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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

2. L'ouverture sociale des classes préparatoires : un objectif et de premières mesures concrètes

a) Un recrutement volontariste des meilleurs bacheliers boursiers
(1) Le voeu formulé par le Président de la République en 2006 : un tiers de boursiers en CPGE d'ici trois ans

La volonté d'ouvrir plus largement aux jeunes des milieux modestes l'accès à l'université et aux grandes écoles, dans une logique de « respiration de la société » française, a été clairement affirmée par le précédent Président de la République, M. Jacques Chirac, dans son allocution prononcée le 4 janvier 2006 à l'occasion des voeux à la presse.

S'inscrivant dans le cadre d'une double exigence de promotion du mérite et d'égalité des chances, celui-ci a évoqué des propositions et objectifs précis pour les classes préparatoires aux grandes écoles : « les meilleurs bacheliers de chaque lycée de France doivent avoir un droit d'accès garanti aux classes préparatoires aux grandes écoles, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Nous commencerons, dès cette année, avec les meilleures mentions au baccalauréat. Et les classes préparatoires devront porter leur taux d'élèves boursiers à un tiers, comme c'est le cas dans les universités. »

(2) Une mobilisation autour de cet objectif : de premiers résultats encourageants

Cette déclaration a suscité la mobilisation du ministère de l'éducation nationale, en vue de placer le recrutement en CPGE, à partir de la rentrée 2006, « sous le signe de l'égalité des chances ».

A cette fin, les recteurs, chefs d'établissement et équipes éducatives ont reçu pour instruction de « stimuler le dépôt de candidatures d'élèves issus de familles défavorisées et de porter davantage d'attention à ces candidatures au moment du classement des dossiers. »45(*)

Dans un premier temps, au moment de la procédure ordinaire d'admission en CPGE, au printemps 2006, les chefs d'établissement ont été invités à solliciter tous les lycéens boursiers (ainsi que ceux susceptibles de l'être dans l'enseignement supérieur) ayant les capacités scolaires de suivre cette formation, afin qu'ils envisagent de déposer un dossier de candidature.

Dans un second temps, dans le cadre de la procédure complémentaire prévue pour l'affectation dans les places laissées vacantes, qui se déroule depuis la publication des résultats au baccalauréat et jusqu'à la rentrée de septembre, les rectorats ont contacté les bacheliers boursiers ayant obtenu une mention « bien » ou « très bien », et ne s'étant pas portés candidats à l'accès à une CPGE, afin qu'il leur soit proposé une inscription, à l'occasion d'un entretien individuel.

Le premier bilan de cette politique volontariste montre des résultats encourageants, puisque le taux de boursiers en CPGE a progressé de façon sensible en un an, passant de 18 % à près de 22 %, parmi les effectifs de première année. L'inscription dans le cadre de la procédure complémentaire a bénéficié à 1 525 élèves à la rentrée 2006, dont 25 % de boursiers46(*).

* 45 Circulaire n° 2006-063 du 5 avril 2006 relative à l'admission des étudiants en CPGE - rentrée 2006 (Bulletin officiel n° 15 du 13 avril 2006).

* 46 Source : circulaire n° 2007-029 du 29 janvier 2007 relative à l'admission des étudiants en CPGE - rentrée 2007 (Bulletin officiel n° 6 du 8 février 2007).