B. UN TRANSFERT DE RESPONSABILITÉS ?

Les ports ayant répondu au questionnaire adressé par votre rapporteur pour avis ont évoqué trois possibilités pour réduire les incertitudes en matière de responsabilité dans la lutte contre les sinistres dans les ports.

Pour certains, il convient de réaffirmer la compétence générale de l'autorité municipale . Pour d'autres, cette compétence doit être transférée à l'Etat à l'instar de ce qui existe pour les aéroports . Pour les derniers enfin, c'est à l' autorité portuaire d'assumer ses responsabilités en la matière . A ces suggestions peut être ajoutée une quatrième hypothèse, puisque le processus de décentralisation des ports d'intérêt national peut ouvrir aux départements et aux régions le bénéfice du transfert de la compétence de police générale dans les ports, aujourd'hui détenue par le maire.

1. La réaffirmation de l'autorité municipale

Il s'agirait là, en privilégiant la continuité juridique, de permettre une meilleure implication des maires dans les actions de police et de lutte contre les sinistres dans les ports .

Cette solution exigerait une refonte de nombreux textes , en particulier l'arrêté du 31 août 1966, mais aussi certaines parties du CPM, qui évoquent avant tout les officiers de port et laissent très largement de côté les autorités municipales. Elle nécessiterait surtout que les municipalités puissent se doter des moyens matériels et administratifs d'exercice de cette compétence , en collaboration avec les SDIS.

a) Des avantages indéniables

Cette hypothèse présente de nombreux avantages :

- les maires connaissant bien les réalités de terrain de leurs communes, ils sont les mieux à même de pratiquer une gestion de proximité ;

- ils ont une expérience significative de la lutte contre l'incendie ;

- cette solution privilégie la cohérence de l'ensemble territorial constitué par une commune, dont le développement économique et social peut être largement influencé par le port.

b) Des obstacles divers

Néanmoins, la compétence municipale se heurte à divers obstacles :

- elle est consommatrice de temps et de moyens : la lutte contre les sinistres en milieu portuaire a une spécificité qui implique une spécialisation et une forte implication des services concernés ;

- elle peut être à l'origine d'une recherche en responsabilité lourde et coûteuse à assumer pour une municipalité ;

- elle ne semble plus correspondre à la logique d'organisation des secours progressivement mise en place depuis la loi n° 96-369 du 3 mai 1996 relatif aux services d'incendie et de secours, qui s'est notamment traduite par une départementalisation desdits secours et qu'a confirmée la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité ;

- de nombreux ports sont en fait installés sur plusieurs communes ce qui exigerait, en tout logique, une prise en compte intercommunale , peut-être délicate à organiser en la matière.

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