D. LA PROTECTION DE LA NATURE, DES SITES ET DES PAYSAGES : UN PASSAGE À VIDE AVANT LE NÉCESSAIRE SURSAUT ?
Les crédits consacrés à la « protection de la nature, des sites et des paysages » s'élèvent dans le projet de budget pour 2004 à 107,63 millions d'euros contre 120,7 millions d'euros en 2003 , soit une diminution de plus de 10 %. Comme le montre le tableau suivant, cette diminution affecte plus fortement les crédits d'investissement que les crédits de fonctionnement. Les autorisations de programme ramenées de 52,4 millions d'euros à 45,5 millions d'euros dans le projet de budget, enregistrent d'ailleurs une diminution de 13 %.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS DE L'AGRÉGAT
N° 21
PROTECTION DE LA NATURE, DES SITES ET DES PAYSAGES
(en millions d'euros)
|
|
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
dépenses ordinaires (DO) |
79,4 |
72,4 |
- 8,8 % |
|
crédits de paiement (CP) |
41,28 |
35,24 |
- 14,8 % |
|
DO + CP |
120,72 |
107,63 |
- 10,8 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
52,4 |
45,5 |
- 13,1 % |
(source : bleu budgétaire)
Le
rattachement à l'agrégat 21 de 2,16 millions d'euros
correspondant aux actions de protection de la nature menées en
région Midi-Pyrénées, et globalisées dans
l'agrégat 31, n'est pas de nature à modifier fondamentalement la
perception que l'on peut avoir d'une évolution aussi marquée.
Ce traitement paraît d'autant plus rigoureux qu'il s'inscrit dans le
contexte global d'un budget en légère hausse, et que les
agrégats correspondant aux autres champs d'actions du ministère
bénéficient d'une amélioration ou d'une stabilisation de
leurs moyens financiers.
Au cours de son audition devant la commission le 29 octobre dernier,
la
ministre a indiqué que l'année 2004
serait en matière
de protection de la nature une
année de réflexion et de
conception,
qui serait mise à profit pour élaborer une
stratégie nationale en faveur de la biodiversité et pour adopter
et moderniser la politique du patrimoine naturel, et que les crédits
inscrits au budget de 2004 étaient globalement identiques à ceux
qui ont été utilisés en 2003.
Votre rapporteur apporte son plein soutien au souci du ministère d'avoir
une réflexion qui lui paraît en effet nécessaire sur la
biodiversité et sur les outils de la protection du patrimoine naturel.
Mais il espère que la « pause » budgétaire
qui accompagne cette réflexion n'aura pas des conséquences
durables sur la
politique de protection du patrimoine naturel qui lui
paraît devoir rester un des axes essentiels de l'action du
ministère.
Il a noté que les « actions » qui, dans le cadre de
la réforme budgétaire imposée par le loi organique
relative aux lois de finances, doivent succéder aux actuels
« agrégats » n'en reprendront par la configuration
actuelle, et notamment que
« l'eau et le patrimoine
naturel »
seront regroupés dans une même
« action de politique ».
Il espère que cette fusion ne prélude pas à une
marginalisation de la politique en faveur du patrimoine naturel.
La nomenclature budgétaire de l'agrégat 21 fait l'objet d'un
premier remaniement dans le projet de budget pour 2004, consécutif,
notamment, à la
suppression du Fonds de gestion des milieux naturels
(FGMN).
L'article L. 310-3 du code de l'environnement attribuait à ce fonds
pour fonction de
« contribuer au financement de projets
d'intérêt collectif concourant à la protection, à la
réhabilitation ou à la gestion des milieux et habitats
naturels ».
En pratique, toutefois, le FGMN n'était abondé que par les seuls
crédits du ministère chargé de l'environnement. Ce terme
de
« fonds »
étant, de ce fait, impropre, le
ministère indique qu'il procède en conséquence à la
suppression dans le projet de budget pour 2004 des chapitres et articles qui
lui étaient consacrés, et qu'il en transfère les
crédits sur les articles intitulés
« protection et
gestion des milieux naturels, sites et paysages ».
A titre indicatif, les crédits du FGMN s'élevaient à
40,3 millions d'euros en 2002, et à 41,5 millions d'euros en
2003.
Les réaménagements de la nomenclature qui accompagnent la
suppression de ce fonds ne contribuent pas à la lisibilité du
« bleu »
budgétaire, qui ne peut offrir cette
année, qu'une perception lacunaire de l'évolution des
crédits consacrés à la nature et aux paysages.
Votre rapporteur devra donc s'appuyer davantage sur les données
complémentaires fournies par le ministère.
Celles-ci donnent une présentation d'ensemble de l'utilisation des
crédits de l'agrégat 21 qui financent deux grandes actions :
- la constitution d'un réseau d'espaces
protégés ;
- le financement d'une politique contractuelle de préservation des
milieux naturels et de la diversité biologique.
1. L'extension et l'entretien d'un réseau d'espaces protégés
Selon
les données fournies par le ministère, les crédits
consacrés à l'entretien et à l'extension du réseau
d'espaces protégés par le projet de budget pour 2004
s'élèvent à 71,6 millions d'euros, en diminution de
8 % par rapport à 2003 et les autorisations de programme sont
ramenées de 37 à 34 millions d'euros.
Comme le montre le tableau suivant, les crédits de fonctionnement sont
à peu près préservés, mais les crédits
d'investissement sont en revanche lourdement diminués.
(en millions d'euros)
|
Réseau d'espaces protégés |
Rappel
|
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Evolution 2003/2004 |
|
Dépenses ordinaires (DO) |
46,24 |
46,49 |
45,77 |
- 2 % |
|
Crédits de paiement (CP) |
30,02 |
31,39 |
25,82 |
- 18 % |
|
DO + CP |
76,26 |
77,87 |
71,58 |
- 8 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
40,50 |
37,12 |
34,01 |
- 9 % |
(Source du ministère de l'écologie et du développement durable)
La
protection de ces espaces est assurée par le Conservatoire du littoral,
par les réserves naturelles nationales, par les parcs nationaux et par
la politique de protection des monuments naturels et des sites.
• Le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres
Le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres a
été créé par la loi du 10 juillet 1975 dont les
dispositions, maintenant codifiées aux articles L. 322-14 à
L. 322-14 du code de l'environnement, sont complétées par les
dispositions réglementaires de l'article R. 243 du code rural.
Etablissement public de l'Etat à caractère administratif, le
conservatoire a pour mission de mener, après avis des communes et en
partenariat avec les collectivités territoriales
intéressées, une
politique foncière de sauvegarde de
l'espace littoral
et de respect des sites naturels et de l'équilibre
écologique.
Le conservatoire intervient en procédant à des
acquisitions
foncières
dans les cantons côtiers et dans les communes
riveraines des mers, des océans et des plans d'eau intérieurs de
plus de 1000 hectares.
Le
patrimoine du conservatoire
couvre, au 1
er
juillet 2003,
508 sites et 68 208 hectares correspondant à
10 %
du linéaire côtier métropolitain.
L'activité du conservatoire a fluctué au cours de ces
dernières années, au gré des opportunités
d'acquisition qui se sont présentées.
L'année 2001
apparaît, de ce point de vue, comme une
année faste,
avec des acquisitions d'une surface totale de
3 414 hectares, supérieure de 63 % à celle de l'an
2000 et qui tiennent, notamment à l'achat de deux sites importants et
remarquables : les 900 hectares des Salins d'Hyères et les
500 hectares du Cap de Testa Ventilegne en Corse.
L'activité a été en revanche
moins soutenue en 2002
où les acquisitions n'ont porté que sur 1 867 hectares.
Cette situation tient à la fois à l'absence de grandes
opérations, et comme le reconnaît le rapport d'activité du
conservatoire, aux
« restrictions budgétaires qui ont
marqué le dernier trimestre 2002 »
, et ont contraint
l'établissement public à reporter certaines acquisitions.
Les principales acquisitions réalisées en 2002 ont porté
sur :
- la baie d'Aiguillon en Vendée (250 hectares) ;
- les dunes de Berck dans le Pas-de-Calais (192 hectares) ;
- le marais Vernier dans l'Eure (124 hectares) ;
- un segment du rivage du lac d'Annecy.
En outre une centaine d'hectares a été affectée à
titre gratuit au conservatoire à Mayotte, sur le site de la
Vasière des Badamiers.
Le conservatoire a également entrepris de poursuivre d'importants
travaux d'aménagement et de mise en valeur sur 170 sites. Les plus
importants ou les plus significatifs ont porté sur :
- le lancement de la réhabilitation des Salins d'Hyères
(500 000 euros) :
- l'achèvement du programme de restauration des dunes du Ricanto en
Corse (270 000 euros) ;
- l'achèvement des travaux de restauration des anciennes digues du
marais de Curnic dans le Finistère Nord (250 000 euros).
Il est à noter que ces dépenses ont été
assurées à plus de 60 % par des financements
européens, départementaux et régionaux.
Durant le
premier semestre 2003
, le conservatoire a acquis
639 hectares, dont plus de 200 sur l'estuaire de la Seine.
Le
budget primitif de l'exercice 2003
s'est élevé à
29,4 millions d'euros, soit un budget en légère diminution
par rapport au budget primitif de l'exercice précédent qui se
montait à 29,65 millions d'euros. Il est notamment
caractérisé par :
- l'inscription d'une mesure nouvelle de 218 000 euros au titre
de la subvention de fonctionnement, destinée en priorité à
la création de quatre postes budgétaires, dont un au titre de la
déprécarisation ;
- la diminution de 6 % du montant des subventions d'investissement en
autorisations de programme et crédits de paiement.
La dotation de l'Etat en section de fonctionnement représentait
7,46 millions d'euros pour un budget total de 9,48 millions d'euros.
En section d'investissement, elle s'élevait à 17,1 millions
d'euros sur une enveloppe globale de près de 20 millions d'euros.
Le
projet de budget pour 2004
permettra le quasi maintien des
subventions de fonctionnement du conservatoire, mais se traduit par une forte
contraction de ses subventions d'investissement qui diminuent de 21,5 % en
crédits de paiement et de 7 % en autorisations de programme.
ÉVOLUTION DES SUBVENTIONS VERSÉES PAR L'ÉTAT AU CONSERVATOIRE
(en milliers d'euros)
|
Conservatoire du littoral |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
DO (article 36-41-10) |
7 460 |
7 400 |
- 0,8 % |
|
CP (article 67-41-10) |
17 100 |
13 410 |
- 21,5 % |
|
DO + CP |
24 560 |
20 810 |
- 14,8 % |
|
AP (article 67-41-10) |
18 070 |
16 790 |
- 7 % |
(source : bleu budgétaire)
Cette diminution des capacités d'investissement du conservatoire serait inquiétante si elle devait se prolonger, particulièrement dans le contexte d'un renchérissement du foncier qui alourdit le coût des acquisitions réalisées par l'établissement.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS D'INVESTISSEMENT DISPONIBLES ( en milliers d'euros)
|
Année |
Gestion du chapitre 67-41-10 (CP) Conservatoire du littoral |
|
|
2002 |
LFI 2002 |
18 232 |
|
Reports |
1 982 |
|
|
Loi de finances rectificative |
- 2 870 |
|
|
Crédits disponibles |
17 344 |
|
|
Crédits mandatés |
16 303 |
|
|
Reports |
1 041 |
|
|
2003 |
LFI 2003 |
17 100 |
|
Reports |
1 041 |
|
|
Reports gelés |
- 1 041 |
|
|
Gels en cours |
- 756 |
|
|
Annulations |
- 1 844 |
|
|
Crédits disponibles |
14 500 |
|
|
Crédits mandatés au 31-10-2003 |
8 550 |
|
|
2004 |
PLF 2004 |
13 410 |
(source : ministère de l'écologie et du développement durable)
Lors de
son audition devant la commission, le 29 octobre dernier, la ministre de
l'écologie et du développement durable a cependant
confirmé en réponse à votre rapporteur pour avis, qu'elle
avait pris l'engagement, devant le président du conservatoire, de lui
donner les moyens de procéder à une acquisition exceptionnelle si
celle-ci se présentait.
Votre rapporteur se réjouit de cet engagement, mais espère
toutefois qu'une amélioration de la conjoncture budgétaire
permettra à l'avenir de relever les dotations du conservatoire à
un niveau plus adapté à la poursuite de l'objectif à long
terme qui lui a été fixé en 1995 d'acquérir la
maîtrise foncière de 200 000 hectares en bord de mer.
• Les réserves naturelles nationales
Les réserves nationales sont constituées de parties du territoire
d'une ou plusieurs communes qui, sur le fondement de l'article L. 332-1 du
code de l'environnement, sont classées par décret, pour assurer
la conservation d'éléments naturels d'intérêt
national, ou la mise en oeuvre d'une réglementation communautaire, ou
d'une obligation résultant d'une convention internationale.
La France compte, au mois d'août 2003, 154 réserves
naturelles protégeant près de 541 000 hectares ;
une trentaine de décrets comportant création de nouvelles
réserves ou extension des réserves existantes sont actuellement
en cours d'examen.
Quatre réserves ont été classées en 1999, trois en
2000, et une en 2001. En 2002, trois réserves ont été
créées (les Ballons Courtois, la Forêt d'Orient, et la
réserve de la Barrée en Seine-et-Marne).
L'année 2003 a vu la création de la réserve de l'archipel
de Riou dans les Bouches-du-Rhône. En outre, l'extension de la
réserve naturelle de l'estuaire de la Seine est susceptible d'aboutir
avant la fin de l'année.
Les
recettes des réserves naturelles
proviennent essentiellement
du
budget de l'Etat
, en conformité avec leur nature d'espaces
reconnus d'intérêt national, international ou communautaire.
Celui-ci prend en charge, en priorité, les dépenses liées
à la préservation du milieu et au rétablissement des
équilibres biologiques.
Les
collectivités locales
ou les organismes
intéressés sont, en revanche, systématiquement
associés aux dépenses liées à l'accueil de public
là où il est possible. Les crédits provenant des
collectivités locales (principalement des départements) ont
représenté en 2002 environ 27 % des recettes de
fonctionnement et 31 % des recettes d'investissement des réserves
naturelles.
Le
budget de fonctionnement
des réserves naturelles est
consacré en majeure partie -de l'ordre de 73 %- au financement des
salaires des personnels qui assurent les missions de protection, de gestion
écologique, d'animation ou d'étude.
Le
budget d'investissement
finance principalement les études
nécessaires à la préparation et à
l'évaluation des plans de gestion, l'achat d'équipement et de
matériels, et des travaux de génie écologique. Il ne sert
qu'exceptionnellement à l'achat de terrains.
ÉVOLUTION DES SUBVENTIONS VERSÉES
AUX
RÉSERVES NATURELLES NATIONALES
(en millions d'euros)
|
Réserves naturelles nationales |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
Dépenses ordinaires (DO) |
10,21 |
9,84 |
- 3,6 % |
|
Crédits de paiement (CP) |
1,73 |
1,73 |
0 % |
|
DO + CP |
11,93 |
11,56 |
- 3 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
2,74 |
2,14 |
- 22 % |
(source : ministère de l'écologie et du développement durable)
Le
projet de budget pour 2004 marque une érosion des subventions de
fonctionnement qui représentent la majeure partie des subventions
versées par l'Etat aux réserves naturelles.
Les crédits d'investissement sont maintenus en moyens de paiement mais
fortement réduits en moyens d'engagement.
• Les parcs nationaux
Le territoire de tout ou partie d'une ou plusieurs communes peut, sur le
fondement de l'article L. 331-1 du code de l'environnement, être
classé par décret en Conseil d'Etat, en parc national, lorsque la
conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, de
l'atmosphère, des eaux et, en général, d'un milieu naturel
présente un intérêt spécial et qu'il importe de le
préserver.
Le décret de classement peut également délimiter autour du
parc une zone périphérique dans laquelle les pouvoirs publics
peuvent prendre des mesures tendant à des réalisations d'ordre
social, économique et culturel.
Il existe actuellement 7 parcs nationaux d'une superficie globale de
près de 370 000 hectares en zone centrale et de plus de
900 000 hectares en zone périphérique.
LES SEPT PARCS NATIONAUX
|
Parcs nationaux |
Date de création |
Superficies |
|
|
Parc national de La Vanoise |
1963 |
52 839 ha en zone parc |
145 000 ha en zone périphérique |
|
Parc national de Port-Cros |
1963 |
694 ha de zones terrestres |
1 800 ha de superficie marine |
|
Parc national des Pyrénées |
1967 |
45 707 ha en zone parc |
206 352 ha en zone périphérique |
|
Parc national des Cévennes |
1970 |
91 279 ha en zone parc |
229 726 ha en zone périphérique |
|
Parc national des Ecrins |
1973 |
91 800 ha en zone parc |
178 200 ha en zone périphérique |
|
Parc national du Mercantour |
1979 |
68 500 ha en zone parc |
136 500 ha en zone périphérique |
|
Parc national de la Guadeloupe |
1989 |
17 300 ha en zone parc |
12 200 ha en zone parc |
Trois
projets de parc sont actuellement à l'étude :
- en mer d'Iroise ( 250 000 hectares) ;
- à la Réunion (107 000 hectares) ;
- en Guyane (1,8 million d'hectares).
D'après les indicateurs de résultats annexés au
« bleu » budgétaire, le nombre d'hectares
protégés dans les zones centrales des parcs devrait passer de
376 000 hectares pour la période 2000-2003 à
622 000 hectares en 2004 et à 2,6 millions d'hectares en
2006.
Il semble toutefois que la prévision de 2004 soit un peu optimiste, car
comme l'indiquait la ministre devant la commission, le 29 octobre dernier, les
projets de création de nouveaux parcs sont encore en phase de
concertation, et ne devraient pas aboutir avant la fin de l'année.
Votre rapporteur relève en outre que l'objectif assigné par le
bleu 2004 à l'année 2006 (2,6 millions d'hectares) est
inférieur à l'objectif inscrit dans le bleu 2003 pour
l'année 2005 (3,5 millions d'hectares).
ÉVOLUTION DES SUBVENTIONS INSCRITES EN LOI DE FINANCES
INITIALE POUR 2003 ET DANS LE PROJET DE LOI DE FINANCES POUR
2004
DESTINÉES AUX PARCS NATIONAUX
(en milliers d'euros)
|
Parcs nationaux |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
DO article 36-41-20 |
26 530 |
26 300 |
- 0,86 % |
|
CP article 67-41-20 |
7 800 |
6 370 |
- 18,3 % |
|
DO + CP |
34 330 |
32 670 |
- 4,8 % |
|
AP article 67-41-20 |
7 900 |
7 340 |
- 7 % |
(source : bleu budgétaire)
Les subventions de fonctionnement inscrites au projet de budget pour 2004
enregistrent un discret tassement mais les crédits d'investissement
subissent une contraction très significative. En pratique, ces derniers
sont reconduits à un niveau comparable à celui des crédits
effectivement disponibles en 2003, compte tenu des gels et des annulations de
crédits.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS DISPONIBLES
(en milliers d'euros)
|
Année |
Gestion du chapitre 67-41-20 (CP) Parcs nationaux |
|
|
2002 |
LFI 2002 |
7 775 |
|
Reports |
1 464 |
|
|
Loi de finances rectificative |
- 172 |
|
|
Dotation disponible en 2002 |
9 067 |
|
|
Crédits mandatés |
8 116 |
|
|
Reports |
951 |
|
|
2003 |
LFI 2003 |
7 800 |
|
Reports |
951 |
|
|
Reports gelés |
- 951 |
|
|
Gels en cours |
- 323 |
|
|
Annulations |
- 787 |
|
|
Dotation disponible en 2003 |
6 690 |
|
|
Crédits mandatés au 31-06-2003 |
2 077 |
|
|
2004 |
PLF 2004 |
6 370 |
(source : ministère de l'écologie et du
développement durable)
• La protection et la réhabilitation des sites et paysages
La protection des monuments naturels et des sites est un élément
essentiel de la politique générale de protection des paysages.
Mise en oeuvre dans le cadre des articles L. 341-1 et L. 342-1 du
code de l'environnement, elle conduit à l'inscription ou au classement
des sites remarquables :
- le
classement
d'un site génère une protection
forte, dont l'objectif est la conservation et la préservation du site
dans l'état où il se trouve au moment du classement ;
à ce titre, toute modification de l'aspect ou de l'état du site
est soumise à l'autorisation préalable du ministre chargé
des sites, ou pour les travaux mineurs, du préfet du
département ;
-
l'inscription
est en revanche une servitude légère
de conservation par laquelle l'administration locale veille à la
qualité de l'évolution du site : l'avis qu'elle donne sur
l'aspect ou la modification de son état est un avis simple.
On compte à ce jour 5 100 sites inscrits et 2 700 sites
classés.
En outre, les « opérations grand site » permettent,
grâce à un partenariat entre l'Etat et les collectivités
territoriales, la réhabilitation et la mise en valeur des sites de
grande notoriété, classés mais menacés notamment du
fait de l'afflux touristique.
Le programme d'action de réhabilitation proposé par un
comité de pilotage comprenant les représentants des
collectivités territoriales, les services déconcentrés et,
le cas échéant, les principaux acteurs économiques ou
associatifs intéressés, fait l'objet d'une convention entre
l'Etat et les partenaires locaux.
Dans le cadre de ces opérations partenariales, la part de l'Etat est
variable et peut atteindre au maximum 50 % du total des études et
travaux. Ces opérations sont en outre éligibles aux financements
européens.
Actuellement, 36 opérations « grand site » sont en
cours d'étude ou de réalisation.
De 1989 à 2002, le ministère chargé de l'équipement
puis celui chargé de l'écologie ont financé 44
opérations en études pour un montant global de 900 000
euros, et 21 opérations en travaux pour un montant de 12 millions
d'euros.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS CONSACRÉS AUX SITES ET PAYSAGES
(en millions d'euros)
|
Sites et paysages |
Rappel LFI 2002 |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
Dépenses ordinaires (DO) |
1,53 |
1,15 |
0,97 |
- 15,6 % |
|
Crédits de paiement (CP) |
2,26 |
3,38 |
2,95 |
- 12,7 % |
|
DO + CP |
3,79 |
4,53 |
3,92 |
- 13,4 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
7,38 |
7,23 |
6,75 |
- 6,6 % |
(Source ministère de l'écologie et du développement durable)
Les subventions de fonctionnement consacrées aux sites et paysages subissent une nouvelle diminution en 2004. Toutefois les subventions de fonctionnement, malgré une baisse significative, restent à un niveau supérieur à celui de 2002, compte tenu de la très forte augmentation (+ 50 %) qu'ils avaient enregistrée en 2003.
2. La conservation, la gestion, et le suivi de la diversité biologique et paysagère
Selon
les données fournies par le ministère, les crédits
consacrés à la conservation, la gestion et le suivi de la
diversité biologique et paysagère dans le projet de budget pour
2004 s'élèvent à plus 37 millions d'euros en
diminution de 13 %.
Comme le montre le tableau suivant, les
subventions d'investissement
enregistrent à nouveau en 2004, sous l'impulsion du programme
Natura 2000, une progression significative ; en revanche, les
subventions de fonctionnement
font l'objet d'une contraction sensible.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS
CONSACRÉS
À
LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ET PAYSAGÈRE
(en millions d'euros)
|
Diversité biologique et paysagère |
LFI 2002 |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
Dépenses ordinaires (DO) |
35,35 |
32,90 |
26,83 |
- 18,4 % |
|
Crédits de paiement (CP) |
6,73 |
9,90 |
10,30 |
+ 4 % |
|
DO + CP |
42,08 |
42,80 |
37,13 |
- 13,2 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
18,51 |
15,25 |
12,49 |
- 18,1 % |
(Source ministère de l'écologie et du développement durable)
• La mise en oeuvre du réseau Natura 2000
L'ordonnance n° 2001-321 du 11 avril 2001 et ses décrets
d'application ont transposé en droit interne la directive
« Habitats » et la France doit procéder maintenant
à l'achèvement de la transmission à la Commission
européenne, de la liste de sites susceptibles d'être reconnus
d'importance communautaire.
Le retard pris par la France en ce domaine lui a valu d'être, à
deux reprises, en 1999 puis en septembre 2001, condamnée par la Cour de
justice des communautés européennes.
Depuis la fourniture de l'état des transmissions au 31 juillet 2002, la
contribution française a fait l'objet de transmissions
complémentaires. Au 1
er
septembre 2003, la liste des
propositions comporte 1 202 sites couvrant une superficie d'un peu plus de
4 millions d'hectares, soit 7,6 % du territoire.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS
CONSACRÉS
À
NATURA 2000
(en millions d'euros)
|
Natura 2000 |
LFI 2003 |
PLF 2004 |
Évolution en % |
|
Dépenses ordinaires (DO) |
14,52 |
11,62 |
- 20 % |
|
Crédits de paiement (CP) |
5,29 |
6,22 |
+ 18 % |
|
DO + CP |
19,81 |
17,84 |
- 10 % |
|
Autorisations de programme (AP) |
9,20 |
7,36 |
- 20 % |
(Source ministère de l'écologie et du développement durable)
Le
projet de budget pour 2004 consacre près de 18 millions d'euros
à la mise en place et à la gestion du réseau. Le
ministère indique que ces moyens correspondent aux besoins
nécessaires à l'animation des sites, à l'achèvement
des 700 documents d'objectifs en cours, ainsi qu'à leur mise en
oeuvre par des contrats Natura 2000.
Les crédits consacrés aux contrats Natura 2000 seront, en outre,
complétés par des crédits du FEOGA-Garantie
accordés par l'Union européenne dans le cadre du Plan de
développement rural national (PDRN) par les
fonds structurels
européens
, ainsi que par les
fonds LIFE
sur des projets
ponctuels de gestion.
Lors du précédent Conseil européen, la France s'est
d'ailleurs prononcée en faveur d'un meilleur ciblage des fonds LIFE sur
la gestion du réseau Natura 2000.
• Les parcs naturels régionaux
Les parcs naturels régionaux concourent, conformément à
l'article L. 244-1 du code rural, à la politique de protection
de l'environnement, d'aménagement du territoire, de développement
économique et social, d'éducation et de formation du public.
Ils constituent un cadre privilégié pour les actions
menées par les collectivités publiques en faveur de la
préservation des paysages du patrimoine naturel et culturel.
Les orientations de la protection de la mise en valeur du territoire du parc
sont déterminées par une
« charte de
parc »
élaborée par la région avec l'accord
de l'ensemble des collectivités territoriales concernées et en
concertation avec les partenaires intéressés. Elle est
adoptée par décret portant
classement
en parc naturel
régional pour une
durée maximale de dix ans.
Les parcs naturels régionaux sont aujourd'hui au nombre de 40 et
couvrent
12 % du territoire national.
Le budget de fonctionnement moyen d'un parc naturel régional est de
l'ordre de 1,2 à 1,7 million d'euros. Le ministère
évalue ainsi la répartition moyenne de ces
financements :
|
Région |
40 % |
|
Autres collectivités |
30 % |
|
Ministère de l'écologie et du développement durable |
10 % |
|
Divers |
20 % |
L'évolution des contributions apportées par le ministère aux parcs naturels régionaux est récapitulée dans le tableau suivant qui, par-delà certaines fluctuations, traduit une certaine stabilité de l'effort de l'Etat sur le moyen terme.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS
CONSACRÉS AUX
PARCS NATURELS RÉGIONAUX
(en millions d'euros)