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Projet de loi de finances pour 2020 : Avances à l'audiovisuel public : France Médias Monde et TV5 Monde

21 novembre 2019 : Budget 2020 - Avances à l'audiovisuel public : France Médias Monde et TV5 Monde ( avis - première lecture )

C. UNE EXÉCUTION CONTRARIÉE PAR LA CONTRAINTE BUDGÉTAIRE IMPOSÉE DEPUIS 2018

FMM continue à bénéficier du socle de son implantation ancienne dans le domaine radiophonique (RFI et MCD) ou plus récente dans le domaine de la télévision (France 24). Elle a engrangé les résultats consécutifs à la croissance de ses ressources lors du lancement du COM qui lui ont permis de développer sa diffusion, de s'engager résolument et avec succès dans les environnements numériques et d'améliorer la qualité de ces programmes. Ce développement peut se mesurer encore dans les résultats d'exécution du COM et notamment d'audience et de notoriété.

Les contraintes budgétaires et le renforcement de la concurrence vont nécessairement freiner cet élan. Même si les résultats n'en seront pas affectés immédiatement, ils le seront à terme qu'il s'agisse de reculs d'audience ou de notoriété, ou de pertes d'opportunités.

1. Des résultats positifs engrangés

FMM a engrangé les résultats consécutifs à la croissance de ses ressources lors du lancement du COM.

a) Consolidation des offres de programmes et développement de nouveaux contenus

Le groupe France Médias Monde regroupe France 24, chaîne d'information en continu quadrilingue (français, anglais, arabe 24 h/24 et espagnol 6 h/24 depuis septembre 2017) RFI, radio internationale en français et en treize autres langues et Monte Carlo Doualiya (MCD), radio universaliste en langue arabe émet mondialement, à destination des 5 continents. Outre les antennes linéaires TV et radio, le groupe déploie une large offre numérique.

Forte de ses antennes en français (Afrique et Monde) et de désormais 14 langues étrangères de diffusion7(*), la chaîne a poursuivi sa stratégie éditoriale globale d'enrichissement de ses contenus en langues étrangères8(*), notamment dans le cadre de sa collaboration au lancement de la version hispanophone de France 24, et de développement de la programmation de RFI Afrique, grille spécifiquement dédiée au continent.

(1) RFI s'enrichit de nouvelles langues de diffusion en Afrique de l'Ouest

Le développement des antennes en langues étrangères de RFI est un axe stratégique pour l'entreprise et l'enjeu ces dernières années a été d'accroître leur notoriété et leur audience en valorisant leur contenu, et en les adaptant aux zones de diffusion et aux usages d'écoute des populations concernées sur les supports adéquats et dans les langues pertinentes. Entamée en 2013, la stratégie de transformation numérique des rédactions en langues étrangères de RFI est un succès d'audience, puisque le nombre de visites a été multiplié par 4,5 depuis 2012 et atteint en 2018, 6,4 millions de visites mensuelles.

Une priorité de développement des langues transnationales d'Afrique de l'Ouest

RFI a ouvert à Dakar, en octobre 2019, une rédaction en mandingue et en fulfude, deux idiomes parlés par 80 millions d'individus en Afrique de l'Ouest.

RFI émet en mandingue (6 h/semaine) depuis son siège parisien depuis 2015, mais ce projet prend une nouvelle dimension avec l'installation des équipes à Dakar. Ce projet s'est enrichi depuis le printemps 2019 d'un magazine hebdomadaire en fulfude (1 h/semaine), la langue des ethnies peules, elle aussi pratiquée par 40 millions de locuteurs dans la bande sahélienne. La rédaction en mandingue compte 8 journalistes, 2 techniciens et un réseau de 8 correspondants ; 2 journalistes et 4 correspondants ont en charge la rédaction en peul.

Les programmes en mandingue sont diffusés en décrochage de l'antenne en français sur certaines FM de RFI au Burkina Fasso, en Côte d'Ivoire, en Guinée, en Gambie, au Libéria, au Mali, au Sénégal et en Sierra Léone. Les magazines en peuls sont diffusés en FM au Burkina Faso, au Cameroun, en Guinée, au Mali, au Niger et au Sénégal. Ces émissions sont également disponibles dans toute la région, en ondes courtes, via le réseau des radios partenaires de RFI sur tout le continent et mondialement via les environnements numériques.

Cette diffusion vient compléter l'antenne en haoussa (14 h/semaine), une des principales langues d'Afrique de l'Ouest lancée en 2007 et en kiswahili, parlée dans la région des Grands Lacs et sur la côte est du continent africain.

Émettre dans des langues locales permet de capter des populations larges qui sont peu à l'aise avec le français, mais deviendront peut-être de plus en plus influentes politiquement. La portée politique du projet est assumée. Les contenus en mandingue et en fulfude ciblent la bande sahélienne où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader avec la multiplication des conflits interethniques et la montée en puissance de groupes terroristes. Dans ces zones tendues qui subissent une radicalisation de l'information, RFI donne accès à un journalisme libre et équilibré.

En contrepartie, elle a fait évoluer son offre de programme en anglais en grande partie basculée sur les environnements numériques (voir infra p.27).

(2) La consolidation de France 24 en espagnol

En septembre 2017, France 24 a lancé une version en langue espagnole (6 heures/jour), s'adressant ainsi aux téléspectateurs hispanophones d'Amérique latine et du reste du monde, objectif inscrit dans le COM 2016-2020.

L'organisation prévoit une rédaction composée d'une équipe multinationale latino-américaine, comptant 40 ETP. Le coût global en année pleine de l'offre de France 24 en espagnol s'est élevé en 2018 à 6,37 M€, dont 5,36 M€ au titre du coût des offres de contenus linéaires et numériques et 1,01 M€ au titre des coûts de distribution, marketing et communication.

L'offre éditoriale a continué de s'enrichir en 20189(*) mais dans le cadre d'une enveloppe réduite de 0,5 M€ par rapport aux prévisions du COM.

La chaîne est distribuée dans 17 des 19 pays et territoires hispanophones de la région, contre seulement une dizaine fin 201710(*), ce qui lui permet une progression rapide de son audience et de sa notoriété (voir infra p.21 et 23).

Outre l'intérêt des câblo-opérateurs pour cette nouvelle offre d'information internationale, le lancement de France 24 en espagnol a également donné lieu à la signature d'importants accords de coopération avec des médias latino-américains majeurs permettant la reprise partielle ou totale de son programme en espagnol et en français.

La montée en puissance du volume de diffusion en espagnol serait un atout considérable pour ancrer la chaîne dans le paysage audiovisuel latino-américain à l'instar de ses concurrentes11(*) qui diffusent 24 h/24 depuis plusieurs années. Cette possibilité n'est malheureusement pas accessible à FMM dans son enveloppe actuelle de ressources.

(3) Le renforcement de l'offre numérique

FMM poursuit sa stratégie d'hyper-distribution numérique, adaptée à la spécificité de médias de service public plurilingues à vocation mondiale par le développement de sa présence numérique dans les canaux de diffusion sur les environnements extérieurs, que ce soit les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube...), les sites partenaires, les applications et agrégateurs de contenus, afin de toucher rapidement et à moindre coûts, les audiences les plus larges possibles12(*). Face à la volatilité des audiences issues des plateformes et aux risques liés à la prédominance de grandes plateformes notamment aux modifications d'algorithmes de certains réseaux sociaux, elle a démarré, dès 2017, de grands chantiers de refonte de ses environnements propres (sites, applications mobiles) pour construire une offre forte qui puisse fidéliser le public.

Concernant les productions éditoriales, l'ensemble des équipes concernées travaille au déploiement de formats adaptés aux nouveaux modes de consommation de l'information et recherche également l'innovation dans ses modalités de distribution (avec un fort investissement sur la vidéo mobile). Elle implique également des réformes structurelles pour permettre aux journalistes de travailler sur l'ensemble des supports de diffusion existant (France 24).

En revanche, l'objectif de monétisation est rendu plus difficile par l'évolution des réglementations (RGPD) et la captation de l'essentiel des revenus publicitaires par les GAFA.

Quelques projets exemplaires

FMM continue à soutenir son engagement en faveur des offres d'internet citoyens, au travers de différents projets :

· lancé en mars 2017, « InfoMigrants » porté par FMM, la Deutsche Welle, et l'ANSA, financé par l'Union européenne, a pour objectif de faciliter l'accès à une information vérifiée et fiable en plusieurs langues (français, arabe, anglais) pour les migrants et les réfugiés. En 2018, l'offre a été étendue à deux nouvelles langues afghanes (le dari et la pachtoune). Le public qu'il cible est très difficile à atteindre et fragmenté mais InfoMigrants a réussi à dépasser son objectif d'audience en 2018 avec 5 millions de contacts mensuels en 2018 sur tous ses environnements (site et réseaux sociaux). Fort de ce succès, FMM porte avec la DW le projet ENTER : une offre numérique européenne plurilingue d'information et d'actualité pour les jeunes.

· « les Observateurs », plateforme collaborative de France 24 entièrement réalisée à partir de contenus amateurs, décryptés et analysés par une équipe dédiée, sont désormais devenus une référence dans la chasse aux fausses nouvelles et leur déconstruction.

· depuis 2018, FMM participe activement à « Culture Prime », la nouvelle offre culture de service public, spécialement conçue pour les réseaux sociaux et est partie prenante des travaux en cours sur une future plateforme éducative de service public.

b) Le développement de la présence des médias

La présence mondiale des médias de France Médias Monde a poursuivi son développement en 2018.

(1) Diffusion des médias de FMM

La diffusion des médias de FMM fait l'objet d'une présentation par média (voir p. 19 à 26).

Le coût global de la distribution - diffusion de FMM s'élève au budget 2019 à 24,8 M€ (hors France 24 en espagnol). Il est constaté en 2018 une baisse d'1,61 M€ des coûts de distribution et de diffusion par rapport à 2017. C'est l'un des principaux gisements d'économies mais au détriment de l'audience et de la notoriété (voir infra p.22).

Montants en millions d'euros

2016 réel

2017 réel

2018 réel

 

Frais de diffusion / distribution (coûts directs)

26,45

26,39

24,78

- RFI

8,12

7,57

7,5

- France 24

14,4

14,89

13,3

- MCD (y/c Chypre)

3,94

3,93

4,0

(2) Audience agrégée des médias de FMM

L'audience agrégée (linéaire + numérique) France Médias Monde s'est établie en 2018 à 176 millions d'utilisateurs (ou contacts) hebdomadaires, soit un résultat en progression de 17 %. L'objectif fixé par le COM (132 millions) a été dépassé dès 2016.

Évolution des contacts

 

2015

2016

2017

2018

2020

Millions de contacts moyens/semaine

120

135

149.9

176

 

Objectif du COM

-

126

132

138

150

Source : France Médias Monde, rapport d'exécution du COM.

Ce résultat se répartit entre 129,8 millions de téléspectateurs et auditeurs linéaires (+ 21 % par rapport à 2017) et 46,3 millions de personnes fréquentant les environnements numériques propres ou partenaires, soit une augmentation de 8,4 % de la fréquentation.

En 2018, France 24 a rassemblé 79,8 millions de téléspectateurs chaque semaine (+30 % par rapport à 2017), RFI compte 40,8 millions d'auditeurs hebdomadaires et Monte Carlo Doualiya 9,2 millions, soit +70 % par rapport à 2017. Les trois chaînes du groupe cumulent en moyenne 46,3 millions d'utilisateurs dans leurs environnements numériques (incluant leurs partenaires) chaque semaine (contre 42,7 millions en 2017).

Sur les réseaux sociaux, RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya atteignent fin 2018 un total de 65 millions d'abonnés sur Facebook et Twitter et 3 millions d'abonnés sur leurs chaînes Youtube. Sur l'ensemble de l'année 2018, 900 millions de vidéos et sons ont été consommés (75 millions par mois, +32 % versus 2017).

L'audience hebdomadaire13(*) de ses principaux concurrents internationaux s'élève à 319 millions pour la BBC World Service14(*), 345 millions pour le United States Agency for Global Media (USAGM), nouvelle dénomination du Board of Broadcasting Governors (BBG) et 157 millions pour la Deutsche Welle (DW). FMM diffuse dans 15 langues, contre 30 pour la BBC, 29 pour la DW et 58 pour BBG. France Médias Monde reste première en Afrique francophone devant les médias publics et privés internationaux.

(3) Diffusion et audience de France 24
(a) Une croissance de la diffusion freinée par les contraintes budgétaires

Au 31 décembre 2018, la distribution de France 24 (toutes langues, diffusion 24/7) s'établit à 385,3 millions de foyers, soit une augmentation de +8,4 % du nombre de foyers par rapport à 2017. France 24 est diffusé sur 37 empreintes satellitaires contre 55 et 54 pour CNN et BBC World News.

Malgré cette progression, la croissance du parc reste fortement freinée par les contraintes budgétaires qui privent France 24 de se développer dans certaines zones géographiques ou pays tels que l'Amérique du Nord, l'Océanie ou l'Inde, et qui ont même conduit l'entreprise à renoncer à certaines diffusions (voir infra p.26). Ce programme de réduction de l'empreinte va se poursuivre en 2019 et en 2020.

(Source : Rapport d'activité 2018 de FMM)

(Source : Rapport d'activité 2018 de FMM)

(i) La forte progression de la diffusion sur la TNT en Afrique

Le développement de France 24 en Afrique subsaharienne s'inscrit dans un contexte d'intensification du paysage concurrentiel africain lié au renforcement des acteurs locaux et à l'action des groupes de médias internationaux. 

À fin 2018, la couverture globale déclarée par France 24 en Afrique subsaharienne s'établit à 32 millions de foyers, en hausse de 8,5 millions sur l'année (+36 %) avec une forte croissance en Afrique non francophone qui représente 60 % de la distribution sur la zone15(*).

Le satellite reste le réseau de diffusion dominant de la chaîne avec plus de 22,8 millions de foyers (68 %). France 24 continue cependant sa percée sur la TNT en Afrique, qui représente le 2ème réseau de diffusion de la chaîne en Afrique avec 6,6 millions de foyers, devant le câble16(*).

L'objectif fixé par le COM d'une part de marché de 62 % des offres TNT lancées en Afrique en 2020 est d'ores et déjà atteint (83 % en 2018).

(ii) Le lancement de France 24 en espagnol

En 2018, France 24, toutes langues confondues, est désormais accessible dans près de 8 millions de foyers en 24 h/24 (soit +21 % par rapport à 2017) dans 17 des 19 pays et territoires hispanophones d'Amérique Latine auxquels s'ajoutent 12 millions de foyers en diffusion partielle en espagnol au Mexique. Sa notoriété et son audience progressent rapidement (voir infra p.23).

(iii) Un renforcement de la présence au Vietnam

France 24 a conclu en mai 2018 des accords de distribution avec cinq nouveaux opérateurs, renforçant sa diffusion en anglais au Vietnam rendant la chaîne accessible auprès de 2,2 millions de foyers vietnamiens supplémentaires. France 24 renforce ainsi sa présence 3,75 millions de foyers atteint au total (soit près d'un foyer sur trois équipé TV).

Une licence de diffusion pour une prochaine présence de la chaîne en français au Vietnam, pays membre de l'Organisation internationale de la Francophonie a été obtenue.

(iv) L'élargissement de la diffusion en Haute Définition (HD)

Initiée en Asie, la diffusion en HD a été étendue, par trois nouveaux satellites, à l'Europe, à l'Afrique du Nord et au Moyen-Orient ainsi que sur le continent américain. L'objectif en la matière a été atteint à hauteur de 64 %. Son développement a toutefois été gelé sine die faute de financement disponible (voir infra p.27), les objectifs du COM (80 à 100 %) à l'horizon 2020 ne seront donc pas atteints.

(v) Une croissance très modeste de la distribution en mode OTT (Over the top)17(*)

La diffusion OTT linéaire représente 10,9 millions de foyers, soit seulement 2,8 % de la distribution totale de la chaîne. Elle progresse à un rythme très faible (3,6 % en 201818(*)). Il n'y a donc pas de basculement du marché de la diffusion traditionnelle (câble, satellite, IPTV...) vers la diffusion OTT. Ce mode de diffusion n'a pas vocation à se substituer au premier, mais à proposer des services additionnels19(*). Il offre aussi l'intérêt d'assurer à la chaîne une présence sur des marchés saturés ou - cas des États-Unis - devenus financièrement inaccessibles. Pour autant l'abandon d'une diffusion par câble reste un préjudice lourd en termes d'audiences, il faut de nombreuses années pour que les téléspectateurs adaptent leurs modes de réception et reviennent vers l'offre supprimée20(*).

(vi) Diffusion hors domicile

Fin 2018, France 24 couvre 2,5 millions de chambres d'hôtel, avec un taux de pénétration des hôtels 4 et 5 étoiles de 17 %.

(vii) Coûts de diffusion

En 2018, le coût total de la diffusion s'élève à 12,1 M€.

Par mode de diffusion :

· satellite : 6,6 M€ ;

· référencement câble, MMDS et ADSL : 2 M€ ;

· diffusion TNT : 2,7 M€

· autres (OTT ; décodeurs, call center, agents) : 0,8 M €

Par zone géographique :

· Europe : 4,7 M€,

· Afrique du Nord et Moyen-Orient: 2,6 M€ ;

· Afrique subsaharienne : 0,5 M€ ;

· Amérique: 0,9 M€ ;

· Asie-Pacifique : 1,3 M€ ;

· Outremer (TNT) : 1,9 M€

(b) Audiences et notoriété

L'audience « linéaire » de France 24, mesurée dans 71 pays (sur 183 où la chaîne est présente), est en progression de 30 % par rapport à 2017, atteignant 79,8 millions de téléspectateurs chaque semaine. Les niveaux de notoriété et d'opinions favorables restent stables et d'un niveau élevé ce qui est remarquable compte tenu de la concurrence et de la faiblesse des moyens consacrés au marketing et à la communication.

Sur l'Afrique francophone, l'audience hebdomadaire de France 24 s'établit à 27,9 millions de téléspectateurs. La chaîne progresse ainsi de 7 % par rapport à 2017 et demeure à un niveau de performances élevé malgré un univers de plus en plus concurrentiel où nombre de chaînes de divertissement africaines se sont lancées et enregistrent de très fortes performances. Malgré ce contexte, France 24 reste la chaîne d'information internationale la plus regardée dans cette zone. Elle parvient également à se maintenir dans les 10 chaînes, tous genres confondus, les plus regardées quotidiennement dans la quasi-totalité des capitales mesurées21(*) et les trois premières par des cadres et dirigeants (Étude Africascope 2017/2018 Kantar-TNS). Ses résultats de notoriété sont stables et d'un niveau très élevé (82 % tous publics et 99 % chez les cadres et dirigeants) 72 % d'opinions favorables évaluant l'expertise, l'objectivité et la référence.

Le Maghreb est en forte hausse (près de 1,7 million de téléspectateurs hebdomadaires supplémentaires) tirée par les bons résultats obtenus au Maroc ainsi qu'une légère hausse en Algérie. France 24 est devenue la chaîne d'information internationale la plus regardée sur la zone, devançant l'ensemble de ses concurrentes, y compris les chaînes panarabes. Sa notoriété s'établit à 6 % tous publics et 96 % chez les cadres et dirigeants, les opinions favorables restent élevées (74 %).

En Colombie, en Argentine et au Mexique, le lancement de la déclinaison hispanophone a permis à France 24 de voir sa notoriété croître de 52 % entre le dernier trimestre de 2017 et le premier semestre de 2018. Près d'un quart (23 %) des personnes qui connaissent France 24 déclarent la regarder. Son audience est majoritairement composée de femmes (55 %) ; et un tiers de son auditoire a entre 25 et 34 ans.

France 24 enregistre une fréquentation de plus de 15,5 millions de visites par mois sur l'ensemble de ses environnements numériques, résultat en léger recul par rapport à 2017, en partie lié à l'impact du changement d'algorithme de Facebook qui a privilégié l'apparition des contenus personnels aux dépens des contenus issus des médias. France 24, leader sur ce réseau, en subit les conséquences. Cette performance est néanmoins compensée par les résultats extrêmement encourageants sur les formats audio et vidéo qui cumulent près de 60 millions de lancements par mois (+ 30 % par rapport à 2017).

Le portail InfoMigrants a réussi la performance de fédérer une communauté de 1 million d'abonnés sur Facebook et 300 000 abonnés sur Twitter. L'objectif d'audience à atteindre en 2020 est en passe d'être réalisé.

Dans ses univers numériques (site, site mobile, application), France 24 en espagnol cumule 4,4 millions de visites entre janvier et juin 2019. En outre, depuis le début de l'année, la chaîne connaît une croissance importante sur YouTube où elle cumule 15,5 millions de vidéos vues et 125 000 abonnés.

(4) Les audiences de RFI
(a) Couverture géographique et coût de diffusion

RFI adapte ses modes de diffusion aux contextes locaux. Fin 2018, RFI compte 155 fréquences FM dans le monde, dont 115 en Afrique dans 36 pays, un chiffre stable en volume et en répartition par zone par rapport à 201722(*). Le nombre de radios partenaires (diffusion partielle de la radio) a été porté à 1 677 (dont 483 en Afrique), soit 195 radios partenaires supplémentaires (dont 80 en Afrique).

(b) Audiences

En 2018, l'audience hebdomadaire linéaire de RFI, mesurée dans 33 pays (sur les 150 où la station peut être reçue), s'établit à 40,8 millions d'auditeurs, en très légère hausse de 0,2 % par rapport à 2017. Si les audiences linéaires connaissent une légère hausse, les audiences numériques s'inscrivent en nette hausse.

En Afrique francophone, principal bassin où la station concentre 73 % de ses audiences hebdomadaires mesurées, RFI se maintient parmi les 5 stations, tous genres confondus, les plus écoutées quotidiennement dans la quasi-totalité des capitales mesurées. L'année dernière, la station avait pâti de la fermeture de son émetteur FM à Kinshasa imposée par le gouvernement local durant 9 mois. Sa notoriété reste forte : 86 % tous publics et 99 % chez les cadres et dirigeants avec un taux d'opinions favorables conséquents : 79 %.

En Afrique non francophone, l'audience hebdomadaire est en légère baisse de 200 000 auditeurs par rapport à 2017. Cette diminution est liée au retrait du Darfour du périmètre de mesure compte tenu d'une ancienneté désormais excessive de la dernière étude disponible.

RFI enregistre une fréquentation de ses environnements numériques propres de 16,4 millions de visites mensuelles, en hausse de plus de 12 % par rapport à 2017. Cette progression s'explique principalement par le développement de la consommation des contenus en langues étrangères (+2 millions de visites mensuelles). La consommation délinéarisée de programmes vidéo et audio, environnements propriétaires et tiers confondus, s'établit à 11,4 millions de lancements par mois (+26 % par rapport à 2017).

(5) Les audiences de MCD
(i) Couverture géographique et coût de diffusion

Fin 2018, MCD disposait de 27 relais FM, un de moins qu'en 201723(*). L'enjeu majeur a été de préserver le parc de fréquences (notamment en Irak et en Libye) et l'équilibre financier de la radio dans un contexte de hausse généralisée du prix des licences de diffusion. Les émetteurs de Tikrit et de Mossoul ont rouvert en mars, après près de quatre ans d'interruption en raison de l'occupation des deux villes par l'organisation de l'État islamique.

Enfin, l'entreprise a été informée en 2018 du retrait de BBG avec qui elle partageait les coûts du site de diffusion en ondes moyennes à Chypre (voir infra p.28).

Fin 2018, MCD compte 11 radios partenaires, une de plus qu'en 2017.

(ii) Audiences

L'audience hebdomadaire linéaire de MCD s'établit en 2018 à 9,2 millions d'auditeurs hebdomadaires, en progression de 70 % par rapport à 2017. Cette hausse est principalement imputable à une augmentation de 3 millions en Irak (soit un total de 4 millions) après réouverture de ses relais FM de Tikrit et Mossoul et à des progrès nets en Arabie Saoudite et en Jordanie.

Avec 2,2 millions de visites mensuelles, la fréquentation des environnements numériques propres enregistre en 2018 une progression de 9 % par rapport à 201724(*).

(6) La diffusion sur le territoire national

S'agissant de la diffusion sur le territoire national25(*), les perspectives déjà limitées en raison de la priorité donnée par le COM au développement international et de la rareté des fréquences disponibles, demeureront modestes dans les années à venir. Elle pourrait être sérieusement altérée à partir de 2019 (voir infra p.27).

Au regard de la saturation du réseau FM, la diffusion de RFI ou de MCD devra être envisagée prioritairement sur la Radio Numérique Terrestre (RNT). Sur cette base, la ministre de la culture et de la communication a ainsi obtenu du CSA, le 30 novembre 2016, une attribution prioritaire de fréquences en RNT au format DAB+) pour RFI en français sur les agglomérations de Lille, puis ultérieurement de Lyon et Strasbourg.

Pour les raisons longuement évoquées dans les précédents rapports de la commission, comme la nécessité de proposer, en langue étrangère, une alternative à des publics aujourd'hui captés par des chaînes internationales étrangères ou par des radios communautaires privées ne véhiculant parfois ni une information fiable, ni les valeurs républicaines, mais aussi la capacité d'engranger des ressources publicitaires plus importantes et l'accroissement de leur notoriété26(*), la commission continue de regretter ce manque d'ambition.

c) La constitution d'un pôle d'expertise dans le domaine de l'aide au développement des médias et par les médias  (rapprochement avec CFI)

CFI est devenue une filiale à 100 % de FMM27(*) afin de garantir la pérennité de l'activité d'aide au développement des médias et de constituer un pôle d'expertise média intégré, consolidé et concurrentiel28(*).

Cette filialisation au sein de FMM peut constituer à l'avenir un atout permettant à FMM de mettre en place des projets communs (programme de service/ formation de journalistes et de techniciens locaux) finançables par les crédits de l'aide au développement opérée par l'Agence française de développement (voir infra p.29).

2. Des renoncements contraints
a) Le retrait de la diffusion et de la distribution sur certains vecteurs et dans certaines zones

Pour financer les impasses budgétaires, FMM est contrainte de réduire les coûts de diffusion et de distribution avec une baisse attendue de 8 millions de foyers (3,6 en Europe et 4,5 aux États-Unis) et une économie de 1 M€ en 2020 (2 M€ en 2022), et le risque de ne pouvoir la rétablir sans coût supplémentaire et de laisser échapper des opportunités, sans compter les conséquences que cela aura pour l'audience et la notoriété :

· retrait de France 24 de New-York et Los Angeles (fin du contrat Time Warner), de Washington, avec la perte de 1,6 millions de foyers (pour une économie de 1,6 M €). Le maintien de l'accessibilité à Washington via le satellite Dish TV et via certaines plateformes OTT ne compense pas ce retrait, la technologie OTT étant loin d'être mature pour la diffusion de programmes linéaires d'information continue (voir supra p. 21 et 22).

· arrêt de la diffusion de France 24 en Scandinavie et en Europe centrale29(*) par le satellite Telenor entraîne une perte de 1,2 million de foyers.

· décalage du déploiement de la TNT et renonciation à la diffusion en TNT payante en Afrique. Paradoxalement, il faut observer une plus grande facilité à accroître la diffusion de France 24 en anglais, voire en français en Afrique de l'est anglophone qu'en Afrique de l'ouest francophone, alors que notre zone d'intérêt reste cette partie de l'Afrique.

· arrêt de la diffusion de France 24 en numérique terrestre dans les DOM - TOM à compter du 1er mars 2019 (économie réalisée de 0,8 M€ en année pleine),

· à l'étude, arrêt de la diffusion de France 24 sur la TNT en Ile de France, France 24 restant accessible par les réseaux câblés et par satellite, et via francetvinfo (6 heures/24)

· gel sine die de la poursuite du passage de la distribution de France 24 en HD avec comme conséquence le maintien en SD (simple définition) de sa distribution en versions française, anglaise et arabe sur le satellite Astra (Canal+) couvrant l'Europe et en versions française et anglaise sur le satellite Intelsat 21 (Globecast) couvrant l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Cette situation pourrait à terme (d'ici 2022) entraîner son éviction de certaines zones géographiques majeures30(*). La diffusion en HD avait progressé de façon sensible de 8 % en 2016 à 64 % en 201831(*), compte tenu des dernières décisions de gel, l'objectif de réalisation d'une couverture primaire de 80 à 100 % ne pourra être atteint en 2020.

· bascule, fin octobre 2018, de la diffusion de RFI en anglais et en portugais sur les environnements numériques (fin des ondes courtes et production en linéaire limitée à 1 heure, retrait de certains émetteurs FM) pour raisons économiques au regard du faible bénéfice de cette diffusion.

S'ajoutent des économies liées à des facteurs exogènes, mais dont on aurait pu imaginer qu'elles auraient pu être reportées sur d'autres moyens d'accroître la diffusion :

· rupture anticipée du contrat de diffusion en FM de MCD aux Émirats Arabes Unis suite à la décision unilatérale de cet État de suspendre la diffusion de la radio arabophone depuis début novembre 2018 et d'imposer de nouvelles conditions de reprise du signal délibérément impossibles à respecter (économie annuelle de 0,5 M€) ;

· arrêt de la diffusion de MCD en ondes moyennes à partir du site de Chypre en raison de la confirmation que l'opérateur audiovisuel public américain BBG se retirerait du site de Chypre avec effet au 30 septembre 2019. Jusqu'à présent, FMM louait à BBG un des deux émetteurs en ondes moyennes de son site de Chypre pour une recette annuelle de 1,3 M€, celle-ci permettant d'absorber une grande partie des coûts d'exploitation du site. Le retrait de BBG (et la difficulté à trouver un nouveau locataire) conduit FMM, pour éviter un surcoût annuel de 1,3 M€, à arrêter la diffusion en ondes moyennes de MCD32(*). À première vue, cet arrêt de la diffusion en onde moyenne, fréquence peu utilisée par rapport au numérique ou à la FM est justifiée33(*), toutefois dans une zone sensible et d'intérêt pour la France comme le Moyen-Orient où les États ont tôt fait d'interrompre la diffusion sur le territoire qu'un contrôle, le fait de disposer d'émetteurs hertziens sur un territoire allié proche est un atout.

b) Des économies sur le coeur de l'activité : les programmes

Les économies touchent désormais les contenus éditoriaux eux-mêmes, sans compter l'impact des mesures prises dans le domaine RH pour une entreprise dont l'activité repose essentiellement sur sa main d`oeuvre :

· allègement des grilles de programmes (allongement de la durée des grilles allégées pendant les périodes de congés scolaires, baisse du budget consacré à la couverture des opérations spéciales, suppression des flashs à la ½ heure sur RFI hors tranches horaires de prime time, amélioration de la planification des journalistes et des techniciens, etc.), politique de rediffusion sur MCD au détriment du fil musical plus coûteux.

· baisse de 0,5 M€ sur les contenus éditoriaux de France 24 en espagnol par rapport au COM, depuis 2018. Pour l'avenir, FMM espère éviter la fermeture du service en espagnol.

· économies importantes dans les environnements numériques sur la période 2016 - 2018 (changement de prestataire pour l'hébergement des sites de FMM, baisse des coûts de bande passante, internalisation de prestataires à moindre coût, réorganisation de la direction des environnements numériques, renégociation de contrats) pour un montant de l'ordre de 1,2 M€. En outre, FMM a cessé, fin 2018, les recrutements prévus au COM, seuls 8 postes sur 15 seront créés.

· poursuite des coopérations et synergies avec les autres groupes audiovisuels publics nationaux pour accroître l'efficience collective du service public sans toutefois assujettir les missions de l'audiovisuel extérieur aux problématiques de ces opérateurs : poursuite de la participation de France 24 à la chaîne Franceinfo, contribution active à l'onglet « Vrai ou Fake », participation à Culture Prime, le nouveau média social culturel lancé en novembre 2018, mutualisation des bonnes pratiques et appels d'offres en matière de politique d'achat public, renforcement de la coopération dans le domaine de la sécurité informatique et de la protection des données, enrichissement mutuel de FMM et d'Arte pour leurs offres en espagnol, etc.

c) Des financements additionnels mais marginaux pour la conception de nouveaux programmes

FMM fonde quelques espoirs sur la participation de l'AFD au financement de certains nouveaux programmes en langues africaines comportant un volet formation avec CFI, ce qui est une avancée mais ne répond que de façon adjacente au besoin de financement de ses programmes et de sa diffusion, puisqu'il s'agit de couvrir à coûts complets le développement de nouvelles activités qui impliquent l'utilisation de canaux de distributions et des rédactions existantes. Ces programmes demandent en outre une logistique administrative considérable peu compatible avec l'agilité et la réactivité nécessaire dans le monde numérique et appellent une réflexion sur des modalités plus simples et plus efficaces (voir infra p.56).

RFI a été partie prenante en 2018 du projet « Média Sahel » lancé en début d'année 2019 par CFI et l'AFD pour promouvoir l'inclusion socio-politique des jeunes femmes et hommes au Burkina Faso, au Mali et au Niger en leur permettant notamment d'avoir davantage accès à des informations fiables et de participer de manière plus active et apaisée au débat public. Ce projet associe RFI à travers le lancement en 2019 d'un magazine hebdomadaire destiné à la jeunesse africaine décliné en français, en mandingue et en peul. Enfin, FMM a installé la rédaction de RFI en mandingue à Dakar depuis septembre 2019 (voir supra p.16).

FMM s'est également engagée en 2018 dans la construction d'un projet ambitieux et innovant, en partenariat avec AFD, en lien avec CFI. Ce projet, tourné vers l'Afrique et répondant aux objectifs du Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) de février 2018 (gouvernance démocratique et État de droit, objectifs de développement, lutte contre le dérèglement climatique, développement économique) prend appui sur le déploiement de FMM sur le continent africain pour toucher massivement les populations africaines. Il pourrait bénéficier d'un financement de l'AFD à partir de 2020 et vise à développer des médias par et pour les Africains (en particulier, via le lancement d'une rédaction en langue peul et le renforcement des offres existantes en haoussa, swahili et mandingue) selon deux axes : la diffusion de programmes et la formation.

FMM compte aussi sur des apports de financements européens à des programmes spécifiques développés en partenariat avec la Deutsche Welle, dans l'espace numérique, à l'image d'InfoMigrants diffusé depuis deux ans, comme le projet plurilingue sur mobiles à destination des jeunes afin de lutter contre le fléau des infox. Mais là encore, il s'agit de développement de projets nouveaux alors que fondamentalement c'est la question du maintien des positions de FMM en linéaire qui est en balance.

La coopération avec le groupe d'audiovisuel extérieur allemand Deutsche Welle porte sur plusieurs projets communs :

· les deux sociétés éditent depuis 2017 Infomigrants, une offre numérique d'information à destination des populations migrantes, en collaboration avec l'agence de presse italienne ANSA et sur financement européen. L'offre est conçue dans l'objectif d'offrir à ce public une information fiable, déclinée en français, anglais, et arabe. En 2018, l'offre a été étendue à deux nouvelles langues afghanes (dari et pachtoune) et a rassemblé cinq millions de contacts mensuels sur l'ensemble des environnements numériques ;

· elles ont développé plusieurs initiatives communes à l'occasion des élections européennes de 2019 à travers la coproduction d'une série de 28 portraits numériques de jeunes Européens « primo-votants » et l'organisation de débats communs en France et en Allemagne ;

· depuis avril 2019, FMM participe à une chaîne YouTube turcophone développée par la Deutsche Welle en tant que télévision associée. Ne disposant ni de rédaction turcophone, ni de financement ad hoc pour ce projet, FMM met à disposition du diffuseur allemand des contenus éditoriaux initialement conçus pour l'antenne de France 24, la Deutsche Welle se chargeant de les sous-titrer et/ou de les doubler.

Le Traité d'Aix-la-Chapelle, signé le 22 janvier 2019, prévoit la création par la France et l'Allemagne d'une « plateforme numérique destinée en particulier aux jeunes »34(*). La liste des quinze projets prioritaires associés au Traité mentionne ainsi la « création d'une plateforme numérique franco-allemande de contenus audiovisuels et d'information ». Un premier pilier porté par FMM et la Deutsche Welle proposant des contenus informationnels et sociétaux : les deux sociétés entendent développer une offre numérique à destination des jeunes Européens, relayant des contenus traitant de thématiques d'actualité, de société ainsi que de décryptage de fausses informations. Le projet s'inscrit dans un esprit d'interactivité avec le jeune public et de lutte contre l'eurosceptiscime.


* 7 Anglais, brésilien, cambodgien, chinois, espagnol, haoussa, kiswahili, mandingue (mandenkan), peul (fulfude), persan, portugais, roumain, russe et vietnamien.

* 8 La stratégie de multilinguisme, menée avec succès par France Médias Monde, permet d'aller au-delà de la famille francophone et de s'ouvrir toujours plus à de nouveaux auditoires en parlant leur langue dans une démarche de proximité.

* 9 Cette proximité avec le continent et cette ouverture sur le monde se traduisent par une très grande réactivité avec des journaux diffusés à l'heure et à la demi-heure. Les magazines référents et régulièrement primés existants sur les chaînes en français, en anglais et en arabe sont également déclinés en espagnol pour permettre recul et analyse.

* 10 Seuls Cuba et le Venezuela, politiquement fermés, ne sont pas couverts.

* 11 CNN en Español (États-Unis) depuis 1997, RT en Español (Russie) depuis 2009, DW-TV (Allemagne) depuis 2012, et CCTV-Español (Chine) depuis 2007

* 12 Les performances de FMM sur les réseaux sociaux et les plateformes partenaires (65 millions d'abonnés sur les comptes Facebook et Twitter) montrent la pertinence de cette stratégie.

* 13 Il est à noter que les méthodes de mesures ne sont pas homogènes et portent sur des périmètres différents.

* 14 BBC World Service est un service radio uniquement en anglais et en 42 langues - hors la chaîne de TV BBC World News.

* 15 Ces données ne sont pas exhaustives.

* 16 La chaîne s'est considérablement développée au Kenya où elle est diffusée en clair sur la TNT publique et a fait son entrée en TNT dans 5 nouveaux pays : Cap Vert, Liberia, Sierra Leone, Swaziland et Tchad. Une diffusion expérimentale en clair de France 24 est testée sur l'offre TNT du Bénin.

* 17 La diffusion OTT (ou « Internet ouvert ») est un service de livraison d'audio, de vidéo et d'autres médias via l'Internet public sans la participation d'un opérateur de réseau traditionnel dans le contrôle ou la distribution du contenu. L'OTT est un marché largement porté par le développement de la consommation délinéarisée des programmes. Les services OTT proposant des chaînes de télévision (diffusion linéaire) sont encore l'exception.

* 18 Notamment en Europe (Allemagne et Royaume-Uni... diffusion hybride TNT/OTT) qui représente plus de 80 % de la distribution OTT globale de France 24 et 68 % de la croissance enregistrée sur ce marché. L'OTT représente même le quart de la croissance enregistrée en Europe.

* 19 Une étude de la BBC (« The Drive to live - Exploring the appetite for live TV news », 2017), conduite sur 13 plateformes numériques dans 7 pays (USA, Canada, Singapour, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède), indique que pour 25 % des abonnés à une offre de télévision à péage, les chaînes d'information sont l'une des raisons principales de leur motivation d'abonnement. Cette même étude révèle que le moyen d'accès préféré aux informations internationales est la télévision (45 %), loin devant les sites web (14 %) et les réseaux sociaux (11 %). Elle rapporte encore que l'information internationale est la 2e thématique préférée des abonnés, après le cinéma. L'étude de la BBC conforte un rapport interne de FMM qui rapporte également que la consommation délinéarisée, surtout importante dans les pays développés et auprès des jeunes générations, concerne principalement (et logiquement) les programmes de fiction ou de cinéma, l'information et le sport se consommant toujours massivement en direct (source : Médiamétrie / EBU.

* 20 Aux États-Unis, où le marché OTT est de loin le plus développé, les abonnés à un service de diffusion OTT linéaire représentent moins de 8,5 % du marché (8,2 millions d'abonnés) alors que le câble et le satellite concentrent encore près de 85 % des abonnés. L'érosion de la part de marché du câble et du satellite, bien que réelle, reste très lente.

* 21 Y compris pour la première fois à Kinshasa.

* 22 3 fréquences FM ont été ouvertes aux Comores, 3 ont été fermées au Cap-Vert en contrepartie d'une reprise des programmes en portugais par la radio publique, la diffusion de RFI a repris à Kinshasa après 9 mois d'interruption.

* 23 en raison due à la fermeture en novembre 2018 du relais de Ras Al Khaïmah (Émirats Arabes Unis).

* 24 L'empreinte numérique de MCD - indicateur qui mesure le nombre de personnes touchées par l'exposition des contenus sur l'ensemble de l'univers numérique - continue de progresser en 2017 avec un résultat de plus de 10,5 millions de contacts exposés chaque mois. La radio arabophone enregistre par ailleurs une forte hausse de la consommation de ses contenus vidéos : la mise en avant de ses contenus sur Facebook lui permet de cumuler plus de 12 millions de lancements par mois au deuxième trimestre 2019, soit un résultat trois fois et demi supérieur à celui relevé au deuxième trimestre 2018.

* 25 La diffusion des antennes de FMM sur le territoire national est possible dans les conditions précisées dans le cahier des charges de la société. En 2014, le cahier des charges de FMM a ainsi été modifié afin de permettre une diffusion de France 24 sur tout ou partie du territoire français en hertzien, et de RFI en Français et MCD sur certaines parties du territoire métropolitain.

En pratique, France 24 est disponible en TNT en Outre-mer et en Île-de-France. Cette diffusion a permis de rendre accessible la chaîne à 1 million de foyers supplémentaires. Elle est également diffusée sur l'ensemble du territoire sur le câble, le satellite et l'IPTV. Depuis le 1er septembre 2016, elle est reprise la nuit sur la chaîne France info de minuit à 6h30. Elle est ainsi accessible par 75 % des foyers français. RFI est en outre disponible en FM à Paris et en Île-de-France, et MCD n'est pas diffusée sur le territoire national.

* 26 Avis n° 166 (2015-2016) de Mme Garriaud-Maylam et M. Esnol sur le projet de loi de finances pour 2016, Avances à l'audiovisuel Public p. 8, 25 et 38 : http://www.senat.fr/rap/a15-166-10/a15-166-10.html.

* 27 Avis n° 149 (2018-2019) de Mme Garriaud-Maylam et M. Vall sur le projet de loi de finances pour 2019, Avances à l'audiovisuel Public p. 28 : http://www.senat.fr/rap/a18-149-10/a18-149-10.html

* 28 Les modalités de financement de ce rapprochement et le plan d'affaires de CFI pour les prochaines années ont fait l'objet d'un avenant au COM 2016-2020 qui a été soumis à la Commission en application des dispositions de l'article 53 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986. Rapport d'information n° 1207 (2017-2018) par Mme  Garriaud-Maylam https://www.senat.fr/rap/r17-120/r17-120.html

* 29 425 000 foyers concernés en Pologne, République tchèque et Slovaquie.

* 30 Le passage de la distribution de France 24 en haute définition (HD), est désormais limité uniquement aux seuls engagements contractuels déjà signés par l'entreprise au cours du 1er semestre 2018, donc avant d'avoir connaissance de la régulation budgétaire de 2019.

* 31 Passage partiel en HD de la distribution de France 24 en Europe (contrats signés avec Hotbird et Astra 2 - ex Eurobird) et en ANMO (contrat Arabsat en français après avoir signé dès 2017 avec Arabsat pour les signaux arabe et anglais) avant de connaitre les arbitrages budgétaires de la loi de finance pour 2018, tous ces éléments ayant été prévus dans le budget

* 32 Compte tenu de l'intérêt géostratégique de ce centre de diffusion en ondes moyennes, tout particulièrement au regard du risque de reprise par des opérateurs ne portant pas les mêmes valeurs que la France, des discussions sont en cours notamment avec les autorités militaires américaines et françaises qui se sont montrées très intéressées, mais également avec d'autres opérateurs internationaux.

Au regard de l'état d'avancement encourageant de ces discussions, le budget 2019 avait retenu l'hypothèse, d'une continuité de l'activité du site de Chypre sur l'ensemble de l'année avec le remplacement de BBG par un nouvel opérateur ou l'arrivée d'un repreneur de l'exploitation du site. Si tel n'est pas le cas, FMM prévoit de fermer son site.

* 33 Impact attendu une perte d'audience de 4 à 8 %.

* 34 Chapitre 3 « Culture, enseignement, recherche et mobilité », art.9