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Projet de loi de finances de finances pour 2015 : Écologie, développement et mobilité durables : transports maritimes

20 novembre 2014 : Budget 2015 - Écologie, développement et mobilité durables : transports maritimes ( avis - première lecture )

B. LE CYCLE DE RÉFORMES COMMENCE TIMIDEMENT À PORTER SES FRUITS

Face à cette situation, les années 2008 à 2013 ont été un temps de réforme pour les grands ports français de métropole et d'outre-mer : il s'agissait de leur donner davantage d'autonomie en les transformant en établissements publics, d'adapter leur gouvernance et de les rendre aptes à répondre aux défis du transport maritime international.

Malheureusement, cette dynamique ne s'est pas traduite dans les chiffres : à ce jour, l'impact positif de la réforme sur la productivité à quai n'est pas flagrant et le tonnage des marchandises a connu une évolution défavorable jusqu'en 2011. L'effet conjugué de la crise économique et de la réforme portuaire (grèves, baisses de trafic) a constitué un choc négatif de grande ampleur pour nos ports. Néanmoins, depuis 2012, des signes positifs sont à noter en termes de productivité et de trafic (+5,8 % pour les conteneurs).

Au premier semestre 2014, l'activité fret de l'ensemble des ports français reste pénalisée, comme en 2013, par la baisse des trafics pétroliers. Cependant, en excluant ce phénomène, la croissance du trafic maritime français est globalement comparable à celle de l'ensemble des principaux ports étrangers7(*).

Évolution du trafic dans les grands ports maritimes métropolitains
(en millions de tonnes)

Données : DGITM

Évolution du trafic dans les grands ports maritimes d'outre-mer
(en millions de tonnes)

Données : DGITM

Plus précisément, pour la façade Manche et mer du Nord, l'ensemble des ports français est plus dynamique que l'ensemble des ports étrangers sur le trafic des solides en vrac (+6,7 % contre +5,7 %) et des marchandises diverses (+5,3 % contre +3,9 %). Ce dynamisme est essentiellement dû au trafic des rouliers (+7,4 %) porté par les ports de Dunkerque (+13,8 %) et de Calais (+5,8 %). Mais au recul du trafic des produits pétroliers (-5,0 %) s'ajoute un moindre trafic de conteneurs en France (+0,9 %) qu'à l'étranger (+3,3 %). Le phénomène est surtout sensible au Havre (-0,4 %) par opposition à ce que l'on constate à Rotterdam (+1,9 %), Anvers (+2,9 %), Zeebrugge (+9,9 %) et Hambourg (+6,8 %). Globalement, le niveau de l'activité des trafics de fret dans les ports français de la Manche et mer du Nord pris dans leur ensemble (+2,3 %), est néanmoins équivalent à ce que réalise l'ensemble concurrent (+2,8 %) au premier semestre 2014.

En ce qui concerne la façade atlantique, le trafic fret de l'ensemble des ports français recule au premier semestre 2014 de 6 % alors qu'il progresse de 2,4 % pour l'ensemble des autres ports européens de cette zone géographique. Seul point positif, le volume des marchandises liquides augmente de 3,3 % alors qu'il se contracte de 6,7 % pour l'ensemble des ports étrangers. Tous les autres trafics sont négativement orientés pour l'ensemble français et progressent à l'étranger : -16,4 % pour le trafic français des marchandises solides en vrac (contre +9,1 % pour nos concurrents), -13,4 % pour le trafic de marchandises diverses (contre +7,7 %), -5,3 % pour le trafic des conteneurs (contre +5,5 %).

Enfin, en Méditerranée, le port de Marseille enregistre au premier semestre 2014, une croissance du trafic de conteneurs supérieure (+6,7 %) à celle des ports concurrents de la zone (+5,2 %). Le constat est identique pour les solides en vrac (+7,6 % contre +1,1 % pour les concurrents), le port phocéen bénéficiant notamment des importations de minerai de fer pour la sidérurgie, de coke de houille sur le terminal Carfos, de charbon pour la centrale thermique de Gardanne, mais aussi des exportations de blé et de produits chimiques. En revanche, le trafic des produits pétroliers recule fortement à Marseille (-12,6 %), conséquence de la baisse des importations de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), alors que l'ensemble des ports européens de Méditerranée accroît son trafic de produits pétroliers (+4,3 %).


* 7 Ports européens non français, au nombre de trente-trois, pour lesquels les autorités portuaires correspondantes ont communiqué leurs trafics fret de janvier à juin 2014 : Aarhus (DK), Algeciras (ES), Amsterdam (NL), Antwerp (BE), Barcelona (ES), Bilbao (ES), Bremen Bremerhaven (DE), Dublin (IE), Ferrol (ES), Fredericia (Og Shell-Havnen) (DK), Gdansk (PL), Genova (IT), Ghent (BE), Hamburg (DE), Helsinki (FI), La Coruña (ES), Las Palmas (ES), La Spezia (IT), Leixões (PT), Lemesos (CY), Lisboa (PT), Livorno (IT), London (GB), Oslo (NO), Riga (LV), Rostock (DE), Rotterdam (NL), Santa Cruz de Tenerife (ES), Setúbal (PT), Sines (PT), Thessaloniki (GR), Valencia (ES), Zeebrugge (BE).