Allez au contenu, Allez à la navigation

Les hélicoptères de l'armée de terre : situation et perspectives

10 juillet 2002 : Les hélicoptères de l'armée de Terre ( rapport d'information )

 

 

C. LES OPTIONS POSSIBLES POUR ATTÉNUER CETTE CHUTE CAPACITAIRE

L'armée de terre se trouve dans une situation critique. Elle ne peut mener de front le renouvellement de ses hélicoptères de combat et de ses hélicoptères de transport. Elle est aujourd'hui tributaire d'un choix effectué avant 1990, donnant à l'époque priorité aux hélicoptères de combat sur les hélicoptères de transport.

Or, d'une part nous constatons qu'au vu des besoins actuels, ce sont les hélicoptères de transport qui constituent la priorité opérationnelle. D'autre part, le glissement généralisé des programmes fait que le retard du Tigre repousse d'autant l'arrivée du NH 90, dont les livraisons doivent s'échelonner de 2011 à 2017 ! Il s'agit là d'un effet pervers de l'étalement excessif des programmes.

Face à cette situation préoccupante à plus d'un titre, peut-on esquisser les voies d'une amélioration ?

Des solutions palliatives sont déjà envisagées. Elles permettront d'atténuer la chute capacitaire, mais pas de l'éviter. Quant à l'avancement de la livraison du NH 90, il présente un coût budgétaire qui n'a pas permis jusqu'ici de s'engager dans cette voie.

1. Le renforcement du parc Cougar

Dans quelle mesure la chute des capacités offertes par les Puma pourra-t-elle être atténuée par le parc Cougar ?

L'ALAT dispose avec le Cougar d'une vingtaine d'appareils plus modernes que les Puma. Ils n'auront consommé en 2010 que la moitié de leur potentiel de vie et devraient d'ici là rénovés.

Cette rénovation porterait sur l'ensemble des AS 532 Cougar en service dans l'ALAT, soit 25 appareils incluant les 4 Cougar équipés du système Horizon. Il s'agit de traiter les obsolescences prévisibles compte tenu notamment de l'environnement opérationnel des prochaines années, mais aussi d'intégrer tous les équipements nécessaires pour permettre au Cougar d'être pleinement opérationnel aux côtés du NH 90 jusqu'à l'horizon 2025.

Il s'agit là d'une opération nécessaire compte tenu du potentiel encore très important que conservent ces appareils. Elle revêt, aux yeux de votre rapporteur, un caractère prioritaire.

Par ailleurs, dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2001, votée en fin d'année dernière, des autorisations de programme ont été ouvertes, à hauteur de 237 millions d'euros, pour l'achat, au profit des trois armées, de 13 Cougar de dernière génération EC 725, dotés d'un double turbine Makila 2A de Turboméca (Mk2+).

Ces appareils très polyvalents, et pourvus d'autoprotections, sont aptes à toutes les missions tactiques, à la recherche et au sauvetage, y compris au combat (Resco). Plus puissants que le Cougar Mk1 actuellement en service, ils disposent surtout d'une avionique et d'équipements de communications des plus modernes.

Il s'agissait là d'une demande formulée par l'Etat-major des armées au titre des premiers enseignements tirés des attaques terroristes du 11 septembre 2001 et des opérations en Afghanistan. Ces 13 appareils doivent être répartis entre les trois armées et principalement consacrées aux opérations spéciales.

L'armée de terre devrait en principe obtenir à ce titre une commande de 8 Cougar supplémentaires. D'un standard plus récent, ils viendraient compléter, au sein l'escadrille relevant du commandement des opérations spéciales, les 8 autres Cougar qui y sont déjà en service.

Présentant l'avantage d'être conçu dès le départ pour répondre aux besoins des opérations spéciales, ce qui n'est pas le cas des appareils dont dispose aujourd'hui le détachement ALAT des opérations spéciales, il permettra à ce dernier d'homogénéiser son escadrille. Des transferts entre unités pourraient ainsi intervenir.

D'autre part, cette capacité supplémentaire ne sera pas négligeable et allègera, modestement certes, la contrainte pesant sur la flotte d'hélicoptères de transport.

Toutefois, plus de 6 mois après l'adoption de la loi de finances rectificative, la date de passation de commande n'est toujours pas arrêtée. Votre rapporteur souhaite que cette commande puisse être passée dans les meilleurs délais, sachant que la livraison n'interviendra que deux années plus tard.