C. UN EFFORT EN FAVEUR DE LA PRÉVENTION DES POLLUTIONS ET DES RISQUES
Les
crédits regroupés dans l'agrégat
« prévention des pollutions et des risques »
s'élèvent à près de
409 millions
d'euros,
auxquels il faut ajouter 1,25 million d'euros
consacrés à ces actions dans le cadre de l'expérimentation
menée en région Midi-Pyrénées. L'ensemble des
moyens de paiement consacrés à cette politique enregistre par
rapport à 2003 une
progression de 2,3 %.
Les autorisations de programme
sont en revanche ramenées de
259 millions d'euros en 2003 à 203 en 2004, soit une
diminution
de 21 %
principalement imputable à l'Agence de l'environnement
de la maîtrise de l'énergie.
1. La prévention des risques industriels
Le
dispositif de prévention des risques dans les grands sites industriels
fait l'objet d'un nouveau renforcement.
Cette politique s'inscrit dans le cadre des directives communautaires
82/501/CEE dite SEVESO I et 96/82/CE dite SEVESO II qui ont
été transposées en droit français.
Si seuls 371 établissements relevaient en 1999 des seuils
prévus par la directive Seveso 1, ce sont
600 établissements
à risques
majeurs qui ont, en pratique, fait l'objet
d'investigations poussées.
L'analyse des études des dangers constitue une charge de travail
importante pour les services d'inspection, et la Cour des comptes, dans son
rapport du 31 décembre 1996 consacré à l'organisation et
au fonctionnement des DRIRE
3(
*
)
avait déploré une insuffisance des moyens.
A la suite de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en septembre 2001, le
Gouvernement a décidé la création de 100 postes
supplémentaires d'inspecteurs ainsi qu'un
programme de renforcement
de 400 postes supplémentaires en 4 ans.
Conformément au plan pluriannuel, le projet de budget prévoit
un renforcement de 100 postes pour l'inspection des installations
classées, résultant de la création de 50 postes
nouveaux et du transfert de 50 autres postes.
En outre, la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la
prévention des risques technologiques et naturels est venue renforcer
l'environnement juridique, en particulier en matière d'information du
public et de concertation.
2. Les plans de prévention des risques
Le
projet de budget pour 2004 permettra la poursuite, à un rythme
régulier, de l'élaboration des plans de prévention des
risques (PPR).
Les PPR, créés par la loi du 2 février 1995
(codifiée aux articles L. 562-1 et suivants du code de
l'environnement) ont vocation à établir notamment les
règles d'urbanisme et de construction ayant valeur de servitudes
d'utilité publique pour prendre en compte les risques naturels dans les
décisions d'aménagement.
Les moyens consacrés à leur élaboration se sont
élevés à
15 millions d'euros en 2001 et 2002.
Au 1
er
août 2003, une dizaine de millions d'euros avait
déjà été déléguée aux services
en charge de l'élaboration du PPR. D'après le ministère,
une somme de l'ordre de
15 millions d'euros
devrait être
consacrée
en 2004
à l'élaboration de ces plans.
Il est à noter que, depuis 2000, ces opérations sont
financées pour moitié par le Fonds de prévention des
risques naturels majeurs
, dont la contribution s'est élevée
à près de 9 millions d'euros en 2001 et 2002 et devrait
s'élever à 7,5 millions d'euros en 2003.
L'objectif actuel est de doter d'un PPR, d'ici 2005, les 5000 communes les
plus exposées.
Au 1
er
août 2003, le ministère estime que
3 860 communes sont dotées d'un PPR approuvé, et que le
cap des 4 300 pourrait être franchi en fin d'année. Il se
fixe pour objectif l'approbation de PPR pour 600 communes
supplémentaires en 2004.
En outre, 5 680 PPR sont actuellement prescrits, mais non
approuvés.
3. Les subventions aux établissements publics : des évolutions contrastées
•
Les subventions de fonctionnement versées à
l'Institut de
radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)
sont
reconduites au niveau de 2003, soit plus de 235 millions d'euros, sous
réserve d'un transfert de 300 000 euros correspondant aux
frais de fonctionnement des 58 postes qui ont été
transférés en 2003 à la Direction générale
de la sûreté nucléaire et de la radioprotection,
créée par décret du 22 février 2002 et
placée sous l'autorité des ministres chargés de
l'industrie, de l'environnement et de la santé.
• Les subventions versées à
l'Institut national de
l'environnement et des risques (INERIS)
par le ministère de
l'écologie et du développement durable s'élèveront
en 2004 à plus de
34 millions d'euros, en hausse de 25%.
Succédant à la précédente augmentation de 2003,
celle-ci permettra de consolider les capacités d'expertise et
d'intervention de l'Institut dans un contexte marqué par la
transposition de plusieurs directives européennes (notamment les
directives « biocides » et « produits
chimiques ») ainsi que par l'accident de l'usine AZF de Toulouse.
• Les subventions d'investissement versées à
l'Agence de
l'environnement de la maîtrise de l'énergie
ont connu des
réductions drastiques au cours de ces dernières années de
façon à éponger des excédents de crédits non
consommés : elles ont ainsi été ramenées
à 61 millions d'euros en 2002 et à 71 millions d'euros
en 2003. C'est à ce niveau que les reconduit le projet de budget pour
2004.
Les tableaux fournis par le ministère de l'écologie permettent de
faire le point sur une résorption d'excédents budgétaires
maintenant très avancée.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS DISPONIBLES DE L'ADEME ( en milliers d'euros)
|
Année |
Gestion du chapitre 67-30 - ADEME |
|
|
2002 |
LFI 2002 |
60 980 |
|
Reports |
400 270 |
|
|
Loi de finances rectificative |
- 10 000 |
|
|
Transferts |
3 049 |
|
|
Dotation disponible de 2002 |
454 299 |
|
|
Crédits mandatés |
207 180 |
|
|
Reports |
247 119 |
|
|
2003 |
LFI 2003 |
71 000 |
|
Reports |
247 119 |
|
|
Annulations |
- 4 490 |
|
|
Dotation disponible en 2003 |
313 629 |
|
|
Crédits mandatés au 31-06-2003 |
129 185 |
|
|
2004 |
PLF 2004 |
71 000 |
(source : ministère de l'écologie et du développement durable)
Ce
tableau montre que les reports de crédits représentaient encore
en 2002 plus des quatre cinquièmes des crédits ouverts à
l'ADEME, mais que près de la moitié de ces fonds ont
été consommés dans le courant de l'année. Les
247 millions de crédits disponibles en fin d'exercice n'ont fait
l'objet d'aucune mesure de gel ou de mise en réserve. Compte tenu d'une
annulation de crédits de 4,5 millions d'euros, les crédits
disponibles pour 2003 se sont élevés à 313 millions
d'euros et auraient été consommés à hauteur de
41 % à la fin du premier semestre.
Votre rapporteur en conclut que la résorption des surplus
budgétaires devrait être, pour l'essentiel, réalisée
à la fin de l'exercice 2003 et se félicite du retour à la
vérité des comptes.
Il s'est demandé toutefois si, compte tenu de la modicité
prévisible des reports de crédits à attendre de l'exercice
2003, la subvention de 71 millions d'euros inscrite au projet de budget
pour 2004 suffirait pour permettre à l'ADEME de continuer à
remplir ses missions.
Il a fait part de cette interrogation à la ministre, qui, au cours de
son audition devant la commission, a certifié qu'il n'y avait aucune
inquiétude à se faire sur les capacités de financement de
l'ADEME.
Il semblerait en effet, d'après des informations qui ont
été tout récemment portées à la connaissance
de votre rapporteur, et qui ne figurent pas dans le projet de loi de finances,
qu'un
fonds de concours alimenté par les agences de l'eau
devrait, en 2004, compléter les moyens financiers du ministère,
et en particulier ceux qui sont consacrés à l'ADEME.
Ce fonds de concours exceptionnel, grevé d'une servitude d'affectation
respectant le principe selon lequel l'argent de l'eau doit retourner à
l'eau, serait doté de
210 millions d'euros
provenant de
4
agences de l'eau
:
- agence Seine-Normandie : 110 millions d'euros ;
- agence Rhin-Meuse : 45 millions d'euros ;
- agence Loire-Bretagne : 38 millions d'euros ;
- agence Rhône-Méditerranée-Corse :
17 millions d'euros.
Sur ce total,
135 millions d'euros
viendraient financer des
opérations réalisées
par l'ADEME
, ayant un
impact direct sur les milieux aquatiques (en particulier la politique de
résorption des décharges).
La ministre a justifié la création de ce fonds de concours par la
situation financière excédentaire de certaines agences de l'eau.
Votre commission souhaite que ce fonds de concours reste exceptionnel et
qu'à l'avenir le ressaut prévisible des besoins de financement de
l'ADEME soit assuré par une remise à niveau de ses crédits
budgétaires.
Il convient en outre de relever que l'année 2004 devrait être
l'occasion d'un
rétrécissement du champ d'intervention de
l'ADEME
, qui devrait
perdre deux de ses missions
traditionnelles
:
- l'action contre le bruit près des aéroports ;
- le ramassage des huiles usagées.
En effet, dans le cadre des nouvelles mesures de lutte contre le bruit
annoncées en septembre dernier, il a été
décidé de transférer, à compter du
1
er
janvier 2004, aux établissements de gestion des
aéroports, la lutte contre les nuisances sonores de ces infrastructures.
Les gestionnaires des dix principaux aéroports vont ainsi
bénéficier du produit de la taxe prélevée sur les
compagnies aériennes, qui devrait passer de 17 millions d'euros en
2003, à 55 millions en 2004, et sera directement et
intégralement affectée à l'isolation phonique des
logements concernés.
Le Gouvernement envisage également de décharger l'ADEME de la
mission de collecte et d'élimination des huiles usagées.
Le projet de loi de finances pour 2004 supprime en conséquence les
autorisations de programme correspondant à ces deux missions, mais ne
comporte, en l'état actuel des choses, pas de dispositions modifiant les
conditions de perception de la taxe générale sur les
activités polluantes.
AUTORISATIONS DE PROGRAMME DE L'ADEME (en millions d'euros)
|
Ch. 67-30 ADEME |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
|
Art 10 énergie |
61 |
61 |
|
Art 20 déchets ménagers et assimilés |
85 |
70 |
|
Art 30 dépollution des sols |
13 |
13 |
|
Art 40 ramassage des huiles |
19 |
- |
|
Art 50 isolation acoustique au voisinage des aérodromes |
17 |
- |
|
Art 60 lutte contre la pollution atmosphérique |
14 |
14 |
|
Art 70 surveillance de la qualité de l'air |
9 |
9 |
|
TOTAUX pour le chapitre |
218 |
167 |
(source : bleu budgétaire)