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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

UNION DES ENTREPRISES POUR LA PROTECTION DES JARDINS ET DES ESPACES VERTS - UPJ

Site Internet : http ://www.upj.fr

M. Jacques MY, Directeur général
M. Michel FLOQUET, Directeur de division chez COMPO professionnel
M. Michel URTIZBEREA, Toxicologue responsable de l'homologation chez BASF

(12 juillet 2006)

M. Jacques MY a signalé l'importance de la création de la mention « Jardin » en France qui garantit aux amateurs des mesures de sécurité plus importantes que pour les professionnels. De la sorte, les produits les plus dangereux sont écartés de l'usage domestique. Un arrêté de 1999, modifié en 2004, a garanti un effort accru sur les emballages et les étiquetages ; en la matière, la France est en avance sur l'Union européenne.

L'apposition de cette mention « Jardin » a conduit à des évaluations de risques propres aux amateurs qui ne manipulent pas les produits comme le feraient les agriculteurs. Ces évaluations ont exigé une modélisation lourde.

Il existe aussi des formulations prêtes à l'emploi pour les amateurs afin de leur éviter la phase de préparation au cours de laquelle l'erreur sur le dosage ou l'omission du port de gants sont des risques courants.

M. Michel URTIZBEREA a souligné que les enfants risquaient de manipuler ces produits pour lesquels les risques sur la santé et ceux sur l'environnement étaient pris en compte, aussi a-t-il insisté sur l'importance du tournant constitué par la directive mise en place en 1993-1994.

M. Jacques MY a précisé qu'aucune molécule n'avait été retirée pour des raisons techniques ou toxicologiques des produits amateurs, ce qui s'expliquait par les investissements très élevés consentis avant de lancer une molécule. De la sorte, il n'est pas nécessaire de procéder à l'invention de nouvelles molécules pour les produits destinés aux amateurs car ceux-ci bénéficient des recherches effectuées pour les produits professionnels.

Evoquant le glyphosate qui permet un désherbage avant semis, ce produit n'a pas donné lieu à une variante propre à l'amateur.

Dans ce domaine, la recherche porte en priorité sur les céréales, le maïs et le coton, la vigne venant très loin derrière.

L'Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts (UPJ) concentre son activité sur les jardins des amateurs ainsi que sur les espaces verts (golfs, terrains de sport...). L'UPJ se préoccupe aussi de sensibilisation et de formation et le ministère chargé de l'environnement possède un répertoire des actions actuellement en cours à l'UPJ.

M. Michel URTIZBEREA a relevé que les odeurs dans les magasins de jardinage n'étaient pas dangereuses et que, chez l'utilisateur, il convenait de bien refermer les emballages et les bidons. M. Jacques MY a précisé que la taille des emballages pour les produits avec mention « Jardin » était obligatoirement plafonnée à 5 kg ou à 5 l et limitée à une surface d'épandage de 5 000 m2 par emballage pour éviter le stockage. Actuellement un nouvel étiquetage est en cours d'homologation afin de passer de l'indication dose par hectare ou par hectolitre à l'indication dose par mètre carré ou par litre mais des progrès restent encore à faire dans l'étiquetage pour qu'ils soient lus et compris car « trop d'étiquetage tue l'étiquetage ». En outre, un guide de l'étiquetage existe pour accorder les mises sur le marché.

Il a également signalé l'existence d'initiatives prises par l'UPJ pour mettre en place des cliniques des plantes dans les manifestations temporaires comme à Courson, au salon de l'agriculture ou à la Foire de Paris. Cela permet de conseiller le public par exemple sur les plantes malades sans que cela débouche forcément sur la vente de produits puisque la plupart des maladies des plantes provient d'un arrosage ou d'un traitement excessif. A cette occasion, des fiches sont distribuées comportant au dos neuf conseils-clés.

En 2006, une enquête sur les pratiques des jardiniers amateurs a été conduite par l'organisme de sondages CSA, elle a montré que les trois quarts des Français possédaient des végétaux et qu'ils avaient conscience du caractère non anodin des produits de traitement des plantes. De plus, les limites maximales de résidus (LMR) sont des limites à respecter par le consommateur, sans qu'il y ait pour autant danger à les dépasser. En réalité, l'utilisateur semble respecter les conditions d'emploi des produits, même si cela est impossible à vérifier, tout au plus peut-on supposer une tendance de l'amateur à surdoser.

M. Michel FLOQUET a estimé que dès que l'on dit « pesticide » on a le réflexe de lire l'étiquette, ce à quoi M. Michel URTIZBEREA a ajouté qu'en réalité, si des légumes reçoivent une dose excessive d'engrais, aucun problème n'apparaîtra, de même si un traitement du légume est effectué la veille du jour de sa consommation, il n'y aura pas de danger à manger ce légume le lendemain. En conclusion, M. Jacques MY a rappelé qu'il existait en France 13 millions d'amateurs de jardin, dont 2 millions d'amateurs éclairés.

Documents de référence :

- « FORMAP JARDIN, Formation des amateurs à l'utilisation des produits phytosanitaires », Association nationale de protection des plantes, édition 3-99

- « UPJ l'expert en jardins et en espaces verts », plaquette de présentation de son organisation et de ses actions

- « PHYTOMA, la défense des végétaux », revue publiée par Ruralia, n° 594, juin 2006

- « Guide des bonnes pratiques phytosanitaires en espaces verts », UPJ