B. LA PROTECTION DE L'EAU ET DES MILIEUX AQUATIQUES : UNE NOUVELLE IMPULSION

1. Des moyens financiers plus homogènes et plus importants

Les actions liées à la « protection de l'eau et des milieux aquatiques » bénéficieront en 2004 de plus de 112 millions d'euros de moyens de paiement, et de près de 70 millions d'euros d'autorisations de programme du fait de l'intégration dans le budget des recettes du Fonds national de solidarité pour l'eau, estimé en 2004 à 83 millions d'euros.

Cette somme est à rapprocher des moyens financiers de la politique de l'eau en 2003, qui s'élevaient à 28,4 millions d'euros de crédits budgétaires et à 61,3 millions d'euros au titre du FNSE soit, au total, 89,7 millions d'euros.

Le ministère disposera donc, en 2004, de 22 millions d'euros de plus qu'en 2003 pour conduire des actions en faveur de l'eau.

2. Des priorités bien définies en faveur de la lutte contre les inondations

• Le Gouvernement a décidé, à la suite des inondations catastrophiques du Gard, du Vaucluse et de l'Hérault, survenues en septembre 2002, de traiter la prévention des risques d'inondation comme une priorité nationale.

A ce titre, il a mis sur pied une nouvelle politique qui repose sur plusieurs piliers.

En premier lieu, la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 sur la prévention des risques a instauré plusieurs dispositifs destinés à améliorer l'information des populations, à renforcer les capacités d'intervention des collectivités, et à élargir le champ d'intervention des fonds de prévention des risques naturels majeurs.

Le renforcement des financements de l'Etat dans 34 bassins, pour la mise en oeuvre de plans de prévention des inondations, permettront d'améliorer l'information des populations et les capacités opérationnelles des maîtres d'ouvrage. Ces plans favoriseront le recours à des « techniques douces » comme la restauration des champs d'expansion des crues.

L'Etat a prévu d'engager 130 millions d'euros sur quatre ans .

Enfin, la réforme de la prévision des crues reposera sur le schéma de réorganisation des services de prévision des crues qui sera mis en oeuvre à la fin 2003, et sur le service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévention des inondations qui sera doté, en 2004, de 20 emplois.

Ainsi, le ministère indique qu'en 2004, ce sont 35,6 millions d'euros de moyens de paiement qui seront consacrés à la prévention des inondations.

• Le « plan Loire-grandeur nature », lancé le 4 janvier 1994 comportait un engagement prévisionnel de l'Etat de 107 millions d'euros, répartis entre les ministères de l'écologie, de l'agriculture et de l'équipement, sur un programme global évalué à 288 millions d'euros qui devait s'étaler entre 1994 et 2003.

Durant les années 1994 à 1999 , les financements concernant les volets relatifs à la sécurité des hommes et à la restauration des milieux naturels ont dépassé globalement les montants prévus initialement pour la totalité des dix années 1994 à 2003.

Le contenu de ce plan a été réexaminé à partir de 1998, et le Gouvernement, après avoir consulté l'ensemble des partenaires concernés, a proposé d'engager une seconde étape couvrant les années 2000 à 2006 , qui serait financée à hauteur de 107,5 millions d'euros par le budget de l'Etat.

Cette seconde étape s'inscrit dans les contrats de plan conclus avec les régions concernées dont il constitue une partie spécifique.

A la suite des intempéries de l'automne 1999, le Gouvernement a proposé en 2000 à la région Pays de Loire d'amplifier ce second volet et ce sont, en définitive 119,2 millions d'euros dont 84,2 millions d'euros en provenance du budget de l'écologie, qui seront réservés à ce plan par l'Etat sur la période 2000 à 2006.

L'effort de l'Etat porte :

- sur la poursuite des actions de prévention des inondations (59 millions d'euros en provenance du budget de l'écologie) ;

- sur la restauration de la qualité des eaux et des milieux aquatiques des vallées ligériennes (20,6 millions d'euros partagés entre le FNSE et le ministère) ;

- sur la mise en valeur touristique et culturelle (programme interministériel de 35,1 millions d'euros, dont 4,6 millions d'euros au titre du ministère de l'écologie).

Le ministère a consacré en 2003 15,1 millions d'euros à des opérations liées à la prévention des inondations en hausse sensible par rapport aux années antérieures, et devrait poursuivre cet effort en 2004 à un niveau comparable.

3. La réforme de la loi sur l'eau

Le Gouvernement envisage également de modifier en 2004 l'encadrement législatif de la politique de l'eau.

Un projet de loi transposant la directive cadre européenne sur l'eau a déjà été adopté par l'Assemblée nationale en première lecture le 10 avril 2003 et devrait être prochainement examiné par le Sénat.

En outre, le Gouvernement a souhaité se donner le temps de lancer une concertation approfondie avec tous les acteurs concernés avant de proposer un nouveau projet de loi sur l'eau. Il a lancé un large débat national qui s'achèvera sur un colloque national organisé le 16 décembre 2003 à Paris.

La ministre de l'écologie et du développement durable présentera ensuite, en janvier, une communication en Conseil des ministres, sur la base de laquelle sera élaboré, après consultation du public, un programme d'action gouvernemental comportant un projet de loi qui pourrait être soumis au Parlement au second semestre 2004 .

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