II. L'ACTUALITÉ DU CONSEIL DE L'EUROPE ET DE L'APCE AU COURS DE LA QUATRIÈME PARTIE DE SESSION ORDINAIRE
A. LES ÉLECTIONS AUXQUELLES A PROCÉDÉ L'ASSEMBLÉE
1. L'élection d'une vice-présidente de l'Assemblée au titre de l'Albanie
À l'ouverture de sa session d'automne 2025, l'APCE a élu Mme Olta Xhaçka vice-présidente de l'Assemblée au titre de l'Albanie.
L'Assemblée compte dix-neuf vice-présidents qui doivent être élus chaque année au début d'une session ordinaire et demeurent en fonction jusqu'à l'ouverture de la session suivante. Bertrand Bouyx est vice-président au titre de la France.
2. L'élection de la Secrétaire générale de l'Assemblée parlementaire
L'APCE a réélu Mme Despina Chatzivassiliou au poste de secrétaire générale de l'Assemblée. Son mandat de cinq ans débutera le 1er mars 2026.
La secrétaire générale assure le bon fonctionnement de l'APCE, met en oeuvre ses décisions et coordonne les travaux des commissions. Elle dirigera un secrétariat d'environ 90 personnes qui assistera le Président et les membres de l'Assemblée dans l'accomplissement de leur travail et assurera le bon déroulement des travaux parlementaires.
3. Le Prix des Droits de l'Homme Václav Havel
Le treizième Prix des Droits de l'Homme Václav Havel, qui récompense des actions exceptionnelles de la société civile en faveur de la défense des droits humains, a été décerné à M. Maksym Butkevych, journaliste et défenseur des droits humains ukrainiens.
M. Butkevych est cofondateur du Centre des droits humains Zmina et de la radio Hromadske. Malgré son pacifisme de longue date, il s'est porté volontaire pour rejoindre les forces armées ukrainiennes au début de l'invasion russe en 2022 et est devenu commandant de peloton. Capturé et condamné à 13 ans de prison par les forces russes, il a enduré plus de deux ans d'emprisonnement dans des conditions difficiles avant d'être libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers en octobre 2024.
Les deux finalistes du Prix 2025 sont la journaliste géorgienne Mzia Amaghlobeli et le journaliste azerbaïdjanais Ulvi Hasanli, tous deux sont actuellement détenus dans leur pays d'origine.
En ouvrant la cérémonie, le Président de l'APCE, Theodoros Rousopoulos, a déclaré que ce n'était pas un hasard si les trois candidats présélectionnés cette année étaient tous des journalistes. « Sans le droit à la liberté d'expression et sans des médias libres, indépendants et pluralistes, il n'y a pas de véritable démocratie », a-t-il souligné, rappelant que la plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l'Europe avait recensé 171 journalistes en détention en Europe à la mi-mars de cette année, dont 98 dans les États membres du Conseil de l'Europe, tandis qu'au moins 26 journalistes ukrainiens restent détenus illégalement par la Russie.
Demandant la libération immédiate de Mme Amaghlobeli et de M. Hasanli, il a déclaré : « Votre voix a peut-être été réduite au silence, mais votre témoignage est entendu haut et fort. » Le Président, lui-même ancien journaliste, a également remercié les trois candidats pour leur courage dans leur opposition à l'autoritarisme et pour avoir servi de modèles à toute une génération de journalistes et de défenseurs des droits humains.
En acceptant le Prix, M. Butkevych a déclaré : « C'est un grand honneur, qui signifie beaucoup pour moi et pour nous tous » et qui n'aurait été « qu'un rêve » lorsqu'il était détenu en Russie il y a un an. Il l'a dédié aux prisonniers de guerre ukrainiens et aux civils détenus illégalement par la Russie, ainsi qu'à tous ses collègues journalistes privés de liberté dans des régimes autoritaires. Il a exhorté le monde à ne pas les oublier, ni tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité : « L'Ukraine défend non seulement son intégrité territoriale, mais aussi des valeurs fondamentales. Notre coopération, notre liberté et notre désir de vivre dans le respect mutuel, dans la dignité et sans crainte, reposent sur ces valeurs ».
Le Prix des Droits de l'Homme Václav Havel est décerné chaque année par l'APCE, en partenariat avec la bibliothèque Václav Havel et la fondation Charta 77, « pour récompenser des actions exceptionnelles de la société civile en faveur de la défense des droits humains en Europe et en dehors du continent ». Il consiste en une somme de 60 000 euros, un trophée et un diplôme.