B. ... QUI S'EXPLIQUE POUR PARTIE PAR LA DÉGRADATION PRONONCÉE DES DÉLAIS DE PAIEMENT

Les retards de paiement ont un impact financier tangible sur la trésorerie des entreprises : en 2024, l'observatoire des délais de paiement estime ainsi à 15,3 milliards d'euros le déficit de trésorerie des petites et moyennes entreprises du fait de paiement au-delà des délais légaux. Ces pertes amplifient les difficultés de financement des entreprises les plus vulnérables alors que 20 % des TPE et 9 % des PME présentaient des capitaux propres négatifs l'année passée.

Si une dynamique de diminution des délais de paiement s'était engagée depuis la crise sanitaire, celle-ci s'est interrompue depuis 2023, date depuis laquelle les retards de paiement se dégradent de manière significative. La France est ainsi repassée au-dessus de la moyenne européenne, avec un retard moyen de 13,6 jours en 2024.

Ce phénomène relève premièrement du secteur privé, et particulièrement des grandes entreprises : la moitié d'entre elles règlent leurs factures hors délai, et cette catégorie d'entreprise représente par ailleurs les retards les plus longs, de 17,8 jours en moyenne, contre 12,3 pour les PME. Les deux tiers des grandes entreprises sont pourtant payées dans les temps par leurs clients, signe d'un déséquilibre dans les relations commerciales corrélé à la taille des entreprises.

Le secteur public, bien qu'il connaisse une amélioration générale des délais de paiement, notamment grâce aux règlements de l'État, présente également des failles. Premièrement, les collectivités territoriales, et notamment les plus grandes d'entre elles, connaissent un retard moyen de 20 jours. La situation est de plus particulièrement critique pour les établissements publics de santé dans les territoires ultramarins, dont le délai moyen de paiement atteint désormais 121 jours.

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