Allez au contenu, Allez à la navigation

SCHUMANN Maurice

Ancien sénateur du Nord

Election

  • Elu le 22 septembre 1974
  • Réélu le 25 septembre 1983
  • Réélu le 27 septembre 1992
  • Fin de mandat le 9 février 1998 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-président du Sénat
  • Président de la commission des affaires culturelles

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe du Rassemblement pour la République

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


SCHUMANN (Maurice)

Né le 10 avril 1911 à Paris

Décédé le 9 février 1998 à Paris

Membre de l'Assemblée consultative provisoire

Député du Nord de 1945 à 1968

Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères de 1951 à 1954

Ministre chargé de l'aménagement du territoire en 1962

Ministre d'Etat chargé de la recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales de 1967 à 1968

Ministre d'Etat chargé des affaires sociales de 1968 à 1969

Ministre des affaires étrangères de 1969 à 1973

Sénateur du Nord de 1974 à 1998

Fils d'un petit industriel du textile, Maurice Schumann naît le 10 avril 1911, à Paris. Après des études au lycée Janson-de-Sailly et au lycée Henri-IV, il intègre la Faculté de lettres de Paris. Licencié ès lettres, il devient chef adjoint du grand reportage à l'Agence Havas à Londres, puis à Paris. Directeur politique du quotidien L'Aube lorsqu'éclate la Seconde guerre mondiale, il rejoint le général de Gaulle en Grande-Bretagne en 1940, et devient le porte-parole de la France libre à la radio de Londres. En 1944, il débarque avec les forces alliées, participe à la campagne de France, et reçoit la Croix de guerre avec trois citations, la Légion d'honneur à titre militaire, et la croix de la Libération.

Membre de l'Assemblée consultative provisoire en 1944-1945, cofondateur du Mouvement républicain populaire (MRP) dont il assure la présidence de 1945 à 1949, Maurice Schumann est élu député du Nord à la Libération, et conserve son mandat tout au long de la IVe République. Il met un point d'honneur à reconstruire la France et à lui rendre son rang et sa sécurité dans le monde d'après-guerre. Représentant de la France à la Cinquième assemblée générale des Nations Unies en 1950, il est nommé secrétaire d'Etat aux affaires étrangères de 1951 à 1954, ministre de la Justice de 1955 à 1956, et préside la délégation française à l'Assemblée générale des Nations Unies en 1953. Président du groupe parlementaire MRP à l'Assemblée nationale, il vote en 1958 la confiance sur le programme et sur la politique du président du Conseil, Charles de Gaulle, ainsi que le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs, et le projet de loi relatif à la révision constitutionnelle.

Réélu député du Nord sous la Ve République, il s'inscrit au groupe du Centre démocratique, et préside sans discontinuer la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale jusqu'en 1967, à l'exception d'une brève interruption lorsqu'il est nommé ministre chargé de l'aménagement du territoire en 1962. En 1960, il vote le projet de loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat et à la pacification de l'Algérie. Défenseur de la liberté d'enseignement, promoteur d'une vraie politique familiale, Maurice Schumann poursuit sans relâche son travail en faveur de l'affirmation de la France sur la scène internationale. En dehors de ses fonctions parlementaires, il préside l'Union des Français de l'étranger (1960), la Ligue pour l'autodétermination des peuples (1962), le Centre européen d'observation par sondages (1964), et le bureau du Mouvement international pour l'Union atlantique (1966). Il décide en outre de s'investir dans la vie politique locale et est élu conseiller général du canton de Tourcoing-Nord, de 1965 à 1967, puis conseiller municipal de Comines de 1971 à 1977.

Réélu lors des élections législatives de 1967 et 1968, il doit rapidement abandonner le Palais Bourbon pour assumer des responsabilités gouvernementales, en tant que ministre d'Etat chargé de la recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales (1967-1968), ministre d'Etat chargé des affaires sociales (1968-1969), enfin ministre des affaires étrangères (1969-1973). C'est sans doute au Quai d'Orsay qu'il laisse l'empreinte la plus profonde, renforçant les alliances traditionnelles de la France, donnant une impulsion nouvelle, et très personnelle, aux relations avec l'URSS et avec la Chine, améliorant notre outil diplomatique, et contribuant à l'entrée dans le Marché commun de la Grande-Bretagne, à laquelle il reste très attaché.

L'année 1974, qui marque l'entrée au Sénat de Maurice Schumann, est celle d'un relèvement après son échec aux élections législatives de 1973 dans le Nord et son départ du Quai d'Orsay, un relèvement qui a commencé en mars 1974 par son élection à l'Académie française au siège de Wladimir d'Ormesson.

Le sénateur du Nord Robert Liot ne souhaitant pas le renouvellement de son siège aux élections de septembre 1974, Pierre Carous propose à Maurice Schumann d'être candidat en seconde position sur la liste gaulliste qu'il mène. Avec 27,8 % des voix, ils sont élus tous les deux.

Au Palais du Luxembourg, Maurice Schumann s'apparente au groupe de l'Union des démocrates pour la République avant d'adhérer au nouveau groupe sénatorial du Rassemblement pour la République dès sa création en décembre 1976. Cette adhésion est l'étape finale d'un rapprochement entre l'ancien président du Mouvement républicain populaire et le gaullisme de la Ve République.

De 1974 à 1977, il siège à la commission des finances puis est nommé à la commission des affaires économiques et du plan. Le 5 octobre 1977, il est élu vice-président du Sénat puis renouvelé, en octobre 1980, dans cette fonction qu'il exerce jusqu'à la fin de son premier mandat en 1983.

Le nouveau sénateur du Nord, riche d'une expérience parlementaire et gouvernementale de près de trente ans, intervient rapidement dans des débats importants. Dans la discussion budgétaire de l'automne 1974, il présente ainsi l'avis favorable de la commission des finances sur le projet de loi portant création du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Quelques jours plus tard, en décembre 1974, il prend position, mais avec beaucoup de modération et en exprimant son respect pour Simone Veil, ministre de la Santé, qui défend le texte, contre le projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse, en raison de ses convictions chrétiennes. En juin 1975, il participe activement à la discussion du projet de loi portant réforme du divorce, qu'avec trente autres sénateurs il refuse d'adopter, et cette fois-ci avec vigueur en affirmant : « Si le divorce - j'insiste sur ce point - est imposé au conjoint qui le refuse, il y a négation du mariage ». En décembre 1980, il vote la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, en septembre 1981 la loi abolissant la peine de mort, en janvier 1982 la loi Defferre relative à la décentralisation et en mai de la même année la loi relative aux prestations de vieillesse, invalidité et veuvage.

Pendant ce premier mandat au palais du Luxembourg, Maurice Schumann se manifeste par une intense activité en commission et en séance publique, sur un grand nombre de sujets. Il s'intéresse d'abord aux questions liées à la culture et, de 1974 à 1977, en rapporte le budget pour la commission des finances. À partir de 1983, il fait de même au nom de la commission des affaires économiques et du plan. Dès 1978, pour cette dernière, il avait été désigné rapporteur spécial du budget de la recherche scientifique.

Maurice Schumann intervient fréquemment dans les débats sur la fiscalité, faisant montre en ce domaine une grande maîtrise technique de ces questions, qu'il s'agisse de la fiscalité agricole, de celle des entreprises ou encore des collectivités locales.

Les discussions concernant l'agriculture l'amènent également à intervenir fréquemment ainsi que celles qui traitent des affaires sociales, comme en juin 1977 à l'occasion du débat sur le projet de loi instituant le complément familial.

Mais, au fur et à mesure que la crise économique s'accroît, c'est sur les questions économiques et en particulier industrielles que Maurice Schumann se concentre. À partir de la fin des années 1970, il ne cesse de déplorer la montée du chômage, en particulier dans sa région d'élection, meurtrie par les revers de l'industrie textile. Il multiplie, à ce sujet, les interventions et les questions orales au Gouvernement. La défense des intérêts du Nord et du Pas-de-Calais est, en effet, un thème récurrent de ses prises de parole, qu'il s'agisse des équipements de santé, de la situation du port de Dunkerque ou des problèmes de l'emploi.

Maurice Schumann est également une personnalité éminente de la majorité présidentielle et parlementaire sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et intervient à ce titre dans les discussions qui suivent les déclarations de politique générale du Gouvernement. Ainsi, en mai 1977 puis en mai 1978, il apporte tout son soutien à l'action du chef de l'État et de son Premier ministre.

En septembre 1983, lorsqu'il sollicite le renouvellement de son mandat auprès des électeurs du Nord, la situation politique a complètement changé et le Sénat est devenu une Chambre où l'opposition se manifeste nettement. En dépit de son échec aux élections municipales à Lille, en 1977, où il est le second de la liste menée par Norbert Segard, Maurice Schumann est réélu au Sénat sur la liste d'Union des gaullistes et des centristes qu'avec Pierre Carous et André Diligent il a constituée. Il s'inscrit à nouveau au groupe du Rassemblement pour la République, dont il devient d'ailleurs le vice-président. Il retrouve la commission des affaires économiques et du plan avant de rejoindre, en 1984, la commission des finances, commissions pour lesquelles, successivement, il continue de rapporter le budget de la culture.

Ce second mandat marque l'accession de Maurice Schumann à la présidence de la prestigieuse commission des affaires culturelles en octobre 1986, succédant ainsi au sénateur socialiste de Haute-Garonne Léon Eeckhoutte. Réélu deux fois à cette haute fonction, il l'exerce jusqu'en 1995.

À ce titre, il participe à de nombreux débats. Ainsi, en novembre 1986, il est le rapporteur du projet de loi autorisant la ratification d'une convention internationale sur la protection des artistes interprètes ou exécutants, des producteurs de phonogrammes et des organismes de radiodiffusion. L'année suivante, la discussion du projet de loi sur le développement du mécénat l'occupe beaucoup tout comme, en novembre 1988, celle du projet de loi modifiant la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de la communication, et qui institue le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). En dépit de ses nombreuses interventions sur les questions relevant de sa commission, l'enseignement scolaire et universitaire, la communication, le patrimoine, les sports etc., Maurice Schumann continue de s'intéresser passionnément à l'industrie du textile, décisive dans sa région, et ce d'autant plus qu'il préside le groupe sénatorial de défense des industries textiles et de l'habillement. S'il intervient moins que lors de son premier mandat sur les questions sociales, il adopte néanmoins le projet de loi instituant le revenu minimum d'insertion en novembre 1988.

Peu de temps avant le terme de son second mandat intervient au Sénat la discussion du projet constitutionnel concernant le traité de Maastricht. Maurice Schumann s'y oppose et à ceux qui voient une contradiction entre les convictions de l'ancien leader démocrate-chrétien et l'opinion du sénateur gaulliste qui refuse ce texte, il répond qu'il condamne la dérive technocratique du droit communautaire et le déficit démocratique que marque cet accord mais en aucun cas la construction européenne, qu'il qualifie en séance, le 21 avril 1992, de « communauté d'espérances ».

En mars 1986, Maurice Schumann est élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, fonction à laquelle il est réélu en mars 1992. Quelques semaines plus tard, les grands électeurs du Nord lui confirment leur confiance en l'appelant à exercer un troisième mandat sénatorial.

En dépit du fait qu'il a dépassé 80 ans, son activité à la Haute assemblée reste considérable et ses interventions en séances nombreuses jusqu'en 1995. Le 2 octobre de cette même année, il préside la séance de rentrée parlementaire en qualité de doyen d'âge du Sénat. C'est pour lui l'occasion de revenir sur l'ensemble de sa carrière parlementaire et politique et de rappeler sa double fidélité à la démocratie chrétienne et au général de Gaulle.

Quittant la présidence de la commission des affaires culturelles, Maurice Schumann retourne à la commission des finances, pour laquelle, à nouveau, en novembre 1995, 1996 et 1997, il rapporte le budget de la culture lors de l'examen du projet de loi de finances. En juin 1993, il adopte le projet de loi relatif aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale. Le 3 décembre 1997, il intervient dans la discussion du budget de l'industrie textile, dont il signale une nouvelle fois, la fragilité et appelle le Gouvernement à prendre des mesures afin de la défendre contre la concurrence étrangère. C'est sa dernière prise de parole en séance publique du Sénat. Il décède le 10 février 1998, dans sa quatre-vingt-septième année.

Le 21 avril 1998, le président Monory termine ainsi l'éloge funèbre de Maurice Schumann : « Intellectuel en politique, il nous a proposé, des années durant, une véritable vision du monde : la culture comme condition de la liberté, l'Europe comme facteur de la paix. Ses paroles résonneront encore longtemps sur les bancs de notre assemblée parce qu'elles avaient parfois un parfum d'éternité. » Le premier ministre Lionel Jospin ajoute que « par sa personnalité, et par son intransigeance lorsque étaient en cause les principes et les valeurs de notre République, Maurice Schumann a conquis le respect de tous, quelles que fussent leurs opinions politiques. »

L'ancien porte-parole de la France libre fut, selon sa volonté, inhumé dans le cimetière de la commune normande d'Asnelles, non loin de l'endroit où il avait débarqué en juin 1944.

Il était chevalier de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération, décoré de la Croix de guerre 1939-1945. On a de lui le Germanisme en marche (1938), Mussolini (1939), Honneur et patrie (1945), Le vrai malaise des intellectuels de gauche (1957), Rendez-vous avec quelqu'un (1962), Les flots roulant au loin (1973), La mort née de leur propre vie (1974), Angoisse et certitude (1978), Un certain 18 juin (1980), Le concerto en ut majeur (1984), Qui a tué le duc d'Enghien ? (1984), Une grande imprudence (1986), La victoire et la nuit (1989), Bergson ou le retour de Dieu (1995), ainsi que de nombreux articles et études publiés dans la Vie catholique, le Temps présent et l'Aube, sous le pseudonyme d'André Sidobre.

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Maurice SCHUMANN, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement pour la République
Etat-civil
Né le 10 avril 1911
Décédé le 9 février 1998
Profession
Ecrivain
Département
Nord