3. L'Université Senghor d'Alexandrie
L'Université francophone d'Alexandrie est un
établissement privé d'enseignement supérieur,
créé en 1989, dont la vocation est la
formation de
spécialistes de haut niveau dans quatre disciplines-clefs
du
développement africain : administration-gestion,
nutrition-santé, gestion de l'environnement et gestion du patrimoine
culturel. L'enseignement se déroule
sur deux ans
, avec un stage
en situation de trois mois. Les candidats sont sélectionnés sur
dossier, puis par voie de concours. A l'issue de deux années de
formation, ils obtiennent un diplôme de troisième cycle, le
diplôme d'études professionnelles approfondies, reconnu par le
conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur.
Une
évaluation externe
de l'Université a été
lancée par le secrétaire général de la
francophonie, le 16 novembre 2000 et ses conclusions en ont été
communiquées au conseil permanent de la francophonie de mars 2001.
Les quatre experts -un Camerounais, une Québécoise, un Ivoirien
et un Français- ont considéré que l'Université est
un établissement d'enseignement supérieur de qualité, qui
répond à un besoin réel. Ils ont toutefois formulé
des critiques sévères sur les insuffisances de la gestion et de
l'administration, déjà dénoncées par le commissaire
aux comptes du Fonds multilatéral unique en avril 2000 ; sur le
caractère inapplicable des statuts ; sur des
déséquilibres de fonctionnement ; et enfin à une
dérive des coûts
.
Dans ses précédents avis, votre rapporteur avait jugé
cette dérive d'autant plus choquante que l'effectif des promotions
d'étudiants s'était réduit à une cinquantaine
d'étudiants pour la promotion 2001-2003.
La nécessité de procéder à une
triple
réforme statutaire, pédagogique et financière
a
conduit, lors de la réunion de l'assemblée générale
et du conseil d'administration de l'Université qui s'est tenue à
Paris, le 27 mai 2003, à l'adoption du règlement
général, et à
l'entrée des représentants
des Etats dans le conseil d'administration
.
Cette réforme statutaire se double d'une réforme
pédagogique qui devrait comporter 5 volets.
• L'accroissement des effectifs
Votre rapporteur avait vivement souhaité que l'Université
procède à une augmentation sensible du nombre de ses auditeurs.
Il note avec satisfaction qu'une première étape est franchie avec
le
doublement des effectifs
de la IX
e
promotion
(2003-2005) qui compte 101 auditeurs et la multiplication des formations
courtes délocalisées.
Le ministère indique qu'il est envisagé, pour le prochain
biennum, soit un nouveau renforcement de l'effectif de la prochaine promotion
(2005-2007) soit un retour à des promotions annuelles, avec une
stabilisation des effectifs au niveau actuel.
ÉVOLUTION DE L'EFFECTIF DES AUDITEURS
|
|
Section administration gestion |
Section gestion environnement |
Section
|
Section patrimoine culturel |
Total |
|
6
e
promotion
|
32 |
26 |
16 |
12 |
86 |
|
7
e
promotion
|
26 |
25 |
11 |
17 |
79 |
|
8
e
promotion
|
23 |
15 |
0 |
12 |
50 |
|
9
e
promotion
|
25 |
24 |
27 |
25 |
101 |
•
L'adaptation des formations aux besoins du pays d'origine des auditeurs.
• La réforme du diplôme d'études professionnelles
approfondies (DEPA) au profit d'un diplôme conforme au nouveau standard
international (licence-maîtrise-doctorat).
• L'appui au placement des auditeurs, grâce à des stages de
mise en situation professionnelle ou au réseau francophone des jeunes
experts.
• L'élargissement de l'offre de promotion susceptible de passer par
l'ouverture de nouvelles options au sein des départements existants,
l'ouverture de nouveaux départements ou encore le renforcement des
activités de formation continue.
Votre rapporteur restera cependant attentif à l'évolution de
l'Université Senghor, dont l'utilité est encore à
prouver.