plan économique, les perspectives offertes aux entreprises françaises apparaissent significatives et sont renforcées par la proximité géographique avec le département de la Guyane. Le développement des liens commerciaux avec le Guyana pourrait cependant être entravé par certains obstacles. En particulier, les taux de crédit proposés par la France, encadrés par les engagements pris dans le cadre de l'OCDE, demeurent rarement inférieurs à 4 %, quand ceux offerts par certains de nos concurrents s'établissent à des niveaux bien plus attractifs, de l'ordre de 1,5 % pour la Chine et entre 1,5 et 1,7 % pour l'Inde.
Inauguration officielle de l'ambassade de France à Georgetown en présence de M. Mohamed Irfaan ALI, président du Guyana
Au plan diplomatique, plusieurs visites officielles françaises ont eu lieu, dont celle d'une délégation de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, en 2023. La mission appelait notamment à l'ouverture d'une ambassade de plein exercice à Georgetown. Cette recommandation a été suivie, l'ambassade ayant ouvert le 1er septembre 2025. Son inauguration, en présence de la mission et du président Irfaan Ali, a eu lieu le 3 octobre 2025. À la date de publication du présent rapport, la France est ainsi le seul État de l'Union européenne à disposer d'une ambassade à Georgetown.
La France est désormais identifiée par les autorités guyaniennes comme un partenaire de premier rang, comme l'ont rappelé les autorités guyaniennes à la mission.
Lors de son entretien avec la mission, le brigadier général Omar Khan, chef d'état-major des forces de défense du Guyana, a estimé qu'une coopération plus étroite en matière d'échange d'informations, notamment radar, permettrait d'anticiper les trajectoires suspectes avant qu'elles n'atteignent le territoire français. Ce sujet a également été évoqué au cours de l'entretien avec le président Irfaan Ali, qui a réaffirmé l'intérêt de renforcer les capacités de surveillance et d'alerte communes, en particulier dans le cadre de la lutte contre les trafics transfrontaliers et maritimes.
La France a par ailleurs proposé au Guyana de négocier une convention de coopération judiciaire visant notamment à faciliter le retour des détenus guyaniens arrivant en fin de peine dans les établissements pénitentiaires de Guyane.
Enfin, la question de la délivrance des visas a été systématiquement soulevée par les autorités guyaniennes. En effet, à l'heure actuelle, les Guyaniens souhaitant se rendre en France doivent effectuer une demande de visa auprès de l'ambassade de France au Suriname. Au regard du prix du visa (90 euros), les effectifs supplémentaires dédiés à la délivrance de visas seraient rapidement rentabilisés, en particulier au regard du coût d'une éventuelle externalisation.
Si, depuis 2024, les démarches pour l'obtention d'un visa français peuvent être effectuées depuis Georgetown deux jours par mois, la mission considère qu'il conviendrait d'aller jusqu'au bout de la logique qui a présidé à l'ouverture de l'ambassade à Georgetown en la dotant d'une section consulaire lui permettant de délivrer des visas.
