IV. 4. LES ANALYSES QUANTITATIVES DOIVENT PRENDRE EN COMPTE L'EFFET DES TIC
Le
comportement de l'investissement en biens d'équipement a
été particulièrement remarquable au cours des
années 1990.
Les modèles économétriques de l'investissement donnaient
des résultats satisfaisant jusqu'en 1992 (Bernanke, Bohn et Reiss, 1988
ou Oliner, Sichel, et Rudebusch, 1995 ou Duval, 2000). Depuis lors, il semble
que les modèles traditionnels de type accélérateur-profit
sous-estiment considérablement la croissance de l'investissement en
biens d'équipement des entreprises.
Tevlin et Whelan (2000) montrent que la raison en est simple. La part
prépondérante des technologies de l'information dans le stock de
capital productif a exercé deux effets majeurs.
Le premier effet tient au taux de dépréciation du stock de
capital productif, qui a doublé en vingt ans. Or, tous les
modèles traditionnels supposaient jusqu'alors un taux de
dépréciation du stock de capital constant. En levant cette
hypothèse, on parvient mieux à rendre compte de
l'évolution du stock de capital.
Le deuxième effet tient à l'accélération de la
baisse du coût d'usage du capital. La baisse exceptionnelle des prix
relatifs des TIC a modifié la sensibilité des entreprises
à ces prix. Alors qu'il ne semblait pas significativement joué
jusqu'au début des années 1990, le coût d'usage du capital
exerce maintenant un effet important.
Duval (2000) montre que l'accumulation de capital en équipements hors
informatique a été globalement conforme à ses
déterminants traditionnels que sont notamment l'effet
d'accélérateur (les perspectives de production) et le taux de
rentabilité économique.
Tevlin et Whelan (2000) montrent qu'en désagrégeant les TIC et
les équipements hors TIC, on obtient des résultats très
satisfaisants, à la condition toutefois d'incorporer dans la
modélisation le coût d'usage des TIC. Duval montre que cette
envolée de l'investissement en informatique et
télécommunications traduit pour l'essentiel un
phénomène de substitution aux autres types de capital et de
travail
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)
.
Le rôle « spécifique » des technologies de
l'information dans le comportement d'investissement des entreprises
américaines soulève quelques problèmes d'ordre
méthodologique. L'approche hédonique
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*
)
conduit à des chutes de prix
des ordinateurs de l'ordre de 20 à 30 % par an. Or, il est permis
de douter qu'après trois années d'utilisation, le remplacement
d'un ordinateur par un ordinateur au même prix apparent entraîne un
doublement du volume disponible. De même, supposer que le taux de
dépréciation des ordinateurs est de 55 %, comme le font les
statisticiens américains, revient à dire que la durée de
vie des ordinateurs est inférieure à deux ans, ce qui à
nombre d'égards peu paraître faible. Il faut donc garder à
l'esprit ces réserves, qui sont susceptibles d'avoir des
conséquences sur le profil futur de l'investissement en technologies de
l'information.