I. CRISE POLITIQUE AU MOYEN-ORIENT ÉLARGI : LA NÉCESSITÉ DE PROTÉGER LES DROITS HUMAINS ET LES DROITS DE TOUS LES GROUPES MINORITAIRES

L'intervention de M. Emmanuel Fernandes, au nom du groupe GUE

La situation dramatique au Moyen-Orient place notre humanité commune face à l'enjeu de sa propre survie.

En Palestine, le génocide se poursuit à bas bruit. La population subit toujours un intolérable blocus humanitaire et des massacres de civils se poursuivent, malgré un cessez-le-feu qui n'est en réalité que partiel. Israël continue de se penser au-dessus du droit international et, pour notre plus grande honte, pour la plupart d'entre eux, nos gouvernants laissent Benyamin NETANYAHOU agir impunément.

En Iran, depuis décembre 2025, des manifestations massives réclament liberté, dignité et respect des droits fondamentaux. Le régime des mollahs répond par une répression d'une extrême violence : usage de la force létale contre des manifestants pacifiques, arrestations arbitraires, disparitions forcées et torture. Les femmes et les minorités ethniques et religieuses sont particulièrement ciblées, tandis que l'État restreint l'accès à l'information et contrôle les communications afin de masquer l'ampleur de la répression.

Les institutions garantes du droit international et humanitaire doivent agir sans délai pour dénoncer ces violences, protéger les civils et soutenir la révolution citoyenne en Iran, pour et par le peuple iranien, sans ingérence ni calculs cyniques.

En Syrie, depuis deux semaines, le Rojava et le projet politique qu'il incarne subissent une attaque militaire sans précédent menée par le pouvoir syrien d'Abou Mohammed AL-JOULANI, sous son nom de scène Ahmed AL-CHARAA, marquant une remise en cause violente des droits du peuple kurde et des minorités ethniques et religieuses. Ce gouvernement défend une « République arabe syrienne » centraliste et antidémocratique, réprimant les droits politiques et syndicaux, niant les droits des femmes et s'attaquant aux minorités religieuses et ethniques, notamment les Druzes, les Alaouites, les chrétiens.

À l'inverse, une alternative existe : une Syrie décentralisée et démocratique, accordant une place centrale aux femmes et aux minorités, incarnée par l'Administration autonome du Rojava et dans le Nord-Est syrien. Depuis l'interruption brutale des négociations engagées en mars 2025 entre l'Administration autonome et le gouvernement syrien, la violence s'est intensifiée.

Dès le 6 janvier, les quartiers kurdes d'Alep ont été attaqués, avant une offensive généralisée contre le Nord-Est syrien. Kobané est aujourd'hui assiégée : eau, électricité et communications sont coupées, mettant en danger plus de 250 000 civils. Nous appelons à l'ouverture immédiate de corridors humanitaires d'urgence pour prévenir une catastrophe. Les violations du droit international sont massives : exécutions sommaires, déplacements forcés et destructions d'infrastructures civiles, avec des risques avérés de nettoyage ethnique et de représailles.

Les Forces démocratiques syriennes, principalement kurdes, ont payé un lourd tribut dans la lutte contre Daech, avec plus de 12 000 morts, et leur abandon par les puissances occidentales constitue une trahison politique aux conséquences pour la sécurité régionale et internationale. Les libérations massives de prisonniers djihadistes terroristes détenus par les Kurdes doivent alerter l'Europe.

La responsabilité de la communauté internationale, notamment des États membres du Conseil de l'Europe, est engagée. Le soutien politique et financier récent de l'Union européenne à la Syrie d'Ahmed AL-CHARAA, motivé par des intérêts économiques et pétroliers, sacrifie les droits humains. Nous devons adopter une position ferme pour protéger les populations et défendre leurs droits fondamentaux en Syrie, en Iran et en Palestine.

Je vous remercie.

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