C. CONSTRUIRE UNE DÉFENSE AÉRIENNE MULTICOUCHES INTÉGRÉE FACE À LA MENACE DRONES
Au regard de la diversité des drones, les systèmes de LAD ne doivent pas être conçus comme des équipements autonomes, cantonnés à la très basse couche, mais comme des composantes d'une architecture multicouches et multi-effecteurs de défense antiaérienne globale.
Cette approche apparaît d'autant plus nécessaire que la frontière entre les différentes menaces aériennes tend à s'estomper. Les armées sont désormais confrontées à un continuum de vecteurs comprenant drones commerciaux, munitions téléopérées, drones tactiques, missiles de croisière, hélicoptères, aéronefs pilotés ou encore missiles balistiques.
Les dispositifs de défense aérienne doivent ainsi combiner des effecteurs de nature et de coûts différents : missiles sol-air, canons, armes à énergie dirigée, brouilleurs, drones intercepteurs ou encore autres systèmes spécialisés. Comme cela a été rappelé précédemment, aucun de ces moyens ne peut, à lui seul, répondre à l'ensemble des menaces.
Au cours des auditions, plusieurs industriels ont indiqué que si cette logique multicouches paraît bien intégrée pour la protection du territoire national, elle demeure encore insuffisamment prise en compte s'agissant de la protection des forces déployées et des véhicules en opérations.
À cet égard, les rapporteurs relèvent avec intérêt plusieurs initiatives conduites par certains partenaires européens, notamment la Belgique, qui développe un programme de protection multicouches destiné à assurer la coordination de différents effecteurs au sein d'une même architecture. Une démarche comparable mériterait d'être engagée en France afin de renforcer la protection des forces engagées.
Recommandation : dans le cas des systèmes mobiles notamment, penser la LAD en tant qu'architecture multicouches et multi-effecteurs afin d'éviter des développements de capacités en silos.
Cette logique multicouches doit également prévaloir dans le domaine maritime. Or, à l'heure actuelle, la LAD est exclusivement perçue sous le spectre de la lutte anti-drones aériens, cela omet une grande partie des sujets de protection des emprises de la marine alors que les menaces drones de surface et subaquatiques sont elles aussi croissantes. C'est pourquoi il apparaît indispensable de renforcer la sécurité des emprises navales en prenant en compte la menace émanant de nouvelles capacités telles que les drones de surface et les drones sous-marins.
Recommandation : renforcer la sécurité des emprises navales, en particulier contre les drones de surface et les drones sous-marins.