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Union européenne - Russie : quelles relations ?

 

3. Des perspectives difficiles à tracer

a) Un partenariat stratégique ?

À quoi pourraient ressembler les relations entre l'Union européenne et la Russie dans quinze ou vingt ans ?

En 2004, dans leur rapport (12(*)), nos collègues députés, René André et Jean-Louis Bianco, dessinaient quatre scenarii pour l'avenir des relations entre les deux entités :

- l'adhésion de la Russie à l'Union européenne ;

- un partenariat qui se définirait comme « tout sauf les institutions » pour reprendre la formule de l'ancien Président de la Commission européenne, Romano Prodi ;

- le partenariat stratégique ;

- le statu quo.

? L'adhésion de la Russie à l'Union européenne ne paraît pas une option envisageable à court ou moyen terme.

Même si, par la géographie, une partie du territoire de la Russie est située en Europe, la population et la taille de ce pays sont telles qu'elle dépasseraient la capacité d'intégration de l'Union européenne.

Surtout, les autorités russes ont toujours affirmé que la Russie ne voulait pas intégrer l'Union européenne. En effet, comme l'ont souligné les représentants du gouvernement russe lors de mon déplacement à Moscou, la Russie n'est pas disposée à accepter les larges transferts de souveraineté qu'impliquerait l'adhésion à l'Union européenne. Le Président Vladimir Poutine a d'ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu'il excluait une telle hypothèse. Dans une tribune publiée par le Journal Le Monde, il écrit ainsi : « Je voudrais souligner que le renforcement des liens dans plusieurs domaines avec l'Union européenne est un choix de principe pour la Russie. Il est vrai que, dans l'avenir proche, nous ne nous apprêtons pas à adhérer à l'Union, ni à entrer dans une sorte d'association avec elle. Partant d'une approche réaliste, la Russie a l'intention de fonder ses relations avec l'Union européenne sur des principes conventionnels et de partenariat stratégique. Dans ce contexte, j'adhère à la formule des relations de la Russie avec l'Union européenne établie par Romano Prodi : « tout sauf les institutions » (13(*)).

? Une relation fondée sur la formule « tout sauf les institutions » ne paraît pas non plus réaliste. En effet, même si le Président de la Fédération de Russie semble adhérer à la proposition de Romano Prodi, on ne peut oublier que la principale revendication de la Russie est précisément d'être associée à la prise de décision.

? Le scénario du « statu quo » paraît incompatible avec un renforcement des relations dans le domaine de l'énergie, de la sécurité extérieure ou encore en matière de justice et d'affaires intérieures. Dans ce contexte, on ne peut que s'étonner que ce scénario soit ouvertement envisagé, tant à Bruxelles qu'à Moscou.

? La seule voie porteuse d'avenir paraît donc être celle du partenariat stratégique. La principale difficulté tient toutefois au fait que l'Union européenne ne dispose pas aujourd'hui d'un modèle de relation reposant sur ce schéma.

* (12) Ibid.

* (13) Vladimir Poutine, « Vive le dialogue Europe-Russie », Le Monde, 28 mars 2007.