4. La décentralisation en cours des ports d'intérêt national offre l'occasion de créer des blocs de compétence cohérents

A compter de 2006, la totalité des ports d'intérêt national devrait être décentralisée. Selon les circonstances locales et les voeux des parties, la collectivité bénéficiaire sera soit la région, soit le département, voire la commune, même si la logique voudrait, selon l'organisation nouvelle retenue dans le CPM, que le transfert des ports de commerce se fasse au bénéfice des régions et que celui des ports de pêche concerne les départements.

Dans cette hypothèse, votre rapporteur pour avis s'interroge sur l'opportunité de créer un bloc de compétence complet au profit des autorités décentralisées concernées . Elle se traduirait par le transfert des compétences générales en matière de lutte contre les sinistres :

- aux communes pour les ports communaux ;

- aux départements pour les futurs ports départementaux ;

- aux régions pour les futurs ports régionaux ;

- aux groupements de collectivités territoriales pour ceux des ports qui leurs seront transférés ;

- aux autorités portuaires ou à l'Etat pour les ports autonomes.

Cette solution aurait le mérite de la cohérence et de la logique , notamment en faisant correspondre détenteurs des pouvoirs de police générale et de police spéciale . Par ailleurs, elle serait vraisemblablement bien adaptée aux différences de tailles et de moyens des ports maritimes . En outre, les principaux bénéficiaires de ce transfert, à savoir les régions et les départements, sont tout à la fois financièrement et administrativement armés pour prendre en charge cette compétence, et ont un champ territorial qui correspond bien à la problématique supra-communale de la sécurité dans les ports importants .

Il est vrai cependant que, comme d'autres hypothèses évoquées précédemment, elle induirait un accroissement de la charge financière pesant sur les collectivités bénéficiaires du transfert . Elle impliquerait, par ailleurs, une clarification du rôle des SDIS dans les ports . A cet égard, la meilleure solution serait vraisemblablement que la collectivité locale compétente et le SDIS fixent, par convention , les moyens et méthodes de la lutte contre les sinistres .

Cependant, cette option se heurte au fait que le dispositif de transfert prévu par le Gouvernement dans le projet de loi relatif aux responsabilités locales a prévu le maintien des compétences de police spéciale de l'Etat dans les ports dont l'activité dominante est le commerce ou qui accueillent des matières dangereuses . En d'autres termes, contrairement à la réforme de 1983, la police spéciale dans certains des nouveaux ports décentralisés restera du ressort de l'Etat. Ce choix rend ainsi encore plus complexe la situation actuelle en permettant la coexistence de deux types de ports décentralisés :

- les ports dont la police spéciale relève de l'autorité décentralisée (ports décentralisés sous l'empire de la réforme de 1983 et ports, décentralisés sous celui du projet en cours, dont l'activité dominante n'est pas le commerce ou qui n'accueillent pas des matières dangereuses) ;

- les ports dont la police spéciale resterait de la compétence de l'Etat (autres ports décentralisés sous l'empire de la réforme en cours).

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