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L'avenir de la filière agricole à l'horizon 2050

 

QUATRIÈME PARTIE - AGRICULTURE : NATURE ? ALIMENTATION ? SANTÉ ? ÉNERGIE ? A QUOI PENSEZ-VOUS QUAND VOUS POUSSEZ VOTRE CADDIE ? Étude réalisée dans le cadre du conseil d'évaluation et de prospective de la commission des affaires économiques par M. Philippe Godin, consultant
INTRODUCTION 

CONNECTER SPÉCIALISTES, PROFESSIONNELS ET POLITIQUES

1. Caddie = bulletin de vote ?

Le consommateur-citoyen ? « Son caddie est aujourd'hui un véritable bulletin de vote au niveau planétaire ». C'est ce qu'écrit le directeur des Cafés Malongo, Jean-Pierre Blanc, dans la postface de Nous ferons un monde meilleur. Cet ouvrage a été écrit par Francisco Van der Hoff, auteur d'une expérience commerciale originale qui est devenue le commerce équitable. Le commerce équitable ? « Le mirage d'une campagne populaire en Europe qui n'a aucune chance d'inverser les tendances de la " guerre des tranchées " qu'est l'économie mondiale et contribue au contraire à empêcher l'émergence de vraies solutions ». Voilà ce qu'en dit Jean-Pierre Boris dans Commerce inéquitable : le roman noir des matières premières.

70 % de l'alimentation passe par le système de la grande distribution ; le commerce équitable représente à peine 1 % de la consommation alimentaire française. Tandis que la plupart des produits agricoles est livrée à l'industrie agroalimentaire et non pas à la grande distribution en direct. Quel est donc le chemin de la table à l'étable ? Ou celui de la fourche à la fourchette ? Est-ce indifférent de faire le parcours depuis le consommateur en remontant vers le producteur plutôt que d'aller de l'agriculteur vers le « destructeur » final du produit ? Et n'y a-t-il pas des étapes en amont de l'agriculteur : d'où viennent ses semences, par exemple ? Et n'y a-t-il pas des étapes en aval du consommateur : que fait-il de ses déchets ? L'agriculteur est-il vraiment au milieu d'une chaîne ? N'est-il pas plutôt inséré dans de multiples réseaux ? Tout comme le consommateur dont le caddie contient des produits venant du monde entier, toujours moins chers. A quoi pense celui qui pousse son caddie ? « Nos emplettes sont nos emplois ! » clame le slogan. « Si de moins en moins de produits sont issus de mon pays », peut-il penser, « et si ceux qui en proviennent sont de moins en moins chers, de moins en moins de salaires y seront distribués ! ». L'emploi est-il ainsi menacé ? La mondialisation est-elle vraiment un facteur de délocalisation ? Est-ce vrai pour l'industrie agroalimentaire ? Est-ce vrai pour l'agriculture ? Que vont devenir nos campagnes ? Finalement, d'où viendra ma nourriture ? Puis-je avoir confiance ? Où pourrai-je satisfaire mon besoin de nature ? ...

Le flot de questions peut s'enclencher très vite. Et si chacune d'entre elles est légitime mais reste sans réponse pertinente ou sans cohérence avec le reste, le flot peut s'amplifier, sans qu'il soit possible de le contenir.