B. DES RELAIS MULTIPLES QUI ACCÉLÈRENT LA DIFFUSION DU MASCULINISME

Longtemps cantonnés à des espaces militants ou à des communautés confidentielles, les discours masculinistes circulent désormais bien au-delà de leurs sphères traditionnelles. Cette diffusion s'appuie sur des relais multiples et puissants qui se renforcent mutuellement : les plateformes numériques, des réseaux politiques et technologiques au service de la cause masculiniste, des intérêts économiques convergents et un terreau sociétal favorable.

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C'est le temps qu'il faut à un jeune homme pour se voir recommander en ligne des contenus masculinistes.

Source : Université de Dublin

Les plateformes constituent aujourd'hui la principale caisse de résonance des discours masculinistes : leurs algorithmes privilégient les contenus susceptibles de retenir l'attention, tandis que les mécanismes de recommandation orientent progressivement les utilisateurs vers des contenus toujours plus radicaux.

Cette combinaison favorise la banalisation et la diffusion des représentations masculinistes.

Quand on est un jeune homme en ligne, tous les chemins semblent mener au masculinisme.

Cécile Simmons, chercheuse spécialiste des questions de malveillances numériques et de genre

Les mouvements masculinistes bénéficient également de relais anti-démocratiques.

Ils s'inscrivent dans une « internationale réactionnaire » qui entretient des liens croissants avec certains mouvements anti-droits, d'ultra-droite et les formes les plus radicalisées des extrémismes violents.

Ils constituent par ailleurs un marché particulièrement lucratif, fondé sur l'exploitation des fragilités masculines et nourri par une convergence d'intérêts entre influenceurs masculinistes et plateformes numériques, qui tirent profit de la viralité de contenus polarisants.

Les relais du masculinisme

Source : Délégation aux droits des femmes

Enfin, ces relais s'appuient sur un terreau sociétal favorable à la diffusion des discours misogynes au sein duquel les mouvements masculinistes contemporains ne constituent que la pointe émergée de l'iceberg.

Ils prospèrent dans une société encore marquée par des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, des stéréotypes sexistes et un niveau élevé de violences faites aux femmes.

22 millions

C'est le nombre de Français qui adhèrent à, au moins, une forme de sexisme.

Dont 10 millions

À un sexisme dit « hostile ».

Source : Haut Conseil à l'égalité, « Rapport annuel 2026
sur l'état des lieux du sexisme en France »

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