C. AMÉLIORER LA COMPÉTITIVITÉ DE LA FLOTTE DE COMMERCE

Votre rapporteur pour avis a évoqué précédemment, dans leur principe, les différents dispositifs mis en oeuvre ces dernières années pour alléger les charges pesant sur l'armement français et favoriser sa compétitivité dans un contexte de concurrence mondiale qui s'accentue. Aussi se bornera-t-il ici à en indiquer les conséquences budgétaires pour 2004 .

Il relèvera toutefois à titre liminaire que, sous réserve d'études plus approfondies, les effets de ces politiques ne semblent au mieux que permettre un ralentissement de l'affaiblissement progressif de la flotte nationale qui, comme l'indique le tableau suivant, ne cesse, d'année en année, de perdre des bâtiments (les capacités de transport étant maintenues en raison des mouvements de flotte de navire « géants » de type « very large crude carrier » ).

Dès lors, comme en 2002 , la France a encore cette année abandonné du terrain dans la compétition internationale, n'occupant plus, en ce qui concerne le tonnage de la flotte de commerce , que le 29 ème rang mondial , et perdant ainsi quatre places par rapport à l'an dernier.

LA FLOTTE SOUS PAVILLON FRANÇAIS

Registre

Au 1 er janvier 2002

Au 1 er juillet 2003

Navires

%

Capacité

%

Navires

%

Capacité

%

Total

214

 

6 284 784

 

205

 

6 465 195

 

Métropolitain et DOM

73

34,1

297 346

4,7

73

35,6

306 433

4,7

TAAF

99

46,3

5 826 715

92,7

91

44,4

6 116 305

94,6

Polynésie française

28

13,1

21 782

0,3

28

13,7

25 159

0,4

Wallis-et-Futuna

9

4,2

134 389

2,1

6

2,9

12 730

0,2

Nouvelle-Calédonie

5

2,3

4 552

0,1

7

3,4

4 568

0,1

Les capacités de transport sont exprimées en tonnes de port en lourd (TPL)

Il est vrai que les causes de dette dégradation sont connues. Selon une étude de la Commission européenne publiée en avril 2002 et portant sur les années 1999-2000, le coût du registre métropolitain est bien le plus élevé des registres de l'Espace économique européen, malgré les divers remboursements ou exonérations par l'Etat des charges fiscales et sociales des armateurs français. Quant au pavillon des TAAF, il est non seulement le plus coûteux des autres seconds registres européens, mais également que certains pavillons principaux des Etats membres de l'Union.

Il n'est donc pas étonnant que de nombreux bâtiments sortent de la flotte nationale pour battre pavillon étranger . Entre le 1 er janvier 2002 et le 30 juin 2003, pas moins de 12 navires , représentant plus d'1 M TPL, ont abandonné le pavillon français, mis fin à leur francisation provisoire ou l'ont gelée pour des registres moins coûteux (Panama, Libéria, Malte, Grèce, Italie ...).

C'est dire l'importance stratégique que pourrait représenter l'adoption de la proposition de loi de notre collègue Henri de Richemont relative au registre international français, qui donnerait enfin à notre pays un pavillon bis compétitif capable de relancer la flotte nationale .

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