B. L'ÉLYSÉE, CIBLE STRATÉGIQUE DE PREMIER PLAN

D'un point de vue stratégique, la présidence de la République constitue une cible de premier plan en termes de renseignements . L'intrusion dans les réseaux informatiques est donc l'une des modalités susceptibles de permettre la collecte de données stratégiques, au même titre que d'autres formes d'attaques telles que la surveillance par les ondes électromagnétiques ou les tentatives d'écoutes des moyens sécurisés de communication du Président de la République.

L'une des difficultés rencontrées à la présidence de la République, que l'on peut retrouver également dans d'autres pouvoirs publics, tient au caractère historique des locaux dans lesquels elle est installée. En effet, l'occupation de bâtiments historiques tels que le Palais de l'Élysée rend la gestion des réseaux et des installations d'infrastructures particulièrement difficile en raison de la configuration datée, et donc peu adaptée, des lieux.

L'identification des menaces qui visent l'Élysée correspond aux différentes catégories d'attaques présentées précédemment. Peuvent donc en être à l'origine :

- des États étrangers, que ceux-ci soient considérés comme des alliés de la France ou non ;

- des activistes qui souhaitent faire passer un message ou rendre difficile le fonctionnement de l'institution ;

- des officines criminelles, qui monétisent leurs actions. Cette catégorie se développe depuis plusieurs années ;

- des hackers en recherche de notoriété.

L'organisation du réseau informatique de l'Élysée prend en compte les impératifs et les recommandations de bonnes pratiques puisque trois types de réseaux cohabitent : un réseau libre, ouvert pour les événements et les visiteurs, un réseau principal « Présidence de la République » qui est ouvert à l'internet mais très fortement filtré, et un réseau classifié défense, qui est disjoint.

Les attaques standard à l'égard de la Présidence de la République sont quasi quotidiennes, tandis que des offensives plus conséquentes se présentent deux à trois fois par semaine. Les attaques plus sophistiquées dépendent quant à elle de l'actualité , par exemple de négociations internationales en cours ou de la survenance de sommets entre chefs d'États tels que le G7.

L'équipe de l'Élysée dédiée à la sécurité informatique est relativement réduite, même si elle a été récemment renforcée. Elle se compose d'un responsable de la sécurité des systèmes d'information, rattaché au directeur général des services, auquel a été associé un responsable adjoint. Deux ingénieurs se consacrent par ailleurs à la sécurité informatique et sont quant à eux rattachés au service informatique, qui compte un total de 27 collaborateurs. Ces personnels dédiés aux questions de cybersécurité sont dans l'ensemble très bien identifiés par les agents qui travaillent à l'Élysée compte tenu de la taille relativement limitée de l'administration de la présidence de la République, ce qui permet aux utilisateurs de contacter aisément les personnes compétentes.

L'Élysée bénéficie comme les autres pouvoirs publics d'une collaboration étroite avec les services de l'ANSSI. Ce travail en commun permet pour les personnels techniques de la présidence de bénéficier d'avis sur les analyses de risques, dans le cadre d'audits en particulier. Il existe par ailleurs un marché interministériel de prestation de sécurité des systèmes d'information auquel l'Élysée se rattache en tant que de besoin.

Un programme de sensibilisation des personnels, qu'ils soient techniciens ou administrateurs du service informatique de l'Élysée, comporte un volet formation qui conduit ces personnels à suivre des sessions délivrées par l'ANSSI. Le reste des agents de l'Élysée fait l'objet d'actions de sensibilisation plus ou moins ciblées, qui peuvent prendre la forme de réunions de cabinet. Une adresse électronique a notamment été mise en place afin de faciliter les signalements en cas de suspicion d'attaque. Le nombre important de signalements reçus par le service informatique à travers ces dispositifs montre que la sensibilisation du personnel de la présidence de la République est réelle.

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