E. LE DÉBAT D'ACTUALITÉ SUR LA CRISE POLITIQUE EN SERBIE

L'intervention de Didier Marie

La situation politique en Serbie est particulièrement inquiétante. Depuis l'effondrement meurtrier de l'auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, les étudiants, rejoints par une grande partie de la population, manifestent. Ils accusent le Gouvernement de corruption et réclament des élections anticipées, ce que refuse Aleksandar VUÈIÆ, au pouvoir depuis onze ans.

Depuis cet été, ces manifestations, au départ pacifiques, ont donné lieu à de nombreux affrontements auxquels auraient participé des civils recrutés par le régime dans les milieux de l'ultra-droite pour soutenir les forces de l'ordre.

En réalité, la situation politique en Serbie se dégradait bien avant l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad. En effet, le scrutin de novembre 2023 avait déjà soulevé de nombreuses critiques : les observateurs de notre Assemblée avaient qualifié d'inéquitables les conditions dans lesquelles ces élections se sont déroulées, le parti au pouvoir jouissant d'avantages indus.

Aujourd'hui, les arrestations de manifestants se multiplient et la répression est de plus en plus féroce.

Face à cette situation, le président Aleksandar VUÈIÆ a tenté de réagir en remplaçant le Premier ministre en janvier 2025, mais cela n'a pas suffi à calmer la contestation qui s'est amplifiée depuis.

Dès lors, des mesures plus fortes doivent être envisagées, conformément aux recommandations du Conseil de l'Europe, et notamment de la Commission de Venise ou du groupe d'États contre la corruption (GRECO) afin de renforcer la confiance dans les institutions démocratiques et garantir l'indépendance de la justice.

En 2022, la Commission de Venise avait recommandé à la Serbie de consolider l'indépendance du système judiciaire en renforçant les critères empêchant l'ingérence politique dans la nomination des juges et procureurs. Elle recommandait également de procéder à un audit complet du registre électoral unifié afin de garantir la sincérité du scrutin. De son côté, le GRECO recommandait de réformer les procédures de recrutement et de promotion des procureurs et procureurs délégués, notamment en excluant l'Assemblée nationale du processus et en limitant le pouvoir discrétionnaire du Gouvernement.

J'appelle donc les autorités serbes à suivre les recommandations des instances du Conseil de l'Europe, à cesser les violences et à tout mettre en oeuvre pour garantir un processus démocratique.

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