G. LA SOCIALISATION À L'ÉCOLE : POUR UNE ÉDUCATION INCLUSIVE ET PARTICIPATIVE QUI FAVORISE LES VALEURS DÉMOCRATIQUES

L'intervention de M. Emmanuel Fernandes, au nom du groupe GUE

Ce rapport nous rappelle quelque chose d'essentiel, et mon groupe remercie la rapporteure pour son travail : la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s'apprend, se pratique, s'enseigne. L'école est l'un des premiers lieux où cette expérience peut être possible.

Nous partageons pleinement le constat posé. L'école n'est pas seulement un lieu de transmission de savoirs, mais un espace de socialisation, de construction du lien social, d'apprentissage du vivre-ensemble. Pourtant, partout en Europe, cette mission démocratique de l'école est fragilisée. Fragilisée par les inégalités sociales, par la ségrégation scolaire, par la montée des discriminations et du racisme, mais aussi par l'épuisement du personnel enseignant, soumis à des politiques d'austérité et à un manque chronique de moyens.

En France, le gouvernement prévoit la suppression de 4 018 postes d'enseignants précisément pour la rentrée de septembre 2026. Dans l'académie de Strasbourg, ce sont 85 postes qui devraient disparaître à la rentrée. Or, la France fait déjà partie des pays européens aux classes les plus chargées.

Comment prétendre former des citoyennes et citoyens libres et éclairés dans des établissements surchargés, où les élèves n'ont que rarement voix au chapitre ?

On ne peut pas enseigner la démocratie dans des structures qui, au quotidien, la contredisent.

Ce rapport a le mérite de poser une exigence forte. Il ne suffit pas d'enseigner la démocratie, il faut la faire vivre à l'école. Cela passe par la participation réelle des élèves à la gouvernance des établissements, par des pratiques pédagogiques coopératives, par la reconnaissance de la diversité comme une richesse et non comme un problème à gérer.

Je veux insister sur un point central. L'éducation inclusive est indissociable de la justice sociale. Les discriminations, le racisme, le harcèlement et l'exclusion socio-économique restent aujourd'hui encore très répandus dans de nombreux établissements scolaires à travers toute l'Europe. Ces réalités ne sont pas des accidents isolés. Elles reflètent directement les inégalités sociales et les discriminations de nos sociétés que l'école, trop souvent, reproduit au lieu de les combattre.

L'inclusion ne peut pas être un slogan, ni un simple affichage dans les programmes. L'inclusion se construit. Et elle se construit d'abord par des choix politiques clairs. Cela suppose des moyens humains à la hauteur des enjeux : des classes moins chargées pour permettre un accompagnement individualisé, une formation initiale et continue solide des enseignants sur l'inclusion, la lutte contre les discriminations et la gestion des conflits, ainsi que la présence de personnels spécialisés en nombre suffisant.

Alors, oui, ce rapport va dans le bon sens et nous le soutiendrons, évidemment, avec mon groupe. Mais il nous engage collectivement : sans investissements publics massifs dans l'éducation, sans rupture avec les logiques d'austérité, ces belles intentions resteront lettre morte.

Je vous remercie.

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