ANNEXE 1 :

LE MODÈLE STANDARD DE CONCURRENCE FISCALE



L'économie considérée est composée de N Etats (i=1,....., N) qui font face à des fonctions de demande et d'offre sur le marché des biens et des facteurs qui sont relativement élastiques et qui cherchent à attirer du capital industriel supposé se déplacer sans coût..

Dans chaque pays, les ménages, supposés sédentaires, possèdent un facteur fixe (des terrains ou tout autre actif spécifique) et un facteur mobile taxé, le capital productif. Le stock de capital est fixe au niveau de l'économie et il est détenu selon le cas par les individus résidents ou par des propriétaires extérieurs.

Le stock global de capital productif, , est considéré comme donné et Ki représente le volume de capital productif investi dans le pays i de sorte que :

(E.1)

Le capital et le facteur fixe servent à produire un bien privé, échangé sur un marché parfaitement concurrentiel et considéré comme un numéraire2. La technologie de production est à rendements constants et on exclut tout effet de substitution entre ces deux facteurs de production suite à une modification de leur prix relatif.

La fonction de production du bien privé s'écrit :

fi(Ki) avec f'i > 0 > fi'' (E.2)

Le capital est supposé parfaitement mobile entre les différents pays. Les investisseurs recherchent donc la localisation qui offre le meilleur rendement après impôt. A l'équilibre, le rendement net du capital, r, est donc partout identique:

f'i(Ki) - ti = r 3 i =1,......, N (E.3)

Les résidents perçoivent un taux de salaire qui correspond au revenu résiduel une fois que le capital a été rémunéré à sa productivité marginale. En l'absence d'épargne, les individus consomment tout leur revenu, déduction faite, bien évidemment, des impôts payés :

xi = Ri - Hi = f(Ki) - Kif'(Ki)+ qirK - Hi (E.4)

Le premier argument de xi, la consommation par tête de bien privé, représente le revenu du facteur résiduel (par exemple le salaire si le travail est le facteur fixe), le second correspond aux revenus du capital et le troisième aux impôts forfaitaires payés par chaque individu résident dans la localité considérée.

Les résidents d'une collectivité, supposés identiques dans leurs goûts et leur revenu, ont une fonction d'utilité dont les deux arguments sont la consommation de bien privé, xi et un bien public local, zi qui ne fait l'objet d'aucun effet de débordement dans son utilisation 14( * ) .

La fonction d'utilité de l'individu représentatif s'écrit :

U(xi, zi) (E.5)

avec Ui/xi > 0 ; Ui/zi > 0 ; 2U/xi2 < 0 ; 2U/zi2 < 0

Le bien public local est financé par une taxe unitaire sur le capital prélevée à la source, ti, et par un impôt forfaitaire payé par les résidents, Hi.

L'équilibre budgétaire du gouvernement se traduit donc par :

zi = tiKi+Hi (E.6)

Se pose enfin la question de la modélisation des choix dépensiers locaux : devant la difficulté d'obtenir une décision collective raisonnablement respectueuse des préférences individuelles, les économistes interprètent traditionnellement l'offre de bien public (ou la dépense publique) comme le résultat de la demande d'un agent représentatif, généralement l'électeur médian (Gilbert et Derycke, 1988). Les choix dépensiers des gouvernements sont donc dictés par le souci de respecter les préférences des individus à travers la fiction de l'individu représentatif.

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