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Le mal-être au travail : passer du diagnostic à l'action (rapport)

7 juillet 2010 : Le mal-être au travail : passer du diagnostic à l'action (rapport) ( rapport d'information )
4. Repérer et accompagner les salariés en souffrance

La mission privilégie une démarche de prévention du mal-être au travail, reposant principalement sur des actions touchant au management et à l'organisation des entreprises. Une prise en charge individuelle des salariés en souffrance est néanmoins indispensable, dans la mesure où aucun dispositif de prévention ne peut permettre d'éliminer tous les risques.

a) Repérer

Les recommandations formulées par la mission sont de nature à favoriser une meilleure détection des salariés en souffrance. Une formation systématique des managers à la santé au travail, la nomination de responsables RH de proximité, la réhabilitation du collectif, l'ouverture d'espaces de discussion devraient permettre d'éviter que des salariés ne souffrent en silence, sans attirer l'attention de leur hiérarchie ou de leurs collègues, et en viennent, dans les cas les plus graves, à commettre l'irréparable.

Les grandes entreprises ont parfois recours à la technique du « whistleblowing »95(*) : elles mettent en place des dispositifs internes qui permettent à un salarié de dénoncer sans risque des comportements fautifs dont il serait témoin ou victime. Il serait concevable que les PME se dotent de dispositifs analogues, en ayant recours aux services d'une sorte de « médiateur » externe.

La mission met en garde cependant contre le risque qu'un dispositif de dénonciation anonyme favorise des accusations calomnieuses. Il lui paraît préférable de chercher à établir dans les entreprises un climat de confiance tel qu'il laisse la liberté à un salarié victime ou témoin d'agissements fautifs de se plaindre auprès de sa hiérarchie, de rechercher l'appui d'un élu du personnel ou d'un délégué syndical, voire de saisir l'inspection du travail.

b) Accompagner

Les médecins du travail, et les équipes pluridisciplinaires qui les entourent, ont bien sûr un rôle déterminant à jouer pour apporter un soutien aux salariés. Mais la responsabilité des médecins de ville ne saurait non plus être négligée : bien souvent, un salarié qui souffre ne songera pas à consulter le médecin du travail et se tournera vers son médecin traitant. Il serait souhaitable, pour cette raison, de sensibiliser davantage les médecins, au cours de leur formation initiale ou continue, aux questions de santé au travail, afin qu'ils fassent plus facilement le lien entre une pathologie et les conditions de travail.

La mission encourage également les grandes entreprises et les administrations à développer les dispositifs d'écoute, qui permettent aux salariés de s'exprimer et de recevoir un accompagnement psychologique. L'entreprise SFR, qui emploie 9 000 salariés en France, a mis en place une cellule d'écoute, ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qui reçoit entre cinq et dix appels par semaine.


* 95 Ce terme anglais désignait à l'origine le fait pour un policier de souffler dans son sifflet.