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22 novembre 2001 : Budget 2002 - Forces terrestres ( avis - première lecture )

 

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B. LES ÉTUDES ET DÉVELOPPEMENT : LA PRÉPARATION DE L'AVENIR

Les moyens affectés à la préparation de l'avenir des forces terrestres comprennent deux grandes catégories : les études technico-opérationnelles et les développements, la gestion des crédits d'études amont étant regroupée, depuis 1999 sous la responsabilité de la DGA. Pour 2002, les crédits de paiement régressent de 24 % alors que les autorisations de programme augmenteront de 18 %.

MONTANT GLOBAL DES CRÉDITS CONSACRÉS PAR L'ARMÉE DE TERRE AUX ÉTUDES, RECHERCHES ET DÉVELOPPEMENTS DANS LE PROJET DE BUDGET POUR 2002
(en millions d'euros)


 

Chapitre

Crédits budgétaires

2001

2002

Evolution

Etudes technico opérationnelles

52-81 (art.21)

AP

CP

4,4

6,1

3,2

4,5

- 27 %

- 26 %

Etudes et développements

51-61(art 22, 25, 26, 29) ;

53-71(art 21, 22, 23, 24) ;

53-81(art 23, 24, 25, 26, 27, 28, 37, 38, 39, 47, 48, 49)

AP

CP

181,2

334,6

222,9

254,7

+ 23 %

- 24 %

Total général

 

AP

CP

185,6

340,7

261,1

259,2

+18 %

- 24 %

RÉPARTITION DES CRÉDITS D'ÉTUDES ET DE DÉVELOPPEMENT
ENTRE LES PRINCIPAUX MATÉRIELS
(en millions d'euros)

PROGRAMMES

AP 2002

CP 2002

SIC F (système d'information de commandement)

6,6

11,8

SIR (système d'information régimentaire)

0

11,6

MIDS (liaison 16)

0,3

3,61

SCIPIO

0,15

3,97

CENTAURE (simulation)

11,74

10,83

MARTHA étape 2

2,29

21,65

VBCI

19,85

30,12

RÉNOVATION AMX 10 RC

0

6,77

SYSTEME DU COMBATTANT (FELIN)

1,49

0,75

RAPSODIE

3,20

3,61

ATLAS CANON

2,2

7,37

VALORISATION ROLAND

2,21

9,33

LRM roquette NG

14,30

5,27

Missile à Fibre Optique (MFO)

3 M€

1,05

SATCP Terre (RMV)

1,52

0,75

HELICOPTERE HAP - HAC (TIGRE)

3,05

12,19

NH 90 Terre

6,86

10,23

FSAF/SAMP/T

24,39

9,15

Pour l'armée de terre, la situation actuelle peut être qualifiée de préoccupante. A l'évidence, l'effort consenti en 2002 au profit de la préparation de l'avenir ne sera pas suffisant au regard des recommandations opérationnelles du plan prospectif à 30 ans, relayées et traduites en efforts technologiques dans le document d'orientation des études amont tout en tenant compte des facteurs d'incertitude générés par les attentats terroristes du 11 septembre.

Compte tenu de la multiplicité des études à couvrir, ces recherches sont regroupées dans des projets fédérateurs ou « plans structurants », destinés à identifier clairement les besoins opérationnels à satisfaire en terme d'équipement futur ou de besoins à prendre en compte.

De nombreuses innovations technologiques sont attendues dans les domaines suivants : énergie dirigée (moyenne énergie, micro-ondes forte puissance), nouveaux matériaux intelligents, apport futur des « tout électrique » (lanceur, propulsion, protection active), miniaturisation des composants et en conséquence des capteurs, biotechnologies et intelligence artificielle (aide à la décision).

En définitive, les principaux équipements dimensionnant les forces seront obsolètes d'ici 8 à 10 ans. L'armée de terre est pour l'essentiel équipée de matériels anciens, dont la conception remonte aux années 1960.

Or on observe un fléchissement relatif de l'effort financier consenti à la préparation de l'avenir.

Il est pourtant indispensable de disposer du niveau de crédits permettant d'anticiper des ruptures capacitaires susceptibles d'engager la crédibilité des forces terrestres françaises dans le cadre européen et international, donc d'étudier et développer les futurs matériels qui les équiperont à l'horizon 2015-2020. Les principaux équipements futurs faisant actuellement l'objet d'objectifs d'état-major ou développements exploratoires et pour lesquels l'armée de terre estime nécessaire d'engager un développement, sont les suivants :

- le drone tactique multicapteurs multimissions (MCMM), système unique capable d'assurer des missions aussi diverses que le renseignement et l'appui, la neutralisation par les feux ou par la guerre électronique. Il répond au besoin de remplacement des drones actuels, obsolètes à l'horizon 2007. Aérotransportable, modulable en fonction de la mission prioritaire, il doit pouvoir s'intégrer dans un élément de réaction immédiate et être compatible et interopérable avec l'ensemble des sytèmes similaires nationaux et internationaux.

- le radar de surveillance et d'aide au tir terrestre (RAPSODIE), radar de courte portée (40 Km) destiné à agir dans la profondeur tactique pour remplir indifféremment des missions de surveillance et d'aide au tir. Associé à un châssis VCI pu VAB, il devrait équiper les forces au sein des régiments d'artillerie, du régiment blindé et d'investigation.

- le système de pose rapide de travures (SPRAT), moyen complémentaire des autres systèmes de franchissement. Seul système d'appui direct en cohérence avec la manoeuvre du char Leclerc, il apportera aux forces terrestres la capacité de franchir des coupures et des obstacles d'une largeur allant jusqu'à 25 mètres.

- le missile à fibre optique (ex-POLYPHEME), dont le développement exploratoire a été lancé en 1992 dans un cadre tripartite (France, Allemagne et Italie). Après le succès de cette première phase expérimentale (tir réussi contre un véhicule à roues à une distance de 60 Km), les partenaires envisagent de fabriquer en coopération, un système d'armes utilisant la technologie à fibre optique, capable de traiter des objectifs ponctuels dans la profondeur avec des effets collatéraux réduits et une bonne efficacité terminale et d'offrir des capacités d'enregistrement vidéo des attaques et d'observation. Les financements prévus sur la période de la loi de programmation permettront de valider les choix techniques et de préciser les conditions d'emploi. A l'issue, la décision de participer ou non au développement sera prise en fonction des résultats obtenus et des ressources disponibles.

- la protection des véhicules blindés que constitue également un des axes prioritaires d'études, en vue de renforcer l'aptitude à retarder la détection et à éviter d'être atteint dans les trois dimensions et dans toutes les directions. Au-delà des études sur les blindages, les objectifs prioritaires sont les suivants : les technologies de détection les plus simples à intégrer sur un blindé (alerte laser, optique pointée), la protection laser de l'optique de tir, d'observation et de pilotage, les techniques de leurrage, notamment pour les munitions susceptibles d'attaquer par le toit, l'évaluation dans le domaine de la protection active et réactive, prenant en compte à la fois la protection contre les attaques par le toit, la protection omnidirectionnelle antimissile et contre les flèches.

- le Système opérationnel de déminage rapproché (SODERA). Parallèlement aux travaux d'amélioration des parcs de matériels de déminage, l'état major de l'armée de terre et le SPART ont lancé un nouveau programme de détection, leurrage, destruction et/ou neutralisation des mines terrestres.

Dans un premier temps, SODERA est un projet fédérateur composé de nombreuses études amont, de plusieurs développements exploratoires et du développement d'un logiciel. Il a pour finalité d'étudier et de valider, au travers de démonstrateurs, les technologies les plus aptes à équiper ce système. In fine, il s'agit de préparer la prise de décision de l'EMAT quant au choix du futur système opérationnel de déminage rapproché (SODERA) à l'horizon 2004-2005.

SODERA comprendra un ensemble de moyens (voire de porteurs) permettant de traiter les aspects détection, leurrage, destruction et/ou neutralisation des mines et engins non explosés. Il sera le système majeur pour les missions « d'ouverture d'itinéraire, « de dépollution de zone » et « de franchissement d'obstacle miné ». Prévu pour être livré aux forces à l'horizon 2010-2015, il traitera toutes les mines connues à cette échéance (AC, AP, munitions non explosées), avec un taux de réussite proche de 95 %. Il sera constitué d'un ou de plusieurs porteurs.

- le système de combat futur du génie, qui s'articulera autour de deux modules : un module d'appui lourd, réalisé à partir de l'engin blindé du Génie valorisé à partir de 2006 (EBG2), qui assurera les missions d'appui direct au profit des unités blindées (appui mobilité, bréchage,...) d'une part, et d'autre part un module d'appui au combat, notamment pour la zone urbaine, comprenant un engin assurant la fonction transport du personnel et quelques fonctionnalités (appui à la mobilité des unités débarquées, contre-mobilité...) et un engin génie possédant des capacités d'organisation du terrain, spécifiques à la zone urbaine. Ces deux engins dont la mise en service est prévue à partir de 2009, devront être cohérents avec le VBCI.

- le système FELIN (Fantassin à Equipement et Liaisons Intégrées), qui vise à équiper le fantassin du futur en optimisant les fonctions de protection, armement et communications. Ce fantassin devra se déplacer, percevoir son environnement, communiquer, utiliser son arme, durer. Il agira dans des environnements géographiques et climatiques variés sous menaces chimiques et biologiques.

Le système FELIN commencera à équiper les unités d'infanterie à partir de 2005. En 2008, 40 unités élémentaires seront équipées sur un total de 79.

- le dispositif d'identification au combat (DIC) : les tirs fratricides sont déjà pris en compte par les différentes armées de l'air dont le milieu d'action est foncièrement homogène. Il s'agit des systèmes IFF. Ce risque doit maintenant être pris en compte par les systèmes d'armes aéroterrestres, dont le combat se déroule au sein d'un milieu beaucoup plus hétérogène et complexe.

Conscientes d'un problème remis en lumière lors de la guerre du Golfe, les armées occidentales cherchent à se doter d'une capacité d'identification au combat. Le dispositif DIC devra répondre à ce besoin.

Les premiers prototypes apparaîtront en 2003. La cible retenue de 1500 équipements sera réalisée à l'horizon 2006. A cette date, un nombre significatif de véhicules de combat de premier échelon aura alors été prédisposé ou équipé.

- le système d'observation et de renseignement de l'avant (SORA) qui a pour but de répondre en temps utile aux besoins en renseignement du commandement du niveau le plus élevé de la composante terrestre à la brigade interarmes. Il s'agit de permettre l'exploitation et la diffusion du renseignement, de faciliter la conduite et la maoeuvre des capteurs spécialisés, d'alerter sur toute modification de comportement de l'adversaire, de fournir enfin les données et les informations nécessaires au traitement des objectifs par les différents systèmes d'armes.

D'un point de vue technique, SORA a vocation à fédérer progressivement tous les sytèmes d'informations opérationnels de la chaîne de surveillance, acquisition, reconnaissance et renseignement. Il utilisera comme support de communication les systèmes RITA VALO, PR4G.

- la radio haut débit : à partir de 2005, la numérisation des unités et la mise en service des SIT et du SIR va augmenter brutalement le besoin en début. Dans un premier temps, le système de radio haut débit est prévu pour augmenter, dès 2006, les capacités des transmissions d'informations entre les brigades interarmes et les bataillons.

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