C. MALGRÉ UNE AUGMENTATION NOTABLE, LES INVESTISSEMENTS DANS L'ENTRETIEN ET LA RÉGÉNÉRATION DU RÉSEAU ROUTIER NATIONAL RESTENT SIGNIFICATIVEMENT INSUFFISANTS POUR ENRAYER LA DÉGRADATION CONTINUE DE CE PATRIMOINE PUBLIC
Les crédits consacrés aux infrastructures routières ont augmenté en 2025, représentant 1,5 milliard d'euros en AE et 1,6 milliard d'euros en CP. Ces montants se décomposent en deux parts :
- le développement de nouvelles infrastructures (action 01 « Routes - développement ») ;
- l'entretien courant et la régénération du réseau routier national non concédé actuel (action 04 « Routes - entretien »).
Évolution de la consommation des AE et CP
consacrés à la route
(action 01 et 04 du
programme 203) entre 2018 et 2025
(en millions d'euros)
Source : commission des finances du Sénat (d'après les documents budgétaires)
Les dépenses relatives aux nouvelles infrastructures routières suivies sur l'action 01 ont fortement diminué en 2025. Le montant consommé des AE a baissé de 246 millions d'euros (- 27 %) quand celui des CP se repliait dans le même temps de 54 millions d'euros (- 9 %). Cette évolution traduit la tendance à la baisse des investissements dans de nouveaux projets routiers, en particulier dans le cadre des CPER. Ce phénomène est notamment mis en avant dans le rapport annuel de performances du programme 203 : « conformément aux orientations du Gouvernement, le volet routier des CPER 2023-2027 dispose de moyens inférieurs à ceux de la génération précédente ».
En 2025, 1 064 millions d'euros ont été consacrés à l'entretien et à la régénération du réseau routier national non concédé (action 04), soit une augmentation de 10 % (95 millions d'euros) par rapport aux crédits exécutés en 202418(*). Cette augmentation s'explique entièrement par la hausse des dépenses de régénération qui ont représenté 727 millions d'euros en 2025 contre 632 millions d'euros l'année précédente.
Dans le contexte de contrainte budgétaire qui prévaut aujourd'hui, alors que les investissements dans le réseau routier national non concédé sont notoirement très insuffisants pour enrayer sa dégradation continue, que l'état de ces infrastructures est déjà extrêmement préoccupant et bien que cette augmentation soit insuffisante, la priorité donnée aux investissements dans les réseaux de transport existants constitue une orientation pertinente.
Évolution des crédits de paiement
consacrés à l'entretien
et à la
régénération du réseau routier national
(2012-2025)
(en millions d'euros)
Source : commission des finances du Sénat (d'après les documents budgétaires)
Comme les rapporteurs ont pu le souligner dans leur rapport précité consacré au projet de loi de finances pour 2026, les montants consacrés à l'entretien et à la régénération du réseau routier national non concédé restent à ce jour très inférieurs aux investissements qui seraient nécessaires pour enrayer la spirale de dégradation de ces infrastructures. À ce titre, la conférence de financement des mobilités « ambition France transports » a estimé que les dépenses dans ce réseau devraient être majorées de 1 milliard d'euros par an d'ici à 2030, pour espérer inverser la tendance et préserver ce patrimoine national.
* 18 Il est à noter qu'en 2025, 63 millions d'euros ont été transférés aux régions Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est dans le cadre de la mise à disposition expérimentale de certaines voies du réseau routier national encadrée par les dispositions de la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale, dite « 3 DS ».

