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Le système de protection sociale en Argentine : reconstruire après la crise

 

b) Des pensions non contributives pour les populations les plus démunies

La couverture des personnes âgées a souffert du durcissement des conditions d'attribution d'une retraite, mais également de la détérioration du marché du travail, la mise en place d'un régime de transition n'ayant pas suffi à maintenir la protection de ces personnes.

La couverture de la population âgée (au-delà de soixante-cinq ans) a chuté, passant de près de 77 % de la population en 1994 à 66 % en 2002. On mesure encore mieux l'ampleur de ce résultat si l'on considère la proportion de la population âgée qui ne dispose pas d'une prestation vieillesse, d'un revenu de remplacement ou de la prestation d'un conjoint. En effet, durant la période 1994-2001, la part de la population âgée ne disposant d'aucune forme de protection sociale est passée de 8 % à 16 %.

De plus, les contraintes budgétaires ont freiné le déploiement du programme de retraite non contributif (que l'on pourrait comparer, toutes choses égales par ailleurs, au minimum vieillesse).

Le système argentin comporte un système de retraites dites non contributives (pensiones non contributivas - PNC), qui sont versées à des catégories de population déterminées par la loi sans versement préalable de cotisations. L'objectif premier de ce système est d'offrir une protection sociale aux populations en situation de précarité.

Contrairement aux retraites du régime général, ce système n'est pas géré par l'Administracion Nacional de la Seguridad Social (ANSES) mais par le ministère du développement social (ministerio de desarollo social) depuis 1999. Il s'agit donc clairement d'un dispositif relevant de la solidarité nationale.

Plusieurs catégories de personnes peuvent prétendre bénéficier de ces retraites non contributives : les personnes âgées, les invalides, les mères de plus de sept enfants, les anciens combattants de la guerre des Malouines, mais également des bénéficiaires spécifiques désignés par la loi. Cette dernière catégorie rassemble le Président et le Vice-président de la République, les prix Nobel, les champions olympiques, les pionniers de l'Antarctique ou encore les membres du clergé.

Au sein de cet ensemble, les pensions versées aux mères de plus de sept enfants représentent plus de 50,1 % des pensions versées, le minimum vieillesse moins de 10 % et les anciens combattants 8 %.

Entre 1991 et 2003, le nombre de bénéficiaires a crû de 40 % au titre du minimum vieillesse et d'invalidité et de plus de 120 % du fait de la création, par la loi, de nouvelles catégories de bénéficiaires.

Malgré ces efforts, la part de la population âgée ne disposant pas de prestation vieillesse, d'un autre revenu propre ou du revenu d'un conjoint a doublé entre 1994 et 2002, passant de 8 % à 16 %.