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Projet de loi de finances pour 2012 : Le budget de 2012 et son contexte économique et financier

17 novembre 2011 : Budget 2012 - Le budget de 2012 et son contexte économique et financier ( rapport général - première lecture )
3. Ce « nouveau pas » sera-t-il suffisant pour éviter le risque de contagion ?
a) Une solution imparfaite

La solution annoncée le 26 octobre présente donc d'importantes limites. A celles indiquées ci-avant s'ajoute que la capacité de financement globale des deux dispositifs a été évaluée par Herman Van Rompuy à seulement 1 000 milliards d'euros, soit deux fois moins que les besoins de financement de l'Espagne et de l'Italie de 2012 à 2014.

Au total, cette solution est probablement la moins efficace de celles envisageables.

La solution annoncée le 26 octobre 2011 et les autres « familles de solutions » envisageables

Source : commission des finances

Le dispositif annoncé le 26 octobre constitue toutefois un pas en avant.

b) La probable nécessité que la BCE soit perçue comme la garante du dispositif

Le dispositif annoncé le 26 octobre risque toutefois de manquer de crédibilité, et donc d'efficacité, si la BCE n'en est pas perçue comme la garante.

Comme Wolfgang Munchau le soulignait au début du mois d'octobre dans un éditorial du Financial Times, « la grosse différence entre un CDO de l'eurozone et un CDO « subprime » est la nature du filet de sécurité. Si le CDO de l'eurozone faisait défaut, il n'y aurait pas de gouvernements qui pourraient le sauver parce que les gouvernements eux-mêmes sont déjà les détenteurs des tranches « equity » du système. Cela fait de la BCE le dernier recours »30(*). Il en déduit qu'« un CDO n'est pas une solution à la crise. C'est la dernière arnaque dans la boîte à outils de gens vraiment désespérés. La zone euro s'apprête à repousser le problème une ultime fois ».

Un engagement clair de la BCE serait donc bienvenu.

Par ailleurs, dès lors que la zone euro et ses partenaires, notamment par l'intermédiaire du FESF, garantissent partiellement les émissions de dette souveraine, il suffirait que la BCE s'engage, au moins implicitement, à acquérir les titres concernés sur le marché secondaire, pour que l'on se retrouve avec un dispositif proche de celui du « TALF » (solution C présentée ci-avant).

c) La seule perspective d'avancées possibles peut-elle suffire à rassurer les marchés ?

On peut se demander dans quelle mesure la seule proximité d'une solution institutionnelle réellement efficace (même si elle n'est pas effectivement mise en oeuvre) peut contribuer à restaurer la confiance.

Si les investisseurs considéraient que la BCE est de fait garante du dispositif et que le capital du FESF sera accru d'ici quelques années en cas de besoin, il ne serait pas nécessaire d'aller plus loin.

Un tel retour durable de la confiance supposerait toutefois que les solutions annoncées le 26 octobre soient rapidement mises en oeuvre, et que les Etats de la zone euro affichent désormais une détermination et une unité sans faille.

Tel est d'autant plus le cas que les mesures annoncées le 26 octobre demeurent vagues, et qu'il s'agit à ce stade de l'indication de grandes orientations, plutôt que d'un accord sur des dispositifs précis.

L'amorce de solutions au blocage politique, en Grèce d'abord, en Italie ensuite, sans doute nécessaire, suffira-t-elle à arrêter le risque de contagion ? La question demeure posée.


* 30 Wolfgang Munchau, « Eurozone fix a con trick for the desperate », Financial Times, 2 octobre 2011 (traduction par la commission des finances).