D. LE SECTEUR DU CINÉMA

1. Le cinéma français en Argentine
a) La distribution commerciale

Le cinéma français est une référence en Argentine. Écoles, jeunes réalisateurs et critiques en sont friands, même si en termes quantitatifs (part de marché et nombre d'entrées), le cinéma français reste loin derrière le cinéma nord-américain. En moyenne, sur la période 1995-2010, il représente environ 1 million d'entrées par an . Si l'Argentine reste historiquement un foyer important du public du cinéma français, la dévaluation du peso en 2001 a relativisé l'importance économique de ce marché.

Entre 20 et 45 films français environ sortent chaque année, attestant de la vitalité de notre cinéma dans le pays . Ce dynamisme ne doit toutefois pas faire oublier la très forte tension qui pèse sur les entrées . Alors qu'il faisait généralement 1 million d'entrées, le cinéma français est tombé en 2010 à 761 743 entrées, en recul de 17 % par rapport à l'année précédente. L'arrivée de la 3D et l'occupation des salles - contrôlées en majorité par des capitaux américains et australiens - par les films nord-américains, laissent de moins en moins de place sur les écrans aux films européens et les durées d'exploitation se font de plus en plus courtes, ce qui entrave l'exploitation des films.

Le marché du DVD est, quant à lui, réduit à une peau de chagrin, miné par le piratage . La lutte contre la piraterie en Argentine reste très inefficace malgré la mise en place en 2009 d'un comité de lutte contre la piraterie - « Mesa Nacional de Videopiratería », créé sur l'initiative conjointe du Secrétariat à la sécurité intérieure et de l'Union argentine de lutte contre la piraterie (UACOPI). Selon son directeur : « 90 % des copies en circulation sont piratées. 80 % du volume du marché est illégal. Plus de 80 millions de DVD-R sont vendus dans les rues, les kiosques, les marchés, les métros et bus, ainsi que par correspondance sur internet. ».

En dépit de la protection du droit d'auteur par l'article 17 de la Constitution et par une loi relative à la propriété intellectuelle, qui prévoit de lourdes sanctions pénales et financières, la question du piratage sur Internet n'est pas encore traitée en Argentine. Le piratage s'opère en toute impunité : si quelques saisies sont médiatisées par les autorités, elles ne représentent qu'une infime partie du volume en jeu.

b) La distribution non commerciale

Le cinéma français reste la première cinématographie étrangère représentée dans beaucoup de festivals, après le cinéma national, loin devant les États-Unis (une trentaine de films), l'Allemagne ou le Japon (une vingtaine de films), l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Italie.

Le Festival international de cinéma indépendant de Buenos Aires (BAFICI) consacre environ 10 % de sa programmation - entre 30 et 50 films chaque année - à des films français. Quant au festival de cinéma documentaire, le Doc Buenos Aires , il consacre 30 % de sa programmation à des films français.

Les festivals 100 % français quant à eux sont très prisés. Événement phare de l'année, La Semaine d'Avant-Premières du cinéma français a battu les records de fréquentation avec 5 827 spectateurs en une semaine, avoisinant un taux de remplissage proche des 80 %. Elle a bénéficié d'une couverture de presse exceptionnelle, confirmant sa place de rendez vous désormais incontournable dans l'agenda culturel argentin. MyFrenchFilmFestival, festival de cinéma en ligne organisé par Unifrance en janvier 2011 , n'a pas non plus manqué d'intéresser les Argentins qui ont été plus de 7 000 à visiter le site et 536 visiteurs se sont inscrits, plaçant ainsi l'Argentine au sixième rang en nombre d'inscrits après notamment le Brésil et la Russie, une place plus qu'enviable en regard de la population argentine.

Enfin le succès des cycles culturels ne se dément pas. 353 films français appartenant au Fonds de l'Institut français ont été projetés en 2010 à travers tout le pays pour un total de 32 945 spectateurs. La semaine du cinéma français, cycle itinérant dans les provinces (20 villes desservies) organisé en partenariat avec le réseau des Alliances françaises, reste un outil clef pour maintenir notre présence sur l'ensemble du territoire.

c) Les coproductions de films entre la France et l'Argentine

Du côté de la coopération, l'Argentine est l'un des pays qui sollicite le plus le soutien du Fonds Sud Cinéma (FSC) grâce au renouveau du jeune cinéma argentin. Avec 46 films argentins aidés depuis sa création, l'Argentine est le premier pays bénéficiaire de ce fonds. Ce dispositif a permis l'émergence d'une nouvelle génération de cinéastes dans les années 2000, primés dans les grands festivals internationaux. Symbole du succès de ces échanges : le film argentin XXY, de Lucia Puenzo, coproduit par la France a remporté un très large succès en Argentine et en Europe, a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, et est également sorti en France sur plus de 50 copies. Plus récemment, « Rompecabezas », de Natalia Smirnoff, a été sélectionné en compétition officielle à Berlin en 2010 et a été vendu dans le monde entier par la société française Memento Films.

Notre ambassade encourage très fortement les échanges entre acteurs argentins et français de l'industrie cinématographique à l'occasion de nombreux événements et la coopération avec les principaux festivals français : Toulouse, Biarritz, Cannes, Nantes, Amiens, Annecy, FID Marseille...

Notre politique en faveur de la formation et de la spécialisation professionnelle dans le domaine du cinéma véhiculée notamment par les nombreux experts français invités, a remporté de grands succès tant auprès des étudiants que des professionnels. Un accord d'échange entre l'Université du Cinéma (FUC) et la FÉMIS a également pu être concrétisé . Chaque année depuis 2008, trois étudiants argentins se rendent en France pendant un mois pour étudier à la FÉMIS et trois étudiants français se rendent en Argentine pour réaliser un film documentaire. Les directeurs des deux écoles respectives ont fait part de leur plus grande satisfaction quant à ce programme d'échange.

La délégation a rencontré Mme Liliana Mazure, présidente de l'Institut national du cinéma et des arts audiovisuels (équivalent du Centre national de la cinématographie et de l'image animée). Elle a souligné les liens étroits avec la France, notamment à l'occasion du Festival de Cannes, et fait part de son projet d'organiser en Argentine une semaine du cinéma européen. Des contacts ont déjà été pris avec Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, à cet effet.

Les programmes de soutien sont assez similaires à ceux existant en France. Il est à noter que l'INCAA possède sa propre chaine de télévision pour la diffusion du cinéma ; cette chaîne propose actuellement 70 % de films argentins, mais serait intéressée par des films étrangers.

2. Le secteur audiovisuel

L'année 2009 a été marquée par le vote d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel en novembre 2009. La réforme a mobilisé tout le pays et fait l'objet de nombreuses discussions et débats publics pendant plusieurs mois.

Initiée par Christina Kirchner, la loi vise à réformer le paysage audiovisuel, jugé trop concentré par le gouvernement. Entrée en vigueur le 15 septembre 1980 à l'époque de la dictature, la précédente loi avait fait l'objet d'une première réforme en 1985, après le retour à la démocratie. Plus de 160 modifications ont été apportées à ce texte, sans toutefois que celles-ci n'entraînent de changements significatifs dans le paysage audiovisuel. La loi est restée obsolète au vu des enjeux liés au débat démocratique et les médias sont restés concentrés dans les mains de trois principaux groupes de communication : Clarín (câblo-opérateur, presse et télévision), Telefonica et Telecom (téléphonie et internet). S'il y a eu consensus autour de la nécessité de réformer l'ancienne loi, les modalités de la réforme ont fait l'objet d'âpres débats et d'un bras de fer entre le gouvernement et les entreprises privées, en tête desquelles le groupe Clarín, grand perdant de la nouvelle loi.

La loi a été promulguée le 10 octobre 2009. Le gouvernement a réussi à rallier une majorité autour de son projet remportant ainsi une belle victoire à la veille du changement de majorité au Congrès le 10 décembre 2009 suite aux élections législatives.


Principaux points de la loi

La loi plafonne à 35 % le nombre d'abonnés par opérateur (volet anti-concentration). Principal câblo-opérateur du pays, Cablevisión (groupe Clarín), qui détient actuellement environ 70 % des abonnés, devra se séparer d'au moins la moitié de ses abonnés pour se mettre en conformité avec la loi.

La loi limite à 10, contre 24 actuellement, le nombre de licences de radio et de télévision par groupe de communication, ce qui contraindra les entreprises à se séparer d'une partie de leurs actifs.

Les entreprises ont un délai d'un an à compter de la promulgation de la nouvelle loi pour se mettre en conformité avec celle-ci, délai jugé trop court par les entreprises concernées. Suite à un référé suspendant la mise en oeuvre de l'article 161, la Cour suprême a confirmé cette procédure tout en demandant au juge de se prononcer dans un délai raisonnable sur le fond.

La loi fixe à 5 ans au lieu de 10 la durée des licences d'exploitation. Cette durée est jugée trop courte par les entreprises qui estiment que leurs investissements technologiques ne peuvent être amortis que sur le long terme. La réduction de la durée des licences entraine selon eux un manque de visibilité qui constitue un frein aux investissements.

Le pouvoir exécutif aura faculté d'adjudication des licences pour les villes de plus de 500 000 habitants.

La loi prévoit la révision de l'octroi des licences d'émission de programmes tous les deux ans à la discrétion du gouvernement : ce point a été beaucoup discuté car il a soulevé des questions liées à l'indépendance des médias. La composition et les modalités de nomination des membres de l'organe décisionnaire en charge de l'octroi des licences ont été également très discutées.

La loi interdit de cumuler un canal hertzien et un canal sur le câble dans une même ville. Elle limite le nombre de fréquences radio sur une même zone à une radio AM et deux radios FM. Elle limite la zone maximale d'émission sur le câble à 24 localités (le projet de loi ne précise pas s'il s'agit de villes ou de quartiers).

Le gouvernement a finalement renoncé à permettre l'entrée des entreprises de télécommunication sur le marché de la télévision, mesure très sensible du projet de loi. Telecom et Telefonica, les deux principales entreprises de téléphonie qui en auraient été les premiers bénéficiaires, ne pourront donc pas proposer de services de télévision par abonnement et triple play .


• Mesures en faveur de la production nationale et de la diversité culturelle

Un certain nombre de mesures en revanche ont été plutôt appréciées telles que :

- l'instauration de quotas de diffusion de productions culturelles nationales sur les chaînes de télévision et de radio ;

- l'interdiction faite à une radio FM de rediffuser les programmes d'une radio FM appartement au même groupe de communication en vue de favoriser la production de contenus plutôt que la rediffusion ;

- l'instauration de quotas de diffusion en faveur de la production musicale indépendante ;

- l'interdiction des contenus à caractères sexistes ou discriminatoires.

Il convient de replacer cette réforme dans le contexte de tension très vive qui règne entre le gouvernement et le groupe Clarin. Le journal du même nom est entré dans une opposition croissante au gouvernement Kirchner au moment de la crise du Campo en 2008, et sa ligne éditoriale s'est radicalisée après l'adoption de la loi sur l'audiovisuel en octobre 2009, qui menace les intérêts du groupe. Ces derniers mois le climat s'est encore un peu plus dégradé.

Le gouvernement a notamment ouvert une procédure pour appropriation illégale d'actifs de la part des journaux Clarin et La Nación sur Papel Prensa, la première entreprise papetière du pays, une procédure à l'encontre de la famille Herrera de Noble soupçonnée d'avoir adopté sciemment des enfants de disparus de la dictature et menace de retirer sa licence d'exploitation à Fibertel, fournisseur d'accès à Internet détenu par le groupe Clarín.

3. Les autres acteurs du secteur de la télévision
a) TV5 Monde

L'Argentine constitue l'un des principaux marchés en Amérique latine de TV5 Monde, qui dispose à Buenos Aires d'une direction régionale qui pilote le développement de la chaîne dans cette zone, bien qu'il soit question de délocaliser le bureau au Panama. TV5 Monde est présente sur le câble , qui couvre 70 % du territoire et environ 60 % des abonnés, Telecentro, Supercanal et sur une douzaine de câblo-opérateurs régionaux. TV5 Monde est par ailleurs diffusée dans près de 8 000 chambres d'hôtels du pays.

Toutefois, alors qu'elle était reçue avant mars 2007 par 2,4 millions de foyers dans l'ensemble du pays, elle ne l'est aujourd'hui que par environ 500 000 foyers.

En effet, en mars 2007 les deux principaux câblo-opérateurs argentins Multicanal et Cablevision, ont fusionné et ont brusquement retiré TV5 Monde de leur offre de base analogique, alors que la chaîne représentait 1,2 million de foyers à Buenos Aires et dans cinq autres villes du pays pour la mettre dans leur offre numérique payante (350 000 abonnés). Ceci s'est traduit par une baisse sensible de téléspectateurs potentiels.

Pendant douze ans, TV5 a également été disponible sur le satellite via Directv , qui a connu une très forte progression atteignant les 850 000 foyers fin 2009, avant d'être retirée le 1 er janvier 2010 en Argentine, au Chili, en Colombie, en Équateur, au Paraguay, au Pérou, en Uruguay, au Venezuela, ainsi que dans les îles d'Aruba, Curaçao et Trinidad. En dépit d'âpres négociations et de la mobilisation des ambassades des pays de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), TV5 Monde n'a pu infléchir la décision de Directv.

b) Eurochannel

On notera également la présence en Argentine comme dans beaucoup d'autres pays d'Amérique latine de la chaîne Eurochannel, sous-titrée en espagnol qui propose des programmes d'origine européenne, notamment de nombreux films français. Lancée en 2008 en Argentine, Eurochannel est présente sur les principaux câblo-opérateurs du pays, Cablevision, Supercanal, Red Intercable et vingt-cinq autres opérateurs régionaux. Comme TV5, Eurochannel a été transférée dans l'offre digitale de Cablevision à Buenos Aires et dans les grandes villes. Elle demeure dans l'offre analogique de base pour le reste du pays.

c) Euronews

Dernière arrivée, Euronews , a été lancée en décembre 2009 sur l'offre digitale de Cablevision couvrant Buenos Aires, une prouesse dans un contexte extrêmement défavorable où la plupart des câblo-opérateurs ont gelé leurs investissements et les référencements de chaînes suite au vote de la nouvelle loi sur l'audiovisuel. Outre le Nord du pays où elle était déjà présente sur Supercanal qui compte 10 000 abonnés, Euronews est désormais accessible aux 350 000 abonnés à l'offre digitale de Cablevision à Buenos Aires, Rosario, Santa Fe, La Plata, Mar del Plata et Cordoba, soit auprès de 360 000 abonnés en tout. La chaîne devrait très prochainement être référencée chez d'autres câblo-opérateurs et pouvoir ainsi gagner du terrain sur l'ensemble du territoire.

d) France 24

France 24 a signé un accord de distribution avec Genesis Networks afin d'étendre la diffusion de son antenne française en Amérique latine grâce au satellite Intelsat 9. Depuis le 6 juillet 2010, grâce à cette nouvelle capacité satellite qui couvre la quasi-totalité du marché câblé en Amérique latine, la chaîne est disponible pour les têtes de réseaux câblés. France 24 a entrepris des démarches actives auprès des câblo-opérateurs pour une reprise du signal au sol. Elle a signé un accord au mois d'avril 2011 avec le câblo-opérateur uruguayen CablePlus qui propose désormais France 24 dans son bouquet sur Montevideo.

4. Un marché fournissant de nouveaux débouchés pour les programmes français

S'agissant de l'exportation de programmes français de télévision, l'Argentine était le premier marché de la zone en 2000. Les ventes ont fortement baissé avec la crise mais repris peu à peu en volume, bien que les tarifs d'achat restent bas face à un euro de plus en plus fort. Le lancement des nouvelles chaînes de la TNT offre aujourd'hui de nouveaux débouchés aux programmes français.

L'association professionnelle TV France International organise depuis 2006, en partenariat avec les postes de la région, une manifestation au cours de laquelle les entreprises françaises peuvent présenter l'offre française aux professionnels latino-américains. Le premier a eu lieu en 2007 à Rio, suivi de Mexico en novembre 2009 et enfin Mexico à nouveau les 2 et 3 mars 2011 à Mexico.

Notre ambassade lui a apporté son soutien et a fait venir un nombre important d'acheteurs, en particulier les chaînes publiques Canal 7 et Canal Encuentro, qui achètent de plus en plus des programmes français, mais également les nouvelles chaînes de la télévision numérique comme Incaatv ainsi que la première chaîne nationale privée, Téléfé. Les résultats sont très encourageants.

Initié au mois d'avril 2010, le déploiement de la TNT se poursuit en Argentine. Il prévoit l'extinction définitive de l'analogique en 2019 . Quarante-neuf zones urbaines en tout, couvrant les principales villes du pays et un bassin de population estimé à 29 millions d'habitants soit 71 % de la population, sont déjà raccordées à la TNT. 100 installations supplémentaires devraient être déployées entre 2011 et 2012 pour atteindre les 95 % de couverture. En parallèle de ce réseau, le gouvernement argentin a choisi de développer un système de télévision par satellite public afin de couvrir 100 % du territoire . Seize chaînes feront dans un premier temps partie du bouquet, incluant notamment les deux chaînes hertziennes nationales publiques (Canal 7 et Canal Encuentro), les quatre chaînes hertziennes nationales privées (Telefé/Canal 11, Canal 9, Canal 13, America TV/Canal 2) et quatre nouvelles chaînes publiques (Canal de Cultura, Incaa TV et Paka Paka). L'objectif est d'atteindre les quarante chaînes d'ici fin 2012. Les licences seront attribuées par la nouvelle entité de régulation, l'Autorité fédérale de services de communication audiovisuelle (AFSCA), équivalent du CSA en France.

1,2 million de décodeurs TNT seront distribués gratuitement aux établissements publics et aux foyers les plus modestes . Une première tranche de 750 000 décodeurs a déjà été mise en circulation, 450 000 décodeurs supplémentaires devant être distribués d'ici la fin de l'année. Dans les zones les plus reculées, 8 000 écoles rurales seront équipées gratuitement du décodeur satellite et d'une parabole pour capter les chaînes par satellite.

Quatre nouvelles chaînes publiques ont vu le jour sur la TNT :

- Paka Paka, chaîne jeunesse rattachée au ministère de l'Éducation , lancée le 17 septembre 2010.

- Incaatv, chaîne cinéma rattachée à l'Institut du cinéma et de l'audiovisuel argentin (INCAA), lancée le 28 décembre 2010.

- Canal de Cultura, chaîne culturelle généraliste rattachée au ministère de la Culture lancée en juillet 2011.

- Technopolis , chaîne consacrée aux sciences et technologies rattachée au ministère de l'Éducation devait être lancée au cours le l'été 2011.

La délégation tient à souligner l'intérêt de ces initiatives, sur le plan de la démocratisation de la culture et de la diffusion de la culture scientifique et technique.

Un appel à programmes à été lancé par notre service de coopération culturelle et relayé par TVFI auprès de ses adhérents, permettant la concrétisation de nombreux accords de distribution entre les chaînes argentines et les exportateurs français. 80 heures de programmes ont ainsi été vendues par les exportateurs français à Paka Paka, confirmant l'attractivité de nos programmes dans le secteur jeunesse . Gédéon, Moonscop, Awol, TF1 international, Marathon, Zed, SND, Mediatoon, Zorn et Terranoa ont concrétisé de nombreuses ventes.

Les exportateurs français entretiennent également de bonnes relations avec Incaatv, la chaîne de cinéma. Ainsi la société française Pyramide a pu concrétiser la vente de 25 longs métrages parmi lesquels douze films de Louis Malle, « Irma Vep » d'Olivier Assayas, « Nénette et Boni » ou « J'ai pas sommeil » de Claire Denis. La société U Media a réussi à vendre 15 heures de films.

Votre délégation tend à souligner le dynamisme du service audiovisuel de notre ambassade qui explique ces performances à l'exportation de ces programmes .

5. Le secteur de la radio et des industries musicales
a) La radio

Radio Europa, radio FM qui, depuis 1999, diffusait sur l'agglomération de Buenos Aires les programmes de RFI en français 7 jours sur 7, de 5h00 à 12h00, sur la fréquence 97.1 FM (en partage d'antenne avec le World Service de la BBC qui diffusait ses programmes en anglais le reste de la journée), en a cessé la diffusion le 22 mai 2010.

Au cours des dernières années, la fréquence avait été sujette à d'importantes perturbations dues à la fois aux interférences avec les radios pirates et à une insuffisance de la puissance d'émission autorisée par le Comité fédéral de radiodiffusion (COMFER), aujourd'hui remplacé par l'Autorité fédérale de services de communication audiovisuelle (AFSCA) -, l'organisme chargé de faire appliquer la loi de radiodiffusion et d'attribuer les licences. Ces perturbations rendaient de fait l'écoute de RFI quasiment impossible dans les quartiers du centre de la capitale. Face à l'importance des investissements qu'il aurait été nécessaire de déployer pour « nettoyer » la fréquence, RFI et la BBC ont préféré dénoncer le contrat qui les liait à leur diffuseur.

RFI reste toutefois présente sur le satellite, sur Internet et sur de nombreuses radios partenaires . Elle est diffusée 7 jours sur 7 et 24h/24 dans le bouquet satellite de Directv (850 000 abonnés), sur Internet où elle est disponible en français et en espagnol et sur 26 radios partenaires à travers le pays auxquelles elle fournit gratuitement des modules d'information en espagnol et en musique. Ces modules, de durée variable pouvant aller de quelques minutes à quelques heures, sont diffusés en espagnol. Il est difficile d'évaluer la visibilité qu'a RFI sur ces dernières, la durée de programmes repris pouvant varier de quelques minutes à quelques heures en fonction des radios, de l'époque de l'année et des changements des grilles. Les retours qualitatifs sont toutefois très positifs. Les radios partenaires apprécient le sérieux de RFI dans le traitement de l'information internationale, l'indépendance de point de vue, le ton « latin » de l'information, la pluralité des angles d'approche et le débat d'idées qu'offre RFI.

RFI cherche aujourd'hui à se positionner sur le câble . Elle est en pourparlers avec Cablevision (2,4 millions de foyers pour l'offre de base analogique ou 1,32 si l'on enlève les abonnés à l'offre analogique sur les grandes villes pour ne prendre que les abonnés à l'offre numérique), Supercanal (10 000 abonnés), avec Antina (32 000 abonnés au bouquet numérique) et avec Disseat (1 500 abonnés). Elle est également en contact avec La Red, une radio commerciale, qui diffuse en AM sur l'ensemble du territoire et avec Radio Uno FM à laquelle elle a proposé deux heures d'info le matin dans l'émission « Clase Ejecutiva ». Un projet de co-production d'émission en espagnol intégrant du contenu local avec la radio Rivadavia est également à l'étude. Elle est par ailleurs en pourparlers avec Directv afin de remplacer la diffusion actuelle de RFI (en espagnol / en portugais / musique) sur le bouquet Directv Panamericana (2,3 millions d'abonnés sur 9 territoires : Argentine, Caraïbes, Chili, Colombie, Équateur, Pérou, Porto Rico (États-Unis), Venezuela et Uruguay) par un programme RFI tout info (en espagnol / en français) mieux adapté.

b) Les industries musicales

La France dispose de nombreux atouts dans le domaine des industries musicales, second axe fort de la coopération et pour lequel il existe une forte demande en Argentine. Depuis fin 2006, la France est le premier partenaire du marché des éditeurs de musique de Buenos Aires , la BAFIM, marché inspiré du MIDEM. Plus de 110 000 visiteurs étaient présents en 2008, 180 invités professionnels internationaux et 450 invités professionnels argentins.

Autour de cet événement majeur, et avec l'aide du Bureau export de la musique française et de Cultures France, une politique de soutien à la diffusion de la musique française s'est organisée : tournées et sorties commerciales d'albums se sont succédé. (Yann Tiersen, Alex Gopher, Carla Bruni, Agnès Jaoui, Jane Birkin, DJ Missill, Nouvelle Vague, Richard Bona, Phoenix, etc.).

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