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L'Airbus militaire A400m sur le « chemin critique » de l'Europe de la défense

 

4. ...et sans programme d'évaluation des risques technologiques

Des études de faisabilité ont bien été menées par les Etats dans le cadre du FLAEG. Cependant, au vu du projet final et des spécifications définitivement établies, un programme approfondi d'évaluation et de réduction des risques technologiques s'imposait. Croyant posséder le savoir-faire, l'industriel n'a pas jugé utile de mener les études nécessaires.

Selon les indications fournies par AMSL, les Etats auraient de leur côté refusé de financer un programme de réduction des risques, alors évalué à 500 millions de dollars, considérant que ce dernier devait faire partie intégrante du contrat. Or, dans des programmes complexes, du type de l'A400M, ces programmes d'études amont sont essentiels.

AMSL estime que cette absence de pré-développement est responsable en particulier des difficultés ensuite rencontrées sur la structure, concernant :

- la position du stabilisateur horizontal ;

- la définition interne de la voilure ;

- le dimensionnement de la voilure ;

- l'estimation de la masse de l'avion.

Au total, les Etats demandaient un avion entièrement nouveau, dans des délais très brefs, à des prix bas et sans contribuer financièrement à l'évaluation des risques technologiques. Ils ont trouvé un industriel acceptant cela. Peut-on le leur reprocher ?

L'industriel a accepté de relever ce pari. Pourquoi ?

Stratégiquement, EADS cherchait, sur le modèle de Boeing, à équilibrer sa production d'avions civils, soumise à des cycles de marché, par une production d'avions militaires et, notamment, à bénéficier des avantages de la recherche duale. Cela ne peut pas lui être reproché. C'est du reste une stratégie dont la validité est toujours d'actualité.

Mais, industriellement, EADS a sous-estimé l'ampleur du défi et, managérialement, n'a pas mis toutes les chances de son côté pour le remporter.