M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Le Gouvernement était défavorable au dispositif, lorsqu’il a été introduit par l’Assemblée nationale. Toutes les facilités supplémentaires, si j’ose dire, qui sont introduites au Sénat ne recueillent pas plus son approbation.

Le texte initial de l’Assemblée nationale prévoyait une formation par l’OFB, sans en définir le contenu. Vous souhaitez élargir aux louvetiers déjà formés la possibilité de la dispenser. Or j’ai échangé avec leurs représentants et j’ai cru comprendre qu’ils n’étaient pas particulièrement volontaires pour procéder à ce type de formation.

M. Pierre Cuypers, rapporteur. Ce n’est pas obligatoire !

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Certes, mais il faudrait d’abord définir le contenu de la formation dispensée par l’OFB, ainsi que ses modalités de renouvellement dans le temps.

Je le répète, le Gouvernement est très prudent quant à l’élargissement de ces mesures.

J’ai oublié un point : nous n’avons pas, ou alors marginalement, de problème d’efficacité des tirs de prélèvement. Quand c’est le cas, on envoie la brigade mobile d’intervention ou les louvetiers. Le quota annuel est atteint, ce qui est bien la preuve que l’enjeu n’est pas de réussir le tir. Les tirs sont réussis et les prélèvements réalisés.

J’y insiste, je crains que ces dispositions ne fassent peser un risque important sur la sécurité publique. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement y est défavorable.

M. le président. La parole est à M. le rapporteur.

M. Pierre Cuypers, rapporteur. Monsieur le ministre, il est temps de ne pas perdre de temps. Les éleveurs doivent pouvoir se protéger en lien avec les lieutenants de louveterie et les personnes accréditées pour ce faire.

Vous nous parlez de sécurité, mais vous devez savoir qu’une lunette rend le tir encore plus précis. La lunette présente un avantage considérable. Par conséquent, je ne vois pas ce que vous cherchez de plus. Bien sûr, il y aura une formation. Il faut voter ces alinéas.

M. le président. La parole est à M. Daniel Salmon, pour explication de vote.

M. Daniel Salmon. Début 2022, j’ai participé à une mission de contrôle du Sénat sur la sécurisation de la chasse, à la suite d’accidents mortels qui avaient ponctué l’année précédente. Nous devons être très prudents, même si nous entendons moins parler de ces accidents. Ils sont souvent liés au facteur humain, mais la nature de l’arme dont disposent les chasseurs est un élément aggravant.

Les lunettes thermiques demandent une formation pointue et doivent être réservées à l’usage très particulier que peuvent en faire les militaires ou les forces de sécurité.

Il s’agit d’une fausse bonne idée de mettre ces équipements à la disposition des éleveurs. Les lieutenants de louveterie n’en veulent pas particulièrement non plus, comme l’a rappelé M. le ministre.

Je ne vois donc vraiment pas l’intérêt de ce dispositif, si ce n’est de provoquer des accidents demain.

Enfin, nous devons craindre la dissémination de ce type d’armes, qui pourraient tomber dans de très mauvaises mains. Il faut éviter ce piège.

Mme Catherine Di Folco. Je retire l’amendement n° 625 rectifié ter, monsieur le président.

M. le président. L’amendement n° 625 rectifié ter est retiré.

Je mets aux voix les amendements identiques nos 246 rectifié, 367 rectifié bis et 880.

(Les amendements ne sont pas adoptés.)

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 871.

(Lamendement nest pas adopté.)

M. le président. L’amendement n° 1077, présenté par MM. Cuypers, Duplomb et Menonville, au nom de la commission des affaires économiques, est ainsi libellé :

Alinéa 24

Supprimer les mots :

ainsi que par les décrets et les arrêtés qui en précisent les modalités d’application

La parole est à M. le rapporteur.

M. Pierre Cuypers, rapporteur. Rédactionnel.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Favorable.

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 1077.

(Lamendement est adopté.)

M. le président. L’amendement n° 279 rectifié bis, présenté par MM. Rapin, Bacci, Pointereau, E. Blanc et Burgoa, Mme Di Folco, M. Pernot, Mmes Puissat et V. Boyer, MM. Somon et Khalifé, Mme Nédélec, M. Houpert, Mme Lassarade, MM. Belin, H. Leroy, Michallet, Le Gleut et de Nicolaÿ, Mmes M. Mercier et Gruny, MM. D. Laurent et Bonhomme, Mmes Josende, Deseyne et Estrosi Sassone, M. Bruyen, Mme Borchio Fontimp, M. Mouiller, Mme Imbert, M. Sido, Mme Ventalon, M. Gremillet, Mme P. Martin, M. Séné et Mmes Joseph et Drexler, est ainsi libellé :

Alinéa 25

1° Après la première phrase

Insérer une phrase ainsi rédigée :

Leur nomination intervient sur proposition du directeur des territoires et du président de la fédération départementale des chasseurs.

2° Deuxième phrase

Après le mot :

et sont

insérer les mots :

de fait

3° Dernière phrase

Après le mot :

besoin

insérer les mots :

par l’autorité compétente

La parole est à M. Jean Bacci.

M. Jean Bacci. Cet amendement vise à améliorer la rédaction de l’alinéa 25. Il s’agit non pas de remettre en question la désignation et la gestion des lieutenants de louveterie par les préfets, mais de faciliter leur recrutement au sein du monde de la chasse, en associant plus directement les présidents des fédérations départementales des chasseurs.

L’activité des lieutenants de louveterie est étroitement liée à celle de la chasse. Elle implique des connaissances cynégétiques, des compétences en matière de régulation et d’utilisation des armes à feu.

Je me permets de préciser qu’un lieutenant de louveterie est un bénévole qui, pour assurer ses missions, passe des nuits à la belle étoile. Nous avons tout intérêt à ce que ce soit quelqu’un qui connaisse parfaitement le territoire et les populations qui y vivent.

M. le président. Le sous-amendement n° 1093 rectifié, présenté par MM. Patriat, Buis et Marseille, Mme Loisier et MM. V. Louault, Bleunven et Pillefer, est ainsi libellé :

Amendement n° 279, alinéa 4

Remplacer les mots :

sur proposition

par les mots :

après avis

La parole est à M. Bernard Buis.

M. Bernard Buis. Les auteurs de l’amendement n° 279 rectifié bis proposent d’associer directement les présidents des fédérations départementales des chasseurs à la nomination des lieutenants de louveterie, en subordonnant leur candidature à une proposition de la fédération départementale des chasseurs.

Si l’association du monde de la chasse à ces nominations est pertinente au regard des missions exercées par les lieutenants de louveterie, qui entretiennent des liens étroits avec l’activité cynégétique, le dispositif proposé paraît excessivement contraignant. En effet, en faisant de la proposition du président de la fédération départementale des chasseurs une condition préalable à toute nomination, l’amendement tend à conférer à celui-ci un pouvoir de blocage susceptible d’écarter des candidatures pourtant de qualité.

Pour ces raisons, nous proposons un sous-amendement afin de substituer à cette exigence un avis simple de la fédération départementale des chasseurs, comme c’est le cas aujourd’hui.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Pierre Cuypers, rapporteur. Nous sommes favorables à l’amendement n° 279 rectifié bis, sous réserve de deux rectifications.

La première consiste à remplacer les mots : « directeur des territoires » par les mots : « directeur départemental des territoires ou du directeur départemental des territoires et de la mer ».

La seconde consiste à supprimer le 3°, qui est satisfait.

En revanche, nous sommes défavorables au sous-amendement qui a été déposé voilà quelques instants, car il revient au droit actuel. Nous considérons que le lien entre les fédérations départementales des chasseurs et les louvetiers est bien réel sur le terrain et qu’il doit être renforcé via le processus de nomination des louvetiers.

C’est au préfet qu’il appartient de prendre la décision de nomination, mais une proposition conjointe des fédérations départementales des chasseurs et des services de l’État nous paraît pertinente. Les chasseurs connaissent leur territoire mieux que quiconque et permettront au préfet de prendre les bonnes décisions.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Annie Genevard, ministre. Comment les choses se passent-elles actuellement ? La nomination des lieutenants de louveterie est une prérogative préfectorale. Vous n’en disconvenez pas, puisque vous conservez le préfet, en lui associant les chasseurs. Aujourd’hui, le préfet consulte les chasseurs, mais la fédération des chasseurs n’est pas décisionnaire, ce qui nous convient.

Aussi, nous ne sommes pas favorables à l’amendement n° 279 rectifié bis, qui vise à préciser que la nomination des lieutenants de louveterie intervient sur proposition du directeur des territoires et du président de la fédération départementale des chasseurs.

Il en va de même pour le sous-amendement n° 1093 rectifié, qui repose sur le même argumentaire.

Il est bon que le préfet soit en charge de la nomination des lieutenants de louveterie, à qui l’on confie tout de même une mission d’intérêt général. J’ajoute cependant que les chasseurs doivent être associés à ce processus. De même, lorsque la BMI est sollicitée, il est normal, je l’ai dit, d’y associer les chasseurs, les louvetiers et les agriculteurs. C’est ce qui figure d’ailleurs dans notre arrêté.

En revanche, donner à la fédération le rôle de codécisionnaire avec l’État dans le choix des louvetiers ne me paraît pas souhaitable. Le système fonctionne bien actuellement. Il n’est pas nécessaire d’en changer.

M. le président. Monsieur Bacci, acceptez-vous de rectifier votre amendement dans le sens suggéré par la commission ?

M. Jean Bacci. Oui, je suis d’accord, monsieur le président.

M. le président. Je suis donc saisi d’un amendement n° 279 rectifié ter, présenté par MM. Rapin, Bacci, Pointereau, E. Blanc et Burgoa, Mme Di Folco, M. Pernot, Mmes Puissat et V. Boyer, MM. Somon et Khalifé, Mme Nédélec, M. Houpert, Mme Lassarade, MM. Belin, H. Leroy, Michallet, Le Gleut et de Nicolaÿ, Mmes M. Mercier et Gruny, MM. D. Laurent et Bonhomme, Mmes Josende, Deseyne et Estrosi Sassone, M. Bruyen, Mme Borchio Fontimp, M. Mouiller, Mme Imbert, M. Sido, Mme Ventalon, M. Gremillet, Mme P. Martin, M. Séné et Mmes Joseph et Drexler, et ainsi libellé :

Alinéa 25

1° Après la première phrase

Insérer une phrase ainsi rédigée :

Leur nomination intervient sur proposition du directeur départemental des territoires ou du directeur départemental des territoires et de la mer et du président de la fédération départementale des chasseurs.

2° Deuxième phrase

Après le mot :

et sont

insérer les mots :

de fait

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Annie Genevard, ministre. Défavorable.

M. le président. La parole est à M. Bernard Buis, pour explication de vote.

M. Bernard Buis. Par notre sous-amendement, nous proposons justement d’en rester à la situation actuelle. En effet, si le président de la fédération départementale réserve les fonctions de lieutenant de louveterie aux seuls membres présents ou qu’il connaît, il est à craindre que des personnes parfaitement compétentes pour exercer ce rôle soient écartées. Cette situation nous semble inquiétante.

Il est donc impératif que ce soit le préfet qui décide, avec un simple avis des présidents des fédérations de chasseurs, sans que ces derniers soient décisionnaires. Les fonctions de lieutenant de louveterie ne doivent pas être une récompense attribuée par le président de la fédération des chasseurs. Or cette procédure pourrait être perçue ainsi.

M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour explication de vote.

Mme Frédérique Puissat. Comme nous parlons d’un sous-amendement, nos collègues pourraient comprendre qu’il ne s’agit que d’une légère modification. En réalité, le voter reviendrait à dénaturer, voire à écraser totalement l’amendement de notre collègue Bacci.

Je voterai contre le sous-amendement pour bien respecter la position de la commission sur l’amendement n° 279 rectifié ter.

M. le président. La parole est à M. le rapporteur.

M. Laurent Duplomb, rapporteur. Je souhaite simplement ajouter un élément au débat ; ensuite, chacun votera ce qu’il voudra. En réalité, la fédération départementale des chasseurs proposera non pas seule,…

M. Franck Menonville, rapporteur. Elle copropose !

M. Laurent Duplomb, rapporteur. … mais avec la direction départementale des territoires (DDT).

Par conséquent, il ne s’agit pas d’un système de copinage, avec des nominations qui tourneraient en boucle au sein d’un même groupe. Le directeur de la DDT apportera sa garantie à la procédure. Il s’agit bel et bien d’une proposition commune.

M. Franck Menonville, rapporteur. Et c’est le préfet qui décide.

M. Laurent Duplomb, rapporteur. Dès lors, je n’y vois pas d’inconvénient. Comme l’a dit Frédérique Puissat, le sous-amendement, qui paraît être une correction à la marge de l’amendement présenté par M. Bacci, est en fait une correction qui l’écrase.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Annie Genevard, ministre. Reprenons : nous sommes d’accord sur l’idée que la nomination se fasse sur proposition du directeur départemental des territoires, après avis de la fédération départementale des chasseurs. (Marques détonnement au banc des commissions et sur des travées du groupe Les Républicains.)

M. Bernard Buis. C’est le sous-amendement !

M. le président. Madame la ministre, si vous le permettez, dans un souci de clarté, je vais vous donner lecture de la rédaction proposée à l’amendement n° 279 rectifié ter : « Leur nomination intervient sur proposition du directeur départemental des territoires ou du directeur départemental des territoires et de la mer et du président de la fédération départementale des chasseurs. »

M. Bernard Buis. Et dans notre sous-amendement n° 1093 rectifié, nous suggérons de remplacer les mots « sur proposition » par les mots « après avis ».

Mme Annie Genevard, ministre. Dans ces conditions, je vous confirme l’avis défavorable du Gouvernement sur le sous-amendement n° 1093 rectifié et sur l’amendement n° 279 rectifié ter.

M. le président. Je mets aux voix le sous-amendement n° 1093 rectifié.

(Le sous-amendement nest pas adopté.)

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 279 rectifié ter.

(Lamendement est adopté.)

M. le président. L’amendement n° 604, présenté par Mme Conconne, MM. Tissot et Montaugé, Mme Artigalas, MM. Bouad, Cardon, Mérillou, Michau, Pla, Redon-Sarrazy, Stanzione et Kanner, Mmes Bélim, Blatrix Contat, Bonnefoy, Canalès et Espagnac, MM. Fagnen, Gillé, Fichet et Jacquin, Mmes Le Houerou et Linkenheld, M. Lurel, Mmes Monier et S. Robert, MM. Ros, Vayssouze-Faure, Uzenat, M. Weber et les membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, est ainsi libellé :

I. – Après l’alinéa 25

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

« En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, les lieutenants de louveterie peuvent concourir, à la demande du préfet, à la prévention et à la lutte contre les attaques de chiens errants et divagants. » ;

II. – Compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

…. – L’article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime est complété par un paragraphe ainsi rédigé :

« …. – En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, si à l’issue d’opérations de capture de chiens errants et divagants prévues au I, il est constaté sur le territoire d’une commune la persistance d’attaques contre les animaux domestiques ou les personnes, le préfet peut, par arrêté motivé, ordonner pour une durée maximale de deux mois sur le territoire de cette commune et de celles adjacentes, des opérations de destruction de ces chiens par les agents de la force publique, les lieutenants de louveterie, les agents assermentés chargés de la police de la chasse, ou toute personne titulaire d’un permis de chasser requises par le préfet.

« Ces opérations ne peuvent être réalisées qu’après information préalable des habitants de la ou des communes concernées par tout moyen, dans un délai qui ne peut être inférieur à trois jours francs. »

La parole est à M. Lucien Stanzione.

M. Lucien Stanzione. Par cet amendement, notre collègue Catherine Conconne propose de doter les préfets des départements et régions d’outre-mer d’outils législatifs nécessaires pour répondre efficacement à la crise de la prédation canine sur les troupeaux.

En Martinique, plus de 500 bêtes ont été prédatées par des chiens errants en 2025 et près de 200 depuis le début de l’année 2026. En quinze ans, la production de la filière ovins-caprins a été divisée par deux et le nombre d’éleveurs par cinq. La seule fourrière de l’île procède à l’euthanasie de 3 000 à 4 000 chiens par an depuis 2021, sans enrayer la progression du phénomène. Près de 90 % des chiens présents sur l’île ne font l’objet d’aucune identification, rendant la répression des propriétaires quasiment impossible.

Le cadre légal actuel ne permet pas aux préfets d’ordonner des abattages directs. En 2023, le tribunal administratif de Mayotte a annulé un arrêté préfectoral organisant des battues administratives, faute de base légale. Des éleveurs procèdent aujourd’hui à des tirs non encadrés, avec les risques que cela comporte pour les personnes.

Le présent amendement vise à combler ce manque, en étendant la compétence des lieutenants de louveterie, dont une brigade est en cours de création à la Martinique, à la gestion des chiens errants des outre-mer et en précisant les conditions dans lesquelles les opérations de destruction de chiens errants par des agents des forces publiques peuvent être autorisées par le préfet.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Pierre Cuypers, rapporteur. La commission souhaite connaître l’avis du Gouvernement.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Annie Genevard, ministre. Les chiens errants font énormément de dégâts. En l’occurrence, Mme Conconne m’avait alertée sur la situation particulière des départements et régions d’outre-mer. Mais je tiens à préciser que le problème existe également sur le territoire hexagonal. Une députée m’indiquait récemment que, dans sa circonscription, les chiens errants avaient fait plus de mal aux troupeaux que les loups.

Le présent amendement tend à autoriser les préfets de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Mayotte à ordonner la destruction de chiens errants. Il est possible que l’on en vienne un jour à se poser les mêmes questions pour l’Hexagone – une expertise serait alors certainement nécessaire.

L’avis est favorable.

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 604.

(Lamendement est adopté.)

M. le président. L’amendement n° 872, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé :

Alinéa 32

Rétablir l’article L. 427-2-4 dans la rédaction suivante :

« Art. L. 427-2-4. – Par dérogation à l’article L. 312-2-1 du code de la sécurité intérieure, l’association nationale des lieutenants de louveterie et les associations régionales et départementales des lieutenants de louveterie sont autorisées à acquérir et à détenir des armes à feu, des munitions et leurs éléments relevant de la catégorie C en vue de leur remise aux lieutenants de louveterie pour l’exercice de leurs fonctions et de leurs missions de gestion ou de régulation de la faune sauvage ordonnées par le représentant de l’État dans le département.

« Les modalités d’application du présent article sont déterminées par arrêté conjoint du ministre de l’intérieur et du ministre chargé de la chasse. » ;

La parole est à M. le ministre délégué.

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Cet amendement vise à rétablir la disposition adoptée à l’Assemblée nationale autorisant les associations de lieutenants de louveterie à acquérir et à détenir des armes et des munitions de catégorie C pour leur gestion de la faune sauvage.

Il s’agit d’une mesure très attendue par ces bénévoles, que nous remercions du soutien qu’ils apportent aux éleveurs.

Notons d’ailleurs qu’une telle possibilité existe déjà pour les fédérations de chasse et, bien entendu, pour les clubs sportifs. L’adoption de cet amendement aurait donc pour effet de corriger une anomalie.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Pierre Cuypers, rapporteur. Monsieur le ministre, j’aimerais que vous nous expliquiez pourquoi une telle disposition ne pose aucun problème. Je m’en remettrai ensuite à la sagesse du Sénat sur cet amendement.

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Monsieur le rapporteur, si je comprends bien le sens de votre propos, ce que vous me demandez est lié au débat que nous avons eu précédemment sur les armes de catégorie C.

Les deux cas de figure sont différents. Les louvetiers suivent des formations et leurs compétences font l’objet de vérifications régulières. D’ailleurs, sauf erreur de ma part, vous proposez vous-même que les agriculteurs soient formés au maniement des armes de catégorie C par les louvetiers.

Il me paraît plus prudent d’élargir la possibilité à laquelle j’ai fait référence que de confier aux agriculteurs le soin de détenir et de manipuler eux-mêmes de telles armes, sous peine de faire peser un danger sur la sécurité publique.

M. le président. La parole est à M. Bruno Sido, pour explication de vote.

M. Bruno Sido. Je souhaiterais que M. le ministre nous explique à quoi une arme de catégorie C pourrait bien servir à un lieutenant de louveterie.

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.

M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué. Cela concerne, précisément, les lunettes thermiques. Je vous renvoie au débat que nous venons d’avoir sur les armes de catégorie C ; c’est exactement la même problématique.

M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 872.

(Lamendement est adopté.)

M. le président. Je suis saisi de huit amendements faisant l’objet d’une discussion commune.

Les deux premiers sont identiques.

L’amendement n° 368 rectifié est présenté par M. M. Weber, Mme Bonnefoy et MM. Omar Oili, Jomier, Temal et Marie.

L’amendement n° 879 est présenté par MM. Gontard, Salmon, Benarroche et Dantec, Mme de Marco, MM. Dossus et Fernique, Mme Guhl, MM. Jadot et Mellouli et Mmes Ollivier, Poncet Monge, Senée, Souyris et M. Vogel.

Ces deux amendements sont ainsi libellés :

Alinéa 36

Supprimer cet alinéa.

La parole est à M. Michaël Weber, pour présenter l’amendement n° 368 rectifié.

M. Michaël Weber. Cet amendement a pour objet de supprimer une disposition que je trouve choquante : l’autorisation des tirs de loup dans les réserves naturelles.

Car une telle autorisation remet en cause la raison d’être de ces réserves naturelles protégées, où la priorité est donnée à la conservation de la nature sauvage.

Dans ces espaces, encore plus qu’ailleurs, le socle de coexistence entre le loup et le pastoralisme doit reposer sur la protection des troupeaux, une meilleure compréhension de l’espèce et une adaptation des élevages, afin de faire baisser les dommages.

Le tir n’est pas une solution efficace. Il nous éloigne encore d’un apaisement sur le sujet.

La présence des grands prédateurs dans ces réserves est aussi un élément essentiel de la restauration des milieux naturels.

M. le président. La parole est à M. Guillaume Gontard, pour présenter l’amendement n° 879.

M. Guillaume Gontard. Cet amendement identique, travaillé avec Réserves naturelles de France, vise à supprimer la possibilité de tirer des loups dans les cœurs de parc et les réserves naturelles.

En effet, ces espaces constituent le cœur de notre stratégie de protection de la biodiversité. Ce sont des zones de protection forte, reconnues par le droit, où la priorité est donnée à la conservation de la faune, de la flore et des processus écologiques.

Par conséquent, tirer des loups dans ces zones, c’est porter atteinte à la raison même de leur existence. Cela créerait aussi un précédent.

Après la destruction des pollinisateurs et l’accaparement de l’eau, nous avons l’impression qu’il n’y a aucune limite à la volonté des rapporteurs d’éradiquer toute forme de vie sauvage dans notre pays : menacer les loups dans les zones de protection forte, c’est menacer l’ensemble des écosystèmes, qui sont une clé de voûte.

Selon l’Observatoire national de la biodiversité, les aires de protection forte représentaient en 2019 1,36 % du territoire métropolitain. Le pastoralisme en est le plus souvent – certes, ce n’est pas toujours le cas – absent. Quel besoin y a-t-il, sinon une volonté dissimulée et illégale d’éradiquer le loup, d’aller le tuer au cœur des microréserves de biodiversité qui existent dans notre pays ?

En réalité, c’est la crédibilité de la France qui se joue. Notre pays est moteur dans le monde pour tenter de faire passer 10 % des aires marines protégées en protection forte. Non seulement nous en sommes loin, mais nous serions en plus incapables de respecter nos quelques aires terrestres en protection forte. Tout cela confine à l’obsession, voire au ridicule !

M. le président. Les cinq amendements suivants sont identiques.

L’amendement n° 677 rectifié est présenté par MM. Genet, Rojouan, Khalifé et de Legge, Mme Dumont, MM. Brisson, H. Leroy, Margueritte, Reynaud et Sido et Mme Pluchet.

L’amendement n° 946 rectifié bis est présenté par M. J.M. Boyer, Mmes Sollogoub et Puissat, MM. Panunzi, Houpert, Pointereau, J.B. Blanc et Michallet, Mmes Josende, Nédélec et Imbert, M. Anglars et Mme Lermytte.

L’amendement n° 960 rectifié est présenté par Mme N. Delattre, M. Cabanel, Mme Jouve et M. Masset.

L’amendement n° 1031 rectifié quinquies est présenté par Mme Joseph, M. Chaize, Mmes Bellamy et Devésa, MM. Pellevat, Sol, Laménie et Lefèvre, Mme Gruny, M. Levi et Mme P. Martin.

L’amendement n° 1035 rectifié ter est présenté par M. Sautarel, Mme Noël, M. Karoutchi et Mmes Malet, Lassarade, M. Mercier, Gosselin et Drexler.

Ces cinq amendements sont ainsi libellés :

Alinéa 36

Rédiger ainsi cet alinéa :

I bis. – Les tirs d’effarouchement et de défense ne peuvent être interdits dans les espaces mentionnés aux articles L. 331-1, L. 332-1 et L. 341-1 du code de l’environnement. Lorsqu’ils ont lieu dans le cœur des parcs nationaux définis à l’article L. 331-2 du même code, les tirs sont effectués par des agents assermentés.

La parole est à M. Bruno Sido, pour présenter l’amendement n° 677 rectifié.