2. L'action sur la formation et l'information
La lutte
contre l'insécurité routière suppose une intervention
concomitante sur les trois éléments de l'accident que sont le
conducteur, l'infrastructure et le véhicule.
L'action sur le conducteur prend deux formes majeures : la mise en place du
permis probatoire à compter du 1
er
mars 2004
et
l'instauration d'un contrôle de l'aptitude médicale à la
conduite
.
Le gouvernement estime qu'agir sur le conducteur nécessite
également une augmentation des crédits de communication, les
campagnes nationales d'information actuelles étant nettement
insuffisantes pour assurer une visibilité « impactante »
auprès des diverses cibles. C'est en assurant de façon
complémentaire la présence des messages de sécurité
routière sur différents types de médias
(télévisions, radios, affichage, presse écrite,
manifestations, etc.) que l'on pourra sensibiliser au mieux les usagers. Il en
résulte parallèlement une augmentation des crédits
alloués à l'animation locale relais des campagnes nationales de
sécurité routière.
Afin de se conformer aux directives européennes et d'optimiser la
formation du conducteur,
100 postes supplémentaires d'inspecteurs du
permis de conduire et de la sécurité routière sont
créés
. Par ailleurs, l'effort d'investissement portera, en
2004, sur la rénovation des centres d'examens.
3. La sécurisation des infrastructures
Pour
améliorer la sécurité des infrastructures, deux politiques
nationales sont mises en oeuvre.
La première concerne l'exploitation de la route et l'information aux
usagers, l'objectif restant le renforcement de la sécurité
routière :
- en informant l'usager en temps réel sur les conditions de circulation,
le prévenant ainsi des perturbations et conditions de circulation
dégradées afin qu'il adapte sa conduite,
- en assurant un meilleur écoulement des flux de trafic,
- et en optimisant les interventions sur incidents et accidents, pour
éviter les suraccidents.
Deux programmes sont mis en oeuvre pour déployer cette politique : le
SDER (Schéma Directeur d'Exploitation Routière) et le SDIR
(Schéma Directeur d'Information Routière).
Le SDER consiste essentiellement à équiper le réseau
routier national principal et les voies rapides urbaines de la plupart des
grandes métropoles régionales
(soit environ 20.000
kilomètres de routes incluant le réseau concédé),
de systèmes modernes de recueil de données, d'exploitation, et
de gestion du trafic.
Ces systèmes contribuent à
sécuriser l'infrastructure en permettant une meilleure
réactivité du gestionnaire face à des situations
imprévues, et en donnant aux usagers tout à la fois une
information sur l'état de la circulation et sur la présence
d'accidents et d'incidents.
Le SDIR, dont la décision de lancement a été prise lors du
comité interministériel d'octobre 2000, est dans une phase
d'études associant les partenaires concernés, en particulier les
ministères de l'intérieur et de la défense qui concourent
à l'information routière. Les investissements nécessaires
au déploiement de l'information routière en complément des
investissements d'exploitation commenceront en 2004. Un des objectifs est de
diffuser l'information, en temps réel, grâce à l'ensemble
des médias modernes : panneaux d'information à message variable
sur les infrastructures, radios, internet et systèmes embarqués
à bord des véhicules.
La seconde politique nationale relative à la sécurité des
infrastructures, vise
l'amélioration des sections jugées
accidentogènes
et le maintien dans le temps des
caractéristiques de l'infrastructure et de ces équipements.
A ce titre sont financés l'entretien et le renouvellement de la
signalisation directionnelle, des équipements d'exploitation, ainsi que
les études concernant les améliorations de l'infrastructure
portant sur :
- la protection des usagers contre les obstacles latéraux,
- la pertinence de la signalisation de limitation de vitesse implantée
sur les réseaux (national, départemental et communal) au regard
de la réglementation, notamment en liaison avec le déploiement de
systèmes "contrôle-sanction" automatisés. En effet, la
signalisation doit être cohérente avec les caractéristiques
de la route, son environnement, et la perception qu'en a l'usager. Les points
spécifiquement visés sont donc les limites de vitesse non
crédibles et le positionnement des panneaux d'agglomération par
rapport aux fronts bâtis.