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Projet de loi de finances pour 2008 : Outre-mer

 

2. Les progrès de l'exploitation du nickel

a) Le Projet de Goro Nickel (province Sud)

Le projet conduit par la société Goro Nickel dans la province Sud associe les trois provinces à travers la Société de Participations Minières du Sud Calédonien (SPMSC), dont la Province Sud possède 50 %. Le coût total du projet a été réévalué à 3,5 milliards de dollars en 2007 et sa poursuite approuvée par CVRD (Companhia Vale do Rio Doce), opérateur minier brésilien dont Goro Nickel est devenue une filiale à 69 %.

L'Etat a accordé en 2004 le bénéfice de la défiscalisation au projet de l'usine de traitement du nickel ainsi qu'à la construction de la centrale électrique de Prony Energies, nécessaire au fonctionnement du projet industriel. La phase de réalisation, suspendue de fin 2002 à fin 2004 a repris en 2005.

L'usine devrait être opérationnelle à la fin 2008 ou début 2009. Elle produira 60 000 tonnes de nickel et 5 000 tonnes de cobalt par an. Environ 4 500 personnes sont actuellement employées sur le site de Goro. L'apogée de ce chantier est désormais atteinte. Les effectifs devraient progressivement décroître pour atteindre leur rythme de croisière courant 2008.

L'annulation l'an dernier de l'arrêté de la province Sud, au titre des installations classées pour l'environnement (ICPE) de Goro Nickel, n'a pas eu d'incidence. Goro Nickel a déposé au premier semestre 2007 une nouvelle demande de permis ICPE en cours d'examen. Les incertitudes environnementales ont été progressivement levées par des expertises menées en 2006 et 2007. Les nouvelles enquêtes publiques auront lieu à l'automne 2007 sous l'autorité de la province Sud, compétente en matière d'environnement.

La centrale de Prony Energies qui doit alimenter le complexe industriel en électricité devrait entrer en fonctionnement en avril 2008. La première tranche de 50 mégawatts viendra compléter les moyens de production électrique de la Nouvelle-Calédonie pour faire face à la croissance de la demande. La seconde est destinée aux besoins de l'usine de Goro Nickel.

L'association Comité Rheebu Nuu29(*), après une opposition frontale à l'usine du Sud, entend désormais exercer une étroite vigilance, afin de construire « une usine respectueuse de l'environnement naturel et humain »30(*). Constatant « la réalité d'une usine qui s'est imposée sur nos terres du sud malgré notre farouche opposition », le Comité souhaite que le « savoir autochtone soit mis à contribution » pour la préservation de la faune et de la flore terrestres et marines Aussi souhaite-t-il être associé aux structures de contrôle du respect de l'environnement.

* 29 L'association Comité Rheebu Nuu a pour objet, dans le contexte de « l'ère nouvelle » ouverte par la construction de l'usine de Goro-Nickel et « pour atténuer les effets des contraintes de ce grand projet », « de représenter les intérêts de la population sur les questions d'environnement, d'aménagement, d'intégration économique, d'emploi et de respect du patrimoine historique et naturel kanak ». Les statuts de l'association, datant du 13 mai 2001, prévoient qu'elle s'attache en particulier à assurer une mise en oeuvre des normes du droit de l'environnement et du droit de l'urbanisme dans le cadre du projet de mine et d'usine de traitement de nickel et de cobalt de la société Goro-Nickel.

* 30 Déclaration de M. Raphaël Mapou, leader du Comité Rheebu Nuu, citée par Les Nouvelles calédoniennes du 17 novembre 2007.