C. LE TROISIEME PILIER

Les travaux des présidences irlandaise, puis néerlandaise, ont permis que se dégage un schéma d'évolution du troisième pilier comportant trois aspects :

- tout d'abord, l'intégration au traité sur l'Union européenne des accords de Schengen, sous la forme d'un protocole annexé qui constituerait une " coopération renforcée " entre treize Etats membres sur quinze, le Royaume-Uni et l'Irlande restant en dehors du processus Schengen. L'" acquis " de ce dernier serait intégralement conservé (y compris l'accord avec l'Islande et la Norvège, non membres de l'Union).

- ensuite, le transfert au premier pilier d'une partie des matières relevant actuellement du troisième pilier, à savoir les mesures relatives à la mise en oeuvre de la libre circulation des personnes (règles pour le franchissement des frontières intérieures et extérieures de l'Union, politique en matière de visas, d'asile et d'immigration). Ce transfert entraînerait pour ces matières l'application, à terme, des règles de fonctionnement ordinaires du premier pilier, y compris le vote à la majorité qualifiée. Il convient de souligner toutefois que la France demande que la levée de tout contrôle des personnes aux frontières intérieures soit décidée à l'unanimité, le Conseil ayant préalablement constaté la réalisation des mesures d'accompagnement nécessaires en matière de sécurité.

- enfin, un renforcement du troisième pilier, de manière à donner plus d'efficacité à la coopération judiciaire et policière. Ce renforcement passerait en partie par des assouplissements à la règle de l'unanimité. Tout d'abord, les Etats membres pourraient établir des conventions qui s'appliqueraient dès lors qu'elles auraient été ratifiées par une majorité des Etats membres, pour les Etats ayant procédé à cette ratification. Ensuite, il pourrait être dérogé à la règle de l'unanimité pour certaines mesures. A cet égard, la France propose en particulier que le Conseil adopte à la majorité qualifiée un " socle législatif commun " assurant l'harmonisation des incriminations et des sanctions dans le domaine de la criminalité organisée transnationale, du terrorisme, de la consommation et du trafic de drogue.

La réforme du troisième pilier de l'Union pose des problèmes complexes dans la mesure où il est difficile de définir avec précision l'articulation des trois aspects du schéma qui vient d'être évoqué. La mise au point d'un texte complet et cohérent, qui serait susceptible de recueillir un accord unanime, n'est pas encore achevée. Toutefois, il ressort clairement du déroulement des négociations qu'il existe une volonté largement partagée d'introduire le vote à la majorité qualifiée sur certaines matières importantes qui, dans le traité de Maastricht, restaient régies par l'unanimité.

C'est donc finalement dans les domaines relevant jusqu'à présent du troisième pilier que devrait se produire l'extension la plus significative du champ des décisions à la majorité qualifiée.

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