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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

CASTORAMA

Site Internet : http ://www.castorama.fr

M. Bruno de La CHESNAIS, Directeur du Développement durable
M. David PIETRZAK, Ingénieur produits chimie à la Direction de la qualité

(2 octobre 2006)

M. Bruno de La CHESNAIS a présenté Castorama France : 14.000 personnes, 101 magasins, un million de mètres carrés de surface commerciale, 100.000 clients aux caisses chaque jour, 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, puis il a souligné que parmi les douze axes d'action de Castorama, le premier concernait les produits chimiques. De plus, les magasins ont proposé des produits à faible impact environnemental et, enfin, ils se sont efforcés de réduire l'impact des transports sur l'effet de serre grâce au transport combiné, ce qui a d'ailleurs valu à Castorama le Prix de l'environnement au Salon de la logistique en 2006 - en effet, Castorama est passé de 20 à 5 camions par jour et par magasin grâce à des plates formes régionales utilisant au maximum le transport fluvial et ferroviaire.

Castorama s'est également intéressé aux produits à éliminer comme, par exemple, les 30 tonnes de piles et batteries ou encore les 45.000 tonnes de papier et carton vendues par lui pour lesquelles il s'est fixé un objectif de valorisation et de recyclage par ses soins de 50 %. Il a jugé important de faire connaître ces actions pour que le consommateur progresse également. Enfin, M. David PIETRZAK a ajouté que la mousse polyuréthane se périmant, elle devait être surveillée.

M. Bruno de La CHESNAIS a indiqué que Castorama se conformait aux instructions de l'Organisation internationale du travail (OIT) relatives à l'interdiction de faire travailler des jeunes de moins de quinze ans. En outre, la diversité des recrutements est respectée, notamment à travers l'emploi de handicapés.

Castorama s'efforce aussi de présenter des solutions, par exemple pour les produits en fin de vie. 1.500 produits « partenaires pour la planète »  ont été auscultés avec WWF, 530 produits ont été référencés FSC (Forest Stewardship Council10(*)), dont des parquets et d'autres produits bien répartis entre les diverses catégories de produits en vente dans les magasins.

370 produits ont été référencés Eco-énergie dont un pistolet thermique, vendu à prix coûtant, pour diagnostiquer les déperditions de chaleur. Enfin, 600 produits bénéficient du « Label écologique de l'Union européenne » visant à réduire les produits toxiques dans l'habitat, dont des peintures, des vernis, ce qui figure sur le catalogue. Le consommateur a donc la possibilité d'orienter ses achats vers des produits à « faible teneur en solvants ». De plus, des labels indépendants permettent, par exemple, de mentionner le nombre de grammes de COV libérés par un produit dès le seuil de 10 grammes alors que la réglementation n'impose cette mention qu'à partir de 75 grammes.

A travers sa mission Toxiques, Castorama s'est engagé à développer des produits plus sains pour l'habitat et la personne en réduisant les produits toxiques, à encourager les produits avec l'Eco-label, à gérer le recyclage des produits dangereux.

Un atelier « développement durable » des fournisseurs de Castorama a été tenu au Futuroscope avec un vif succès et maintenant des propositions sont attendues des participants pour réduire les emballages et les produits toxiques.

En outre, à travers un partenariat avec WWF, Castorama s'efforce d'identifier les produits chimiques comportant un risque même si des incertitudes scientifiques demeurent et si aucune réglementation n'exige une telle démarche. Avec la réglementation REACH, cela deviendra obligatoire d'enregistrer en 2008 les produits contenant des substances dangereuses.

Castorama s'emploie aussi à substituer des produits moins dangereux à des produits toxiques, comme il l'a déjà fait en 2001 avec la suppression des éthers de glycol de type E des peintures. Enfin, en cas de signalement de produits dont le risque est avéré, Castorama en arrête la commercialisation et les inscrit sur une liste rouge.

De la sorte, dans les produits commercialisés aujourd'hui, 25 % des peintures et 50 % des parquets sont labellisés, contre 10 % en 2005. Évidemment, il est important d'avoir cette démarche sur les produits au coeur des ventes, plutôt que sur les produits marginaux et de ne communiquer que sur ce qui est déjà réalisé.

M. Bruno de La CHESNAIS a résumé ainsi les exigences de Castorama : interdiction des éthers de glycol de type E, réduction des formaldéhydes, des nonylphénols, du benzène, du toluène, du xylène et des substances chimiques à caractère cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR). Par ailleurs, des fiches de données de sécurité portant sur 3.000 produits sont accessibles par tous dans le magasin et sont à la disposition des médecins sur le site Internet.

Il ressort de tous ces éléments que Castorama interdit aujourd'hui davantage de produits que la loi ne l'y oblige, notamment lorsqu'il bannit les éthers de glycol de tous les produits. De même, lorsque Castorama considère qu'il convient de substituer totalement les formaldéhydes classés toxiques mais non encore réglementés alors que des panneaux de particules en contiennent, ce qui leur vaut un classement E2 ou E1, Castorama ambitionne pour l'avenir le classement E1 pour tous ses panneaux.

De même encore, Castorama a banni les nonylphénols de toutes les typologies de ses produits et pas seulement de quelques-uns d'entre eux. Enfin, Castorama a entrepris la substitution des produits comprenant des substances CMR par anticipation.

En conséquence, Castorama a choisi de suivre l'avis de la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) sur les éthers de glycol et de substituer d'autres substances aux éthers de glycol contenus dans des produits écartés. Tous les fournisseurs ont été sollicités, notamment après la deuxième alerte lancée par « Que choisir ? », et ils travaillent à des produits excluant les éthers de glycol incriminés.

M. David PIETRZAK a signalé les difficultés qu'il y avait à mesurer à la fois la qualité de peinture utilisée et ses émanations.

Cependant, M. David PIETRZAK a confirmé que l'objectif de Castorama demeurait de proposer à court terme des produits répondant aux attentes des consommateurs en matière de santé environnementale.

A cette fin, les vendeurs sont formés aux questions de santé ou d'économie d'énergie. Un test réalisé à Valence sera généralisé à tous les magasins en cas de succès.

M. Bruno de La CHESNAIS a estimé que la prise en compte du développement durable deviendrait de plus en plus exigeante chez Castorama, les produits étant considérés avec tous leurs composants et tous leurs dangers.

Il a souhaité que les exigences d'un étiquetage rigoureux soient étendues à tous les produits importés et que des priorités soient prises en compte par les industriels en fonction de la dangerosité des substances pour l'air intérieur.

M. Bruno de La CHESNAIS a rappelé que les substances à risque étaient les biocides (insecticide, fongicide, herbicide, traitement du bois, anti-bactéries), les formulations (solvant, plastifiant, détergent et retardateur de flamme aromatique) ainsi que les métaux lourds (chrome, mercure, cadmium, plomb) qui supposent une approche à long terme.

Interrogé sur les thermomètres à mercure, M. David PIETRZAK a précisé qu'il y en avait encore en vente.

M. Bruno de La CHESNAIS a signalé qu'un point sera fait sur les baromètres à mercure. Il a ensuite précisé qu'un problème récent était survenu avec le contreplaqué en Bintangor (bois d'Asie et d'Océanie) provenant de Nouvelle-Guinée mais, aucune solution n'ayant pu être trouvée, sa commercialisation a été arrêtée. Quant aux ampoules à économie d'énergie qui contiennent très peu de mercure, il a estimé qu'il était utile de les récupérer. La mise en place de la collecte des ampoules à économie d'énergie et des néons est prévue dans tous les magasins Castorama pour le 15 novembre 2006.

Au sujet des éthers de glycol, M. David PIETRZAK a rappelé que ces substances avaient causé une vive émotion dans l'opinion à partir de l'année 2000 à partir de risques évoqués pour la fécondité et de risques de malformation à la naissance. A la même époque, la presse des consommateurs a également mis en cause les composés organiques volatils (concentration dans les pièces à vivre, nature toxicologique, manque d'information sur les solvants les composant), ce qui suscitait de nombreuses questions de la part des clients de Castorama, par exemple sur les peintures à retenir pour les chambres d'enfants. Cela a conduit Castorama à approfondir les réponses à apporter, notamment aux femmes enceintes ou aux personnes âgées, et à se préoccuper des collaborateurs manipulant des produits contenant des solvants et donc à proposer des alternatives. Actuellement encore la presse des consommateurs continue à évoquer les éthers de glycol de préférence au formaldéhyde tout aussi dangereux.

En conclusion, M. Bruno de La CHESNAIS a rappelé qu'il portait une attention prioritaire aux produits les plus vendus et qu'il avait à coeur de vendre les produits « verts » au même prix que les produits standards, d'éviter une discrimination par le coût de la pose, lorsqu'il est possible d'éviter l'artisan tout en bénéficiant quand même d'un crédit d'impôt. En outre, Castorama s'efforce de supprimer tous les coûts inutiles.

Documents de référence :

- Programme développement durable, Castorama

- Liste des éthers de glycol

- Les préoccupations des utilisateurs, journée technique du 25 octobre 2001, David PIETRZAK, Responsable Process Technologie de Castorama

Les engagements Castorama, le partenariat avec WWF, Lettre d'info, mai 2006

* 10 Le FSC certifie la légalité de l'exploitation, la traçabilité de la grume, le plan de gestion durable de la forêt, la maîtrise de la biodiversité, le respect des communautés locales.