III. MIEUX VALORISER LES PRODUITS ET LES SERVICES RENDUS PAR LE PASTORALISME
A. LA DISPARITION DES OUTILS DE TRANSFORMATION
La concentration des outils de transformation (fromageries, laiteries, abattoirs, ateliers de découpe, etc.) constitue un point d'inquiétude majeur pour l'avenir du pastoralisme car elle limite considérablement les possibilités de valorisation des produits.
La situation des abattoirs territoriaux apparaît particulièrement critique car ceux-ci, peu rentables, disparaissent au profit d'abattoirs mono-espèces gérés par de grands groupes industriels privés qui opèrent dans un périmètre géographique d'approvisionnement très vaste.
Les rapporteurs considèrent que le modèle économique des abattoirs locaux doit être non seulement soutenu financièrement mais repensé dans sa globalité pour tenter de préserver sa rentabilité économique en explorant de nouveaux leviers d'action (réforme du contrôle vétérinaire des carcasses, recours à l'intelligence artificielle, etc.) et en s'inspirant de modèles locaux qui fonctionnent.
Ils soutiennent, à ce titre, les dispositions de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine qui poursuivent cet objectif.
|
- 10 % Baisse de la collecte laitière en montagne depuis 2014. 15 €/1 000 litres de lait Surcoûts de collecte du lait en zone de montagne par rapport aux zones de plaine. Source : Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel) |
B. LES DIFFÉRENTS LEVIERS POUR VALORISER LES PRODUITS ISSUS DU PASTORALISME
L'idée de créer un label « pastoralisme » est intéressante mais elle se heurte à plusieurs difficultés : manque de visibilité dans la « jungle des labels » existants, difficultés à définir le pastoralisme du fait de la diversité des pratiques et des milieux, risque d'appropriation de ce label par des produits non issus du pastoralisme, etc.
Les autres pistes de valorisation ne doivent donc pas être écartées, comme le soutien à l'intégration des produits du pastoralisme aux signes officiels d'identification de la qualité et de l'origine (Siqo) et l'élargissement des possibilités de commercialisation en circuits courts via la restauration collective. À cet égard, les rapporteurs soutiennent la proposition d'intégrer les produits portant la mention « produit de montagne » dans les objectifs d'approvisionnement de la restauration collective définis à l'article L. 230-5-1 du code rural et de la pêche maritime.