Allez au contenu, Allez à la navigation



Inde : un géant en apprentissage

 

II. LES DIFFICULTÉS DU SECTEUR AGRICOLE

A. L'AGRICULTURE EST LA PRINCIPALE ACTIVITÉ EN INDE

1. L'importance considérable du secteur agricole

Depuis la révolution verte des années 1960 et 1970, l'Inde a atteint l'autosuffisance alimentaire. Pour certaines cultures comme le riz, elle est même un des principaux exportateurs mondiaux. Le secteur agricole emploie directement ou indirectement 65 % de la population et représente environ un quart du PIB, avec toutefois une tendance déclinante puisque de 28 % en 1995-1996, la part de l'agriculture n'était plus que 22 % en 2004-2005.

2. Le ralentissement des gains de productivité

Alors que le produit agricole croissait de 6,5 % par an dans la période 1992-1996, la progression est tombée à 3 % par an pour la période 1996-2001 puis 2 % en 2004 et seulement 1,1 % en 2005. L'exercice 2005-2006 devait voir un rebond à 2,5 %. Reste que le dynamisme qui avait cours jusqu'au milieu des années 1990 apparaît aujourd'hui difficile à retrouver.

De fait, la structure des exploitations peine à se moderniser puisque la surface cultivée moyenne par exploitation n'est que de 1,2 hectare. La surface irriguée ne représente quant à elle que 55 millions d'hectares sur 181 millions d'hectares de surface agricole utile (SAU). Le recul des investissements publics dans l'irrigation depuis les années 1980 et la croissance des besoins non agricoles du fait de l'augmentation de la population se combinent pour créer une situation de pénurie d'eau disponible pour l'agriculture.

B. LA RÉPONSE DES POUVOIRS PUBLICS À L'ATONIE DE L'AGRICULTURE

1. La libéralisation du secteur

Comme dans les autres secteurs, la réponse des pouvoirs publics indiens consiste essentiellement à libéraliser l'activité et à encourager les investissements du secteur privé national et étranger. Le gouvernement actuel attache une importance accrue à la situation du monde rural. Il a notamment lancé un programme d'insertion par le travail dans les zones rurales. Par ailleurs, les efforts de modernisation devraient permettre d'accroître la part des produits transformés, qui ne représentent aujourd'hui que 20 % de la production et seulement 3 % en matière de fruits et légumes.

2. La piste des OGM

L'Inde recourt largement aux OGM, mais seulement en matière de coton. Le recours aux biotechnologies pourrait toutefois constituer une solution à certaines difficultés spécifiques de l'agriculture indienne (manque d'eau ou problèmes de conservation et de stockage dus aux insuffisances des réseaux de transport et à l'absence de chaîne de froid).