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D'AILLIERES Michel

Ancien sénateur de la Sarthe

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 25 septembre 1977
  • Réélu le 28 septembre 1986
  • Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Secrétaire de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

AILLIERES (Michel d')

Né le 17 décembre 1923 à Paris

Décédé le 31 octobre 2010 à Aillières-Beauvoir (Sarthe)

Député de la Sarthe de 1958 à 1977

Sénateur de la Sarthe de 1977 à 1995

Michel d'Aillières est originaire du Saosnois dans la Sarthe et plus précisément du petit village d'Aillières-Beauvoir. Cette commune, la plus élevée du département, est distante de quelques dizaines de kilomètres du Mans. Le bourg est entouré de la forêt de Perseigne sur laquelle donne le château familial des Aillières transmis de père en fils depuis le début du XVIIe siècle. Michel d'Aillières appartient à une famille où l'on est maire depuis la Révolution et membre du conseil général depuis le Premier Empire. La famille se targue de posséder un général et un député par génération ! Etablis sur un grand domaine agricole et forestier, les d'Aillières jouissent d'une réelle popularité au sein de la population locale comme le prouve à chaque élection municipale le score du candidat familial : plus de 85 % en moyenne.

Après des études à l'Ecole libre des sciences politiques puis son service militaire - il sera capitaine de réserve de l'armée blindée -, Michel d'Aillières devient en 1953 maire du village de Cherreau, petite commune à côté de La Ferté-Bernard. A la mort de son père en 1957, il prend sa place au conseil général de la Sarthe comme conseiller général du canton de la Fresnaye-sur-Chédouet sous l'étiquette des Indépendants. Longtemps président de la commission des finances au conseil général, il préside l'assemblée départementale à partir de

1970 et jusqu'en 1992, hormis une courte interruption entre 1976 et 1979. En 1958, il est élu maire de la commune portant son nom et conserve son mandat jusqu'en 2008. La même année, il entre à l'Assemblée nationale comme candidat indépendant d'union nationale dans la 5e circonscription de la Sarthe. Il est facilement réélu au premier tour (sauf en 1962) lors des législatives de 1962, 1967, 1968 et 1973. En 1977, ce notable bien implanté dans son département et dans sa région (il vice préside l'assemblée régionale dès 1974) est choisi par les RI pour les représenter lors des sénatoriales du 25 septembre. Mettant en avant son expérience parlementaire et son intention de se consacrer aux problèmes d'aménagement et d'équipement des collectivités locales, il est élu au second tour (en compagnie de l'autre indépendant Roland du Luart et du RPR Jacques Chaumont) avec

731 voix sur les 1140 suffrages exprimés. Il siège au groupe de l'Union des Républicains et des Indépendants. Dès l'année suivante, Michel d'Aillières rejoint l'UDF via le Parti républicain. Il préside en 1978 la fédération UDF de la Sarthe et sera plus tard (1993) secrétaire national pour les questions de défense du Parti républicain.

Spécialiste des questions militaires et diplomatiques à l'Assemblée (il assiste aux essais nucléaires de Reggane à Mururoa), Michel d'Aillières rejoint au Sénat la commission des affaires étrangères, de la défense et de forces armées dont il devient en 1980 le secrétaire. La même année, il participe avec une délégation sénatoriale aux travaux de la 26e session annuelle de l'assemblée de l'Atlantique nord et est élu vice-président de la commission militaire. A ce titre, il se rend fin janvier 1981 à Washington pour participer à une réunion sur les questions de coopération en matière d'armement. Réélu le 28 septembre 1986 sénateur de la Sarthe au premier tour par 786 voix sur les 1 333 suffrages exprimés, il rejoint le groupe UREI et reste à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées dont il prend la vice-présidence en octobre. Il continue de suivre

de l'Atlantique Nord depuis 1992, il est premier vice-président de la délégation française à l'assemblée parlementaire de la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) à partir de 1993. Il participe à différents groupes d'amitié sénatoriaux : secrétaire des groupes France-RFA et France-Amérique centrale à partir de 1980, membre du groupe France-Grande Bretagne, vice-président des groupes France-Sénégal et France- Afrique de l'Ouest, trésorier du groupe France-Canada.

Elu d'un département rural, Michel d'Allières interroge régulièrement les ministres de l'agriculture sur la situation difficile des agriculteurs de la Sarthe et réclame aides et subventions. Il soutient les différentes réformes favorisant le développement de l'espace communautaire par l'ouverture de ses frontières et, en décembre 1994, vote la ratification de l'accord sur l'OMC. Membre de l'association parlementaire pour la liberté de l'enseignement, il soutient l'école privée, dénonce les lois Savary et appuie les manifestations de l'opposition en

1984. Opposant déterminé à la gauche, il met en avant dans la presse locale lors du premier septennat mitterrandien les nationalisations coûteuses, la distribution excessive d'avantages sociaux, la dévaluation du franc, la poursuite de l'inflation, l'alourdissement des charges sociales et la perte d'autorité des patrons liée aux lois Auroux. Il reconnaît l'intérêt de la décentralisation mais constate que les ressources promises ne compensent pas les charges nouvelles des collectivités locales. Elu président du syndicat mixte du circuit des 24 heures du Mans, il sauve cette course automobile en 1992 en engageant des travaux de modernisation du site avec le soutien du conseil général. Michel d'Aillières s'intéresse également au tourisme, et préside dès 1970 le comité régional de tourisme des Pays-de-Loire.

Habitué aux débats passionnés de l'Assemblée nationale, Michel d'Aillières doit s'adapter à l'atmosphère feutrée du Palais du Luxembourg. Lors d'une première séance, alors qu'il interpelle sèchement un collègue communiste, il se fait rappeler à l'ordre par le président Poher qui lui fait remarquer que « cela ne se fait pas ici ». Il apprécie vite cette « chambre du discernement », pour reprendre la formule du comte de Montalembert. S'il fait preuve de retenue, il n'en reste pas moins un homme politique qui ne dissimule pas ses préférences. Début octobre 1989, il appuie la candidature de Pierre Taittinger à la présidence du Sénat et regrette la réélection d'Alain Poher au troisième tour de scrutin. Selon lui, sa reconduction au plateau est dommageable à l'heure où le Sénat doit moderniser son image vis-à-vis de l'extérieur. Il rappelle qu'il avait, jeune député, signé avec Valéry Giscard d'Estaing une proposition de loi fixant à 65 ans l'âge maximum pour briguer un mandat. En 1992, lorsqu'il doit céder la présidence du conseil général, il soutient le sénateur UDF Roland du Luart plutôt que le député RPR François Fillon (qu'il a pourtant aidé à entrer au conseil général puis à l'Assemblée après la mort fin

1980 de Joël Le Theule). C'est pourtant François Fillon qui l'emporte, symbole du déclin de l'influence du maire d'Aillières-Beauvoir.

Au Sénat, il vote la loi du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, mais s'oppose à la loi du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort. Il approuve la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions, la loi du 13 juillet 1982 relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage, la loi du 9 septembre 1986 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, la loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion, la loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne », et la loi du 22 juillet 1993 relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale.

2008, avant d'y être remplacé par son neveu, Hervé d'Aillières. Il meurt deux ans plus tard, le 31 octobre 2010. Ce pilier de l'UDF et militant européen convaincu eut une vie politique exceptionnelle : cinq fois député, deux fois sénateur, maire sans discontinuité pendant 55 ans et président du conseil général pendant près de 30 ans. S'il ne manqua à cette carrière qu'un portefeuille ministériel, c'est par refus de l'intéressé. A la fin du septennat de Valéry Giscard d'Estaing, il s'était vu proposer le secrétariat d'Etat aux Affaires étrangères qu'il préféra décliner.

Profondément impliqué dans ses mandats, très attaché à l'équilibre rural/urbain, il marqua ses proches par sa sagesse et son ouverture. Il privilégiait toujours la discussion, notamment lors des permanences parlementaires qu'il tenait chez lui dans son château chaque dimanche matin.

Michel d'Aillières était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1996.

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Photo de M. Michel D'AILLIERES, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 17 décembre 1923
Décédé le 31 octobre 2010
Profession
Propriétaire exploitant forestier
Département
Sarthe