J. POUR UNE INTERDICTION DES PRATIQUES DE CONVERSION
L'intervention de Mme Sandra Regol
Merci, Monsieur le Président,
Et merci Mme Kate OSBORNE pour ce travail qui nous permet de rappeler l'essentiel et qui nous permet surtout d'entendre absolument n'importe quoi. Viols correctifs, manipulation mentale, coups et blessures, enseignement de la haine de soi. Qui demande volontairement à subir ça ? Dans quel monde vous vivez ? Aucune personne, adulte, enfant, ne demande jamais à se faire violer. Et entendre des propos aussi immondes dans cet hémicycle me révulse.
Parce que oui, c'est ce que toutes les enquêtes disent qu'il se passe dans ces soi-disant thérapies qui ne sont que des conversions. Ça n'a rien d'une thérapie. La torture n'est jamais une thérapie. La torture est une abomination. Nous la condamnons, tous les pays la condamnent.
Alors non, il n'y a pas de confusion possible avec une thérapie qui est un acte d'écoute, une tentative de dialogue, de réparation. La thérapie, c'est écouter l'autre. La torture, c'est aplatir et nier l'autre. Et c'est exactement ce que sont ces thérapies de conversion.
J'ai entendu opposer les droits des adultes aux droits des enfants, comme si encore, dans un hémicycle politique, on pouvait décider que des adultes disposent du corps des enfants. Est-ce que vous comprenez ce que vos mots veulent dire, quelles portes ils ouvrent et ce qu'ils permettent à certaines personnes de faire à des corps d'enfants ? Ce sont là, vos propos.
Et c'est une insulte aux droits fondamentaux de toutes les personnes LGBT, de tous les jeunes, de tous les enfants et une porte ouverte vers une société totalitaire. Aucune démocratie, aucune personne qui se dit être démocrate ne pourrait tolérer le moindre de ces mots.
Alors on ne le répétera jamais assez, il n'y a rien à guérir quand on est gay, quand on est bi, quand on est lesbienne, quand on est trans. Il n'y a rien à guérir quand on aime une personne du même sexe. Il n'y a rien à guérir quand on est dans un corps qui ne correspond pas à qui on est et que l'on fait le choix d'être enfin soi-même. Il n'y a absolument rien à guérir.
En revanche, il y a tout à aimer, il y a tout à partager et il y a toute la fierté à avoir quand on soutient ces personnes. Il n'y a rien à guérir. Il y a tout à aimer. C'est pour ça que les écologistes se sont toujours battus contre ces thérapies et ont fait passer un amendement en 2018 qui les condamne au Parlement européen. Et pourtant, on est encore ici aujourd'hui.
On est encore ici, parce qu'il y a des réseaux disposant de milliards qui inondent les réseaux sociaux, qui abreuvent des partis politiques et qui diffusent de la manipulation, qui font que des enfants à travers le monde se détestent, qui font que, pour les droits des femmes, on doit toujours se battre, pour les maintenir. Et vous gagnez parfois quelques petites victoires.
Vous gagnez parfois un tout petit truc. Mais à la fin, l'amour gagne toujours la guerre. Il l'a gagné hier, ce texte en est l'héritier. Et les enfants d'aujourd'hui, ils seront les héritiers de ce texte. Et demain, vos idées, ils les bouteront en dehors des imaginaires. Et ils mettront cet amour au coeur de la société qu'on veut transformer.