2. Les femmes sur le marché du travail

Le marché du travail présente, dans les nouveaux États membres de l'Union européenne, les anciens pays de l'Est en particulier, des aspects ségrégatifs à l'égard des femmes , de telle sorte que leurs priorités sont souvent différentes de celles des femmes occidentales.

Comme l'a noté, lors de son audition, Mme Monique Halpern, présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), en dépit de leur rejet du régime politique antérieur, ces femmes, à l'heure actuelle, n'ont pas le choix : étant donné leur situation économique précaire, elles sont obligées, pour évoluer, d'accepter un certain nombre de sacrifices, tout en espérant que leur adhésion à l'ensemble des normes européennes pourra entraîner une amélioration de leur situation. A titre d'illustration, elle a rappelé que les représentantes de certains pays baltes et d'Europe centrale avaient manifesté leur opposition au principe d'une réduction généralisée de la durée du travail, en indiquant qu'elles souhaitaient avant tout, compte tenu de l'insuffisance des revenus des femmes, pouvoir améliorer leur rémunération.

a) Le trop faible taux d'emploi des femmes

Comme l'a indiqué, au cours de son audition, Mme Tanja E.J. Kleinsorge, secrétaire de la commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, l'accès au marché du travail demeure plus difficile pour les femmes que pour les hommes .

Le taux d'emploi 24 ( * ) total s'élevait, en 2003, à 63 % en moyenne dans les 25 États membres de l'Union européenne, en augmentation régulière depuis 1997 (60,6 %). L'adhésion des dix nouveaux États membres fait toutefois légèrement reculer ce taux, qui s'établissait à 64,4 % chez les Quinze. Seuls deux de ces nouveaux membres avaient un taux d'emploi supérieur à la moyenne communautaire, Chypre (69,2 %) et la République tchèque (64,7 %). La Pologne , avec un taux d'emploi de 51,2 %, qui a de surcroît reculé de près de 8 % depuis 1998, occupe la dernière place, non seulement parmi les Dix mais aussi parmi les Vingt-Cinq. Aucun de ces nouveaux États membres n'atteint l'objectif global fixé à Lisbonne d'un taux d'emploi de 70 %.

Dans la plupart des États membres du Conseil de l'Europe, le taux d'activité professionnelle des femmes est inférieur à celui des hommes, tandis que le taux de chômage des femmes est en revanche supérieur à celui des hommes, même s'il existe de fortes variations d'une région à l'autre.

Selon le projet de rapport conjoint sur l'emploi 2004/2005 de la Commission européenne, le taux d'emploi des femmes dans les 25 États membres de l'Union européenne a continué de progresser en 2003, mais à un rythme plus lent. Seuls huit pays ont enregistré un taux d'emploi des femmes supérieur à 60 % en 2003, dont seulement un nouvel État membre, Chypre , tandis que sept pays n'ont même pas réussi à atteindre 55 %, dont quatre nouveaux États membres, Malte , la Pologne , la Slovaquie et la Hongrie .

Quant au taux d'emploi des femmes, dont on peut souligner l'extrême variation d'un pays à l'autre, à 50,2 %, il est inférieur dans les nouveaux États membres à la moyenne communautaire, soit 55,1 %. Six États membres parmi les dix nouveaux se situent toutefois au dessus de cette moyenne, et quatre États ne l'atteignent pas, Malte (33,6 %), la Pologne (46 %), la Hongrie (50,9 %) et la Slovaquie (52,2 %). Chypre , avec 60,4 %, est le seul nouvel État membre à atteindre l'objectif de Lisbonne d'un taux d'emploi des femmes de 60 %.

Taux d'emploi des hommes et des femmes
dans les dix nouveaux États membres
de l'Union européenne en 2003

Hommes

Femmes

UE 25

70,9 %

55,1 %

République tchèque

73,1 %

56,3 %

Estonie

67,2 %

59,0 %

Chypre

78,8 %

60,4 %

Lettonie

66,1 %

57,9 %

Lituanie

64,0 %

58,4 %

Hongrie

63,5 %

50,9 %

Malte

74,5 %

33,6 %

Pologne

56,5 %

46,0 %

Slovénie

67,4 %

57,6 %

Slovaquie

63,3 %

52,2 %

Source : Eurostat

Mme Tanja E.J. Kleinsorge a considéré que l'objectif consistant à atteindre une moyenne d'au moins 60 %, que s'est fixé l'Union européenne pour 2010 dans l'Agenda de Lisbonne, serait difficile à atteindre, sauf si l'augmentation annuelle moyenne du taux d'emploi des femmes observée depuis 1997 se maintenait au cours des cinq prochaines années.

Il est également très intéressant d'observer et de comparer l'écart entre le taux d'emploi des hommes et celui des femmes.

Dans l'ensemble des nouveaux États membres, ce taux est plus élevé pour les hommes, mais dans des proportions très variables selon les pays. Toutefois, l'écart en termes de taux d'emploi est plus faible dans les nouveaux États membres, 11,4 %, que parmi les « anciens », 16,5 %. Cette situation s'expliquerait en partie par un taux d'emploi des hommes plus faible dans les nouveaux États membres que dans les pays d'Europe occidentale.

Trois pays présentent un écart de taux d'emploi supérieur à la moyenne de l'Union, la République tchèque (16,8 %), Chypre (18,4 %) et Malte (40,9 %). La Hongrie (12,6 %) se situe également au dessus de la moyenne des nouveaux membres. Au contraire, en Lituanie (5,6 %), l'écart est peu important.

Écart de taux d'emploi entre les hommes et les femmes
dans les dix nouveaux États membres de l'Union européenne

(en 2003)

Lituanie

Estonie

Lettonie

Slovénie

Pologne

Slovaquie

Hongrie

UE 25

République tchèque

Chypre

Malte

5,6 %

8,2 %

8,2 %

9,8 %

10,5 %

11,1 %

12,6 %

15,8 %

16,8 %

18,4 %

40,9 %

Source : Eurostat

b) Le chômage des femmes : une situation plus dégradée à l'Est qu'à l'Ouest de l'Union européenne

Le taux de chômage 25 ( * ) des femmes demeure plus élevé que celui des hommes au niveau de l'Union européenne.

• Depuis 1998

Dans l'ensemble de l'Union, le taux de chômage des femmes a reculé d'un peu plus d'un point sur sept ans, passant de 11,3 % en 1998 à 10,2 % en 2004. Sur la même période, celui des hommes est resté inchangé, à 8 %.

Les femmes des nouveaux États membres présentent un taux de chômage moyen, à 15 %, nettement plus élevé que celui des Vingt-Cinq (10 %) et surtout que celui des Quinze (8,9 %).

De surcroît, la situation de ces femmes sur le marché de l'emploi s'est rarement améliorée au cours des dernières années, à l'exception de Chypre ou de la Lettonie . Au mieux s'est-elle stabilisée, comme en Estonie , après avoir du reste connu une dégradation au début des années 2000, ou en Hongrie . Elle s'est franchement détériorée en République tchèque , en Pologne et en Slovaquie .

Taux de chômage de la population féminine de 1998 à 2004 (%)

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

UE 25

11,3

10,8

10,2

9,8

10,0

10,1

10,2

République tchèque

8,1

10,3

10,3

9,7

9,0

9,9

9,9

Estonie

8,3

10,1

11,5

12,0

8,9

9,9

8,1

Chypre

*

*

7,8

6,4

4,9

5,2

6,3

Lettonie

13,6

13,6

12,9

11,5

11,4

10,6

10,3

Lituanie

11,7

12,3

14,1

14,3

13,4

13,1

11,3

Hongrie

7,8

6,3

5,6

4,9

5,1

5,5

6,0

Malte

*

*

7,4

9,1

9,8

10,7

8,3

Pologne

12,2

15,3

18,6

20,2

20,7

20,0

19,7

Slovénie

7,5

7,4

6,8

6,2

6,5

7,0

6,5

Slovaquie

*

16,9

18,5

18,9

18,9

17,8

19,3

* Données non disponibles Source : Eurostat

• Les derniers chiffres disponibles : mars 2005

En mars 2005, par rapport à mars 2004, le taux de chômage des hommes a baissé de 8,1 % à 8,0 % dans l'Union européenne, et celui des femmes a diminué un peu plus, passant de 10,2 % à 10 %.

Taux de chômage corrigé des variations saisonnières (%)

Hommes

Mars 2004

Septembre 2004

Octobre 2004

Novembre 2004

Décembre 2004

Janvier 2005

Février 2005

Mars 2005

UE 25

8,1

8,0

8,1

8,1

7,9

8,0

7,9

8,0

République tchèque

7,1

7,1

7,1

7,1

7,2

7,2

7,2

7,3

Estonie

10,9

9,9

9,6

9,4

9,3

9,2

9,1

8,9

Chypre

4,0

4,0

4,0

4,1

4,4

4,5

4,5

4,1

Lettonie

9,4

9,2

9,1

9,1

9,0

9,0

8,9

8,8

Lituanie

11,2

9,7

9,3

8,7

8,3

8,1

7,8

7,6

Hongrie

5,7

5,8

5,9

6,1

6,2

6,2

6,2

6,3

Malte

7,0

6,8

6,7

6,6

6,6

6,6

6,4

*

Pologne

18,4

17,8

17,7

17,6

17,5

17,7

17,7

17,6

Slovénie

5,8

5,5

5,4

5,3

5,3

5,3

5,3

5,4

Slovaquie

17,9

16,3

16,0

15,6

15,2

14,9

14,6

14,4

Femmes

Mars 2004

Septembre 2004

Octobre 2004

Novembre 2004

Décembre 2004

Janvier 2005

Février 2005

Mars 2005

UE 25

10,2

10,1

10,0

9,9

10,1

10,0

10,1

10,0

République tchèque

10,0

9,8

9,8

9,8

9,8

9,7

9,7

9,5

Estonie

8,7

7,7

7,4

7,2

7,1

7,0

6,9

6,8

Chypre

6,4

6,4

6,5

6,6

6,8

6,9

7,0

6,4

Lettonie

10,3

10,3

10,4

10,3

10,3

10,2

10,2

10,1

Lituanie

11,6

10,8

10,6

10,4

10,3

10,1

9,8

9,7

Hongrie

5,8

6,0

6,1

6,2

6,3

6,4

6,4

6,4

Malte

9,1

7,5

7,7

7,7

7,7

7,7

7,6

*

Pologne

19,8

19,6

19,5

19,4

19,3

18,7

18,6

18,7

Slovénie

6,6

6,4

6,4

6,3

6,3

6,3

6,3

6,3

Slovaquie

19,6

19,2

18,9

18,9

18,6

18,3

18,0

17,7

* Données non disponibles Source : Eurostat

Dans l'ensemble, les femmes présentent un taux de chômage de 10 % au niveau de l'Union européenne. Sept des dix nouveaux États membres ont un taux de chômage des femmes inférieur à cette moyenne, la Slovénie affichant même un taux de 6,3 %. En revanche, la Lettonie , la Slovaquie et la Pologne se situent au dessus de la moyenne communautaire, parfois dans une proportion importante, le chômage frappant 17,7 % des femmes actives en Slovaquie et 18,7 % en Pologne .

Il convient d'insister sur l'écart qui peut être observé entre le taux de chômage des femmes et celui des hommes, au détriment des premières, qui est de 2 % au niveau communautaire 26 ( * ) .

Dans tous les nouveaux États membres de l'Union européenne, à l'exception de l'Estonie, où le taux de chômage des hommes est plus élevé que celui des femmes de 2,1 %, les femmes sont davantage pénalisées que les hommes sur le marché du travail, dans des proportions toutefois très variables, allant de 0,1 % en Hongrie à 3,4 % en Slovaquie :

Écart de taux de chômage entre les hommes et les femmes
dans les dix nouveaux États membres de l'Union européenne

(en mars 2005)

Estonie

Hongrie

Pologne

Slovénie

Malte

Lettonie

UE 25

Lituanie

République tchèque

Chypre

Slovaquie

- 2,1 %

+ 0,1 %

+ 0,9 %

+ 1,0 %

+ 1,2 %

+ 1,3 %

+ 2,0 %

+ 2,1 %

+ 2,2 %

+ 2,3 %

+ 3,4 %

Source : Eurostat

Mme Tanja E.J. Kleinsorge, au cours de son audition, a toutefois estimé que ces statistiques ne reflétaient pas totalement la réalité puisque ce sont les femmes qui sont surtout employées dans le secteur informel et qui supportent l'essentiel des responsabilités familiales.

En outre, de nombreuses femmes sont, selon l'expression de l'Organisation internationale du travail (OIT), des « travailleurs découragés », et n'entrent donc pas dans les statistiques nationales du chômage pour plusieurs raisons : elles ne recherchent pas activement un emploi, même si elles ont une réelle volonté de travailler, parce qu'elles ont le sentiment qu'elles n'en trouveront pas, ne sont pas très mobiles professionnellement, ou subissent des discriminations ou encore font face à des barrières structurelles, sociales ou culturelles. Cette thèse est d'ailleurs confirmée par une récente étude du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) sur les femmes et l'emploi en Europe centrale et orientale et dans la Communauté des États indépendants (CEI). Selon cette étude, même dans les pays où le taux de chômage féminin est statistiquement inférieur de quelques points, comme c'est le cas en Estonie , les femmes peuvent être davantage touchées que les hommes, en raison des différences entre les sexes quant à l'appréciation du chômage et le processus de classification et d'autoclassification dans la catégorie des chômeurs, les femmes acceptant plus facilement que les hommes de se définir comme « personne au foyer », même si elles préféreraient avoir un emploi.

c) Le faible recours au temps partiel dans les nouveaux États membres

Les nouveaux États membres de l'Union européenne présentent une spécificité par rapport aux Quinze, qui tient au faible recours au travail à temps partiel pour les femmes .

Ainsi, en 2003, la moyenne communautaire s'établissait à 4,2 % pour les hommes travaillant à temps partiel mais à 25,9 % pour les femmes et même à près de 30 % chez les Quinze, soit un écart respectif de plus de 21 % et d'environ 25 %.

Cet écart n'est que de 3,2 % en moyenne dans les dix nouveaux États membres, où seulement 5,3 % des femmes travaillent à temps partiel. Rappelons que neuf des quinze « anciens » présentent un taux supérieur à 25 %. La situation des nouveaux États membres est toutefois, ici aussi, très contrastée, puisque Malte a un taux de femmes travaillant à temps partiel de 16,6 % et que l' Estonie approche les 10 %, le taux de la Slovaquie s'établissant à seulement 2,8 %.

Taux d'emploi à temps partiel des femmes en 2003 (%)
dans les dix nouveaux États membres de l'Union européenne

Slovaquie

Slovénie

Hongrie

République tchèque

Chypre

Pologne

Lituanie

Lettonie

Estonie

Malte

UE 25

2,8

2,8

4,6

4,8

5,5

5,5

7,8

8,4

9,4

16,6

25,9

Source : Eurostat

d) D'importantes disparités salariales

Evoquant le problème de la disparité salariale, Mme Tanja E.J. Kleinsorge a noté que les femmes étaient souvent moins bien rémunérées que les hommes pour le même travail ou un travail de valeur égale, soit 15 % de moins en moyenne mais jusqu'à 25 % à 30 % de moins dans certains cas.

L'écart des rémunérations entre les hommes et les femmes, au détriment de ces dernières, s'est établi à 15 % en 2003 dans l'ensemble de l'Union européenne. Il n'a que lentement et légèrement diminué depuis 1995 (17 %). En 2003, seuls quatre nouveaux États membres présentaient un écart de rémunérations inférieur à la moyenne communautaire, Malte (4 %), la Slovénie (9 % en 2002), la Pologne (11 %) et la Hongrie (14 %). Les six autres nouveaux États se situent au dessus, parfois dans une proportion relativement importante : la Slovaquie (23 %), l' Estonie (24 %) et Chypre (25 %).

Toutefois, aussi importantes soient-elles, ces disparités salariales n'ont pas augmenté dans les nouveaux États membres de l'Union européenne, entre 1995 et 2003, et ont même eu tendance à se réduire , parfois de manière sensible, comme en Lituanie , où l'écart de rémunérations est passé de 27 % en 1995 à 17 % en 2003, en Hongrie , de 22 % à 14 %, à Malte , passant de 11 % en 2000 à 4 %, ou en Slovénie , de 14 % à 9 % en 2002.

Écart des rémunérations entre hommes et femmes (non corrigé) de 1995 à 2003

Écart de la rémunération horaire brute moyenne entre hommes et femmes
en % de la rémunération horaire brute moyenne des hommes

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

UE 25**

17

17

16

17

16

16

16

16

15

République tchèque

*

21

21

25

22

22

20

19

19

Estonie

27

27

28

26

26

25

24

24

24

Chypre

29

28

27

26

27

26

26

25

25

Lettonie

*

*

*

20

20

20

16

16

16

Lituanie

27

22

23

22

16

16

16

16

17

Hongrie

22

23

24

23

21

21

20

16

14

Malte

*

*

*

*

*

11

9

6

4

Pologne

*

*

*

*

15

*

12

11

11

Slovénie

14

15

14

11

14

12

11

9

*

Slovaquie

*

*

*

*

23

22

23

27

23

* Données non disponibles Source : Eurostat

** Estimation Eurostat

Mme Sabrina Tesoka a précisé, pour expliquer cette stagnation des écarts salariaux, que la sphère très dynamique des services privés, mieux rémunérés, créait des emplois plus volontiers masculins, et a rappelé l'influence de la féminisation des services publics à faibles salaires.

Ces écarts de rémunérations apparaissent d'autant plus injustifiés que, comme dans de nombreux pays d'Europe occidentale, la France en particulier, les filles des nouveaux États membres obtenaient de meilleurs résultats scolaires que les garçons. Ainsi, le fait d'avoir un haut niveau d'études n'est aucunement une garantie et, dans de nombreux pays, le différentiel des salaires se creuse d'autant plus que les femmes ont un degré d'instruction élevé.

Ainsi, Mme Sabrina Tesoka a souligné le niveau d'instruction élevé dans les nouveaux États membres et rappelé qu'en termes d'éducation et d'orientation des femmes vers les filières scientifiques, les PECO avaient une certaine avance sur l'Europe des Quinze. Elle a estimé que cet acquis des PECO était l'un des rares à avoir bien résisté. Revenant sur le haut niveau d'éducation et de formation des femmes dans ces pays, elle a déploré que ce dernier ne leur assure pas un niveau de salaire satisfaisant.

Comme l'a montré l'étude de la Fondation, les femmes dans les nouveaux États membres et les pays en voie d'accession semblent bénéficier d'un certain avantage par rapport à leurs consoeurs de l'UE à Quinze : un niveau de formation et d'éducation particulièrement élevé. Il y a beaucoup plus de femmes qui exercent des professions libérales, médecins, architectes, avocats par exemple, ou semi libérales dans les nouveaux États membres que dans l'Union à Quinze.

On pourrait cependant déplorer que le caractère remarquable de ce niveau de qualification ne se traduise pas nécessairement par un avantage financier pour les femmes concernées : l'écart salarial entre les hommes et les femmes dans les PECO est plus important que dans l'Union européenne des Quinze.

Mme Tanja E.J. Kleinsorge a fait la même analyse, constatant que, dans les nouveaux États membres de l'Union européenne qui avaient appartenu, dans le passé, au bloc socialiste, les femmes avaient généralement reçu une éducation de haut niveau, mais que leur embauche n'était pas corrélée à leur qualification, et a toutefois rappelé que ce phénomène existait également en Europe occidentale, par exemple en France.

Dans un article 27 ( * ) de la revue Transitions , Alena Krizkova, note, à propos de la République tchèque , que, « malgré des dispositions législatives en faveur de l'égalité des chances pour les hommes et les femmes qui interdisent la discrimination, les inégalités de genre ne disparaissent pas sur le marché du travail. Elles semblent même s'approfondir. Dans le même temps, la conscience d'une discrimination frappant les femmes progresse au sein de la population tchèque. Les femmes elles-mêmes ont clairement conscience que leur position n'est pas égale à celle des hommes. Selon de récentes enquêtes, 40 % des femmes tchèques ont souffert de discrimination dans leur emploi, la moitié d'entre elles les imputant à leur sexe ». L'auteur rappelle d'ailleurs qu'en République tchèque, « le salaire moyen des femmes exerçant des fonctions de direction représentait en 2001 seulement 55 % du salaire moyen des hommes relevant de ce niveau de classification. En 2001, les femmes diplômées du supérieur gagnaient environ 65 % du salaire moyen des hommes disposant du même niveau d'études ».

* 24 Le taux d'emploi se définit comme la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler.

* 25 Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

* 26 Cet écart est de 2,9 % dans les douze pays de la zone euro.

* 27 Cet article est intitulé Entre transition et stéréotypes de genre. Les femmes tchèques sur le marché du travail.

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