Or, depuis quelques années, la relation particulière entre nos deux pays semble se distendre. Malgré la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, le moteur franco-allemand semble en panne. Il ne place plus nos deux pays à l’avant-garde de la construction européenne. Les désaccords se sont multipliés sur le Mercosur, sur la préférence européenne ou encore sur le cadre financier pluriannuel et sur l’avenir de la politique agricole commune.
Après l’échec retentissant du système de combat aérien du futur (Scaf), on annonce à présent un possible abandon du projet de char franco-allemand, le système principal de combat terrestre (MGCS), ce qui marquerait un second revers majeur pour la défense européenne et la constitution d’une base industrielle et technologique de défense européenne.
Pourtant, le contexte géopolitique rend plus que jamais nécessaires une défense européenne et, plus encore, une autonomie stratégique. Aux yeux de nos partenaires, l’Allemagne fait désormais cavalier seul et joue le rôle de puissance dominante en Europe.
Faut-il pour autant blâmer nos amis d’outre-Rhin ? En réalité, le problème de l’Europe tient non pas à la place prépondérante actuelle de l’Allemagne, mais à l’affaiblissement de celle de la France.
Si le rôle international et européen de notre pays s’est amoindri, si le tandem franco-allemand ne joue plus aujourd’hui un rôle moteur en Europe, c’est à cause de l’incapacité des gouvernements successifs à conduire les réformes structurelles nécessaires au redressement de la France. Le poids de notre déficit et celui de notre dette publique sapent notre crédibilité à Bruxelles et auprès de nos partenaires européens.
Comme elle l’a fait en 1958, la France doit donc associer le redressement économique et financier, l’engagement européen et la relance du couple franco-allemand : c’est ainsi que notre pays sera à la hauteur de ses responsabilités, dans une Europe qui doit réagir face au désordre international.
Gardons le cap fixé par le général de Gaulle dans son discours de Ludwigsburg, le 9 septembre 1962 : « L’avenir de nos deux pays, la base sur laquelle peut et doit se construire l’union de l’Europe, le plus solide atout de la liberté du monde, c’est l’estime, la confiance, l’amitié mutuelles du peuple français et du peuple allemand. »
Espérons que l’esprit du 18 juin soufflera sur le prochain Conseil européen jeudi et que la France retrouvera toute sa place en Europe, aux côtés de l’Allemagne, pour faire avancer le projet européen.
M. le président. Nous en avons terminé avec le débat préalable à la réunion du Conseil européen des 18 et 19 juin 2026.
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Convocation du Parlement en session extraordinaire
M. le président. M. le président du Sénat a reçu de M. le Premier ministre communication du décret de M. le Président de la République en date de ce jour portant convocation du Parlement en session extraordinaire à compter du mercredi 1er juillet 2026.
L’ordre du jour établi de façon prévisionnelle par la conférence des présidents qui s’est réunie le 3 juin est ainsi confirmé.
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Ordre du jour
M. le président. Voici quel sera l’ordre du jour de la prochaine séance publique, précédemment fixée au mardi 16 juin 2026 :
À neuf heures trente :
Questions orales.
À quatorze heures trente et le soir :
Conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique (texte de la commission n° 677, 2025-2026) ;
Projet de loi de sécurisation du travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes grâce au dialogue social de branche (procédure accélérée ; texte de la commission n° 718, 2025-2026) ;
Proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, visant à réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984 (texte de la commission n° 723, 2025-2026) ;
Proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, visant à renforcer l’effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse (texte de la commission n° 721, 2025-2026).
Personne ne demande la parole ?…
La séance est levée.
(La séance est levée à dix-neuf heures trente-cinq.)
Pour le Directeur des comptes rendus du Sénat,
le Chef de publication
JEAN-CYRIL MASSERON