Allez au contenu, Allez à la navigation

Réussir le cluster de Paris-Saclay

23 mai 2016 : Réussir le cluster de Paris-Saclay ( rapport d'information )

C. LE PÔLE BIOLOGIE-PHARMACIE-CHIMIE (BPC) DE L'UNIVERSITÉ PARIS-SUD, UN PPP QUI PRÉSENTE DES RISQUES SIGNIFICATIFS ET DONT L'AMBITION DEVRAIT ÊTRE RÉDUITE

Le déménagement de l'unité de formation et de recherche (UFR) de pharmacie de l'université Paris-Sud sur le plateau de Saclay (quartier de Moulon) depuis Châtenay-Malabry permettra de constituer un pôle Biologie-Pharmacie-Chimie (BPC) très puissant, confortant la logique d'interdisciplinarité propre à Paris-Saclay.

Ce déménagement dans un ensemble immobilier constitué de deux bâtiments situés sur deux sites distincts est réalisé sous forme de partenariat public-privé, ce qui en fait l'un des plus gros partenariats public-privé (PPP) en cours de réalisation après celui du ministère de la défense à Balard, dans la mesure où son coût global est estimé à 300 millions d'euros.

Le financement de ce PPP, qui couvre la conception, la réalisation, la maintenance et l'entretien des deux bâtiments, sera assuré par :

- une dotation non consommable de 223 millions d'euros au titre du plan Campus, dont les intérêts doivent contribuer à financer les loyers du PPP ;

36,9 millions d'euros provenant de la dotation consommable du programme d'investissements d'avenir ;

24 millions d'euros issus de la vente du site de Châtenay-Malabry.

Selon l'avis n° 2014-26 - favorable mais avec de fortes réserves - rendu par le Commissariat général à l'investissement le 23 décembre 2014, le produit de cession de l'actuelle faculté de pharmacie à Châtenay-Malabry pourrait être très inférieur aux 24 millions d'euros prévus.

Ce montant correspond en effet à une estimation de France Domaines qui remonte à 2011. Or, depuis cette date, la valeur du foncier a diminué tandis que les dépenses de dépollution du site, en particulier de désamiantage, ont été sensiblement revues à la hausse, ce qui conduit désormais France Domaine à évaluer le produit de cession net de provisions pour risques au mieux à zéro, ce qui n'exclut pas que l'université Paris-Sud doive même verser des indemnités à son concessionnaire, si, comme il est possible, le produit de cession devait s'avérer négatif.

Fort de ce constat, les contre-experts du Commissariat général à l'investissement estimaient dans leur rapport du 19 décembre 2014 que la réalisation du pôle Biologie-Pharmacie-Chimie de l'université Paris-Sud « requerrait un besoin de subvention supplémentaires très significatif, sauf à réduire de manière très significative la consistance du programme en fonction d'une nouvelle appréciation des besoins et des fonctionnalités attendues ».

Ces incertitudes seraient susceptibles de retarder l'ouverture du site du pôle BPC sur le plateau en septembre 2021, ce qui représenterait une vraie difficulté dans la mesure où son installation, le jour où elle interviendra, ne devrait pas manquer d'avoir un effet d'entraînement significatif sur les laboratoires de ce secteur d'activité susceptibles de s'implanter à proximité.