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Projet de loi de finances pour 2003 : Commerce extérieur

 

CHAPITRE III -

UN COMMERCE EXTÉRIEUR FRANÇAIS RALENTI MAIS DE NOUVEAU EXCÉDENTAIRE

Le projet de budget du commerce extérieur pour 2003 s'inscrit dans le contexte d'un repli du commerce international et d'un retour à l'excédent commercial français, excédent qui pourrait se consolider en 2003.

I. CONTRACTION DES ÉCHANGES ET STABILISATION DES PARTS DE MARCHÉ

Pour le commerce mondial comme pour le commerce extérieur de la France, l'année 2001 a été caractérisée par un brutal ralentissement de la croissance des échanges (+ 0,3 % pour les exportations françaises et - 1,7 % pour les importations, contre respectivement + 14,3 % et + 21,6 % en 2000). La balance commerciale française FAB/FAB s'est trouvée nettement améliorée, en raison du moindre ralentissement des exportations : un excédent commercial de 3,3 milliards d'euros succède au déficit9(*) équivalent enregistré l'an passé. Cette évolution relève avant tout de facteurs conjoncturels, nos ventes ayant été freinées par le fléchissement de la demande mondiale émanant de nos principaux partenaires, malgré le maintien du bon niveau de notre compétitivité. Si la demande intérieure française est restée relativement soutenue, un comportement de déstockage massif, la baisse du prix des matières premières et la compression des achats interindustriels, largement imputable au retournement du secteur des nouvelles technologies, expliquent le recul de nos importations.

A. UN EXCÉDENT MODESTE ET DES PARTS DE MARCHÉ FRAGILISÉES

1. Stagnation des flux d'échanges mais retour de l'excédent

La stagnation des échanges en moyenne annuelle recouvre une forte progression à la fin de l'année 2000 puis une érosion qui s'est accélérée à l'automne 2001, après les attentats du 11 septembre. Au début de l'année, le maintien des ventes de biens d'équipement et de l'industrie automobile a compensé le recul des exportations de biens intermédiaires, et ainsi limité le recul des échanges de l'industrie civile, dont le solde progresse de 8,9 milliards d'euros et constitue un facteur essentiel d'amélioration de notre solde commercial.

A l'importation, les biens de consommation et l'industrie automobile atténuent la baisse générale amorcée au premier trimestre. A partir du mois de septembre, les échanges ont accusé un choc brutal à la baisse dans toutes les branches aussi bien à l'importation qu'à l'exportation. Les ventes de l'industrie automobile sont les dernières à reculer, la baisse du dernier trimestre effaçant les effets d'un troisième trimestre particulièrement élevé.

Source : Douanes

L'apparition de l'excédent en 1993, son augmentation entre 1995 et 1997, son maintien à de bons niveaux en 1998 et 1999 et sa disparition en 2000 ne peuvent être dissociés du décalage conjoncturel entre la France et ses partenaires, même s'il n'explique qu'une partie des évolutions.

La modeste réapparition de l'excédent en 2001, alors que la bonne tenue de notre demande interne ainsi que le net fléchissement de la demande externe -notamment allemande- du fait du ralentissement économique n'y prédisposaient pas, atteste du maintien d'une bonne compétitivité des produits français.

* 9 La France a enregistré en 2000 un déficit commercial de 3,4 milliards d'euros, selon les nouvelles modalités de comptabilisation des douane : depuis septembre 2001, les importations sont comptabilisées en valeur FAB (franco à bord) au lieu de CAF (coût assurance fret), afin de les rendre plus facilement comparables aux exportations, toujours calculées en valeur FAB. L'excédent de 2 milliards d'euros de 2000 s'est ainsi transformé en déficit...

La valeur des importations (ou des exportations) est dite FAB quand elle comprend le coût départ-usine et le coût transport du lieu de production au poste frontière (chargement du navire compris quand il s'agit d'exportations par voie maritime). Elle est dite CAF lorsque la valeur FAB des marchandises est augmentée du coût total du transport et des assurances, en mer ou à travers des pays tiers, jusqu'à la frontière nationale du pays importateur.