b) Les impôts directs locaux

En ce qui concerne les impôts directs locaux , le dispositif proposé répond au souhait de faire coïncider le droit applicable et la réalité actuelle.

En conséquence, il prévoit le maintien des " quatre vieilles " taxes locales à Saint-Martin mais non à Saint-Barthélémy 25( * ) .

En outre, la perception des droits de timbre et des droits d'enregistrement serait maintenue à l'exception de la taxe différentielle sur les véhicules à moteur et de la taxe d'immatriculation des véhicules qui seraient supprimées.

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Le régime fiscal et douanier qui serait ainsi instauré par ce dispositif répond tout à fait aux attentes des élus locaux rencontrés par la mission.

Toutefois, à Saint-Barthélémy , ceux-ci considèrent comme injuste et inadaptée l'application de l'impôt de solidarité sur la fortune aux habitants de l'île. Ils estiment en effet que, selon les termes retenus dans une note du cabinet du maire " la très grande majorité de la population de Saint-Barthélémy, d'origine modeste et possédant des terrains surévalués, serait contrainte de se séparer de ses biens pour acquitter cet impôt ".

D'autre part, à Saint-Martin , les représentants des organisations socio-professionnelles contestent les discriminations opérées entre Saint-Barthélémy et Saint-Martin en matière de fiscalité locale. En particulier, ils demandent la suppression de la taxe professionnelle ou éventuellement son remplacement par l'ancienne " patente ". Par ailleurs, pour faire face dans de meilleures conditions à la concurrence de la partie hollandaise de l'île, ils souhaitent la pérennisation et l'extension à tous les secteurs d'activités de l'île du dispositif d'exonérations de charges sociales patronales prévu par la " loi Perben " du 25 juillet 1994. 26( * )

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En tout état de cause, les îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin ne doivent pas devenir de véritables paradis fiscaux susceptibles d'attirer l'installation de sociétés " boîtes aux lettres " n'exerçant aucune activité réelle sur place et d'abriter des opérations de " blanchiment de l'argent sale ", ou plus généralement des activités illicites.

Aujourd'hui déjà sont notés des abus. Ont été signalés à la mission certains cas d'installation à Saint-Barthélémy ou à Saint-Martin de contribuables souhaitant échapper à l'administration fiscale ou de sociétés " boîtes aux lettres " n'exerçant pas d'activité réelle.

Ainsi que l'avait souligné notre collègue Michel Mercier dans un avis présenté au nom de la commission des Finances devant la commission des Lois le 19 décembre 1996, l'institution d'un régime de zone franche à Saint-Barthélémy et à Saint-Martin risquerait de favoriser une multiplication de ces sociétés " boîtes aux lettres " notamment au travers des activités bancaires, financières et d'assurance.

En effet, la limitation de l'exonération d'impôts directs aux seuls revenus ou bénéfices tirés d'activités exercées sur les îles " d'une manière autonome " serait insuffisante pour éviter de telles dérives, car il suffit de disposer d'un local et d'une ligne téléphonique ainsi que d'une boîte aux lettres pour pouvoir exercer une activité de manière autonome.

M. Michel Mercier avait à cet égard fait observer que les dispositifs d'exonérations fiscales récemment mis en place en Corse ou dans les " zones franches urbaines " nouvellement créées, excluaient l'éligibilité de certaines séries d'activités, comme les activités bancaires, financières ou d'assurance, au bénéfice de ces exonérations.

Il avait par ailleurs souligné la difficulté d'isoler en pratique le territoire fiscal de deux îles incluses dans un département d'outre-mer pour l'application d'un dispositif fiscal dérogatoire, l'administration fiscale ne disposant pas pour tous les impôts des moyens lui permettant de localiser le lieu d'où provient un bénéfice ou un revenu à l'intérieur d'un même territoire fiscal.

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