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Sur les relations de la Hongrie avec l'Union européenne

19 novembre 2020 : sur les relations de la Hongrie avec l'Union européenne ( rapport d'information )

III. DE RÉCENTES MESURES LÉGITIMÉES PAR L'ENDIGUEMENT DE LA PANDÉMIE DE COVID-19, QUI MENACENT LES LIBERTÉS PUBLIQUES ET L'AUTONOMIE LOCALE

A. UNE CRISE SANITAIRE MAÎTRISÉE

En Hongrie, la crise sanitaire, survenue avec retard par rapport aux pays d'Europe occidentale et méridionale, est restée sous contrôle, comme ailleurs en Europe centrale lors de la première vague. À la mi-octobre, le pays enregistrait 968 décès et un peu moins de 39 000 cas. Les statistiques ne montrent pas de surmortalité au premier semestre. Les hôpitaux ne semblent pas sous pression, alors que le système hospitalier hongrois connaît des faiblesses structurelles, en particulier un sous-effectif médical important.

Le port du masque est obligatoire dans les transports en commun et les commerces, mais pas dans les écoles. Les rassemblements de plus de 500 personnes sont interdits - 200 personnes maximum pour les mariages. Pour les événements sportifs et culturels se déroulant à l'extérieur, les spectateurs ne peuvent occuper qu'un siège sur quatre, ne doivent pas s'asseoir directement les uns derrière les autres et doivent être séparés par une distance de sécurité d'au moins 1,5 mètre. Il n'y a pas d'encouragement officiel au télétravail, ni de politique massive de tests.

Une nouvelle fermeture des frontières - elles l'avaient déjà été du 17 mars au 15 juin - a été annoncée pour au moins un mois à compter du 1er septembre, quel que soit le pays de provenance des voyageurs, y compris d'un État membre de l'Union européenne, à l'exception des citoyens hongrois (qui doivent se soumettre à une quatorzaine ou présenter deux tests PCR négatifs de moins de cinq jours) et de certains motifs (travailleurs frontaliers, diplomates, militaires, etc.). Des mesures dérogatoires en faveur du groupe de Visegrad ont été instaurées si les ressortissants de ces pays présentent un test PCR négatif ne dépassant pas cinq jours, suscitant des demandes d'explication de la part de la Commission européenne.

Chronologie de la gestion de la crise sanitaire en Hongrie

11 mars : proclamation de l'état de danger

31 mars : entrée en vigueur de la loi d'habilitation donnant à l'exécutif le pouvoir de gouverner par décret

4 mai : levée globale des restrictions de circulation dans les campagnes, port du masque obligatoire dans les lieux publics, ouverture des terrasses des cafés, restaurants et hôtels, et reprise des manifestations sportives à huis-clos

18 mai : réouverture des restaurants et reprise de l'activité des hôtels

27 mai : ouverture des frontières avec la République tchèque et la Slovaquie

28 mai : ouverture de la frontière avec la Slovénie

1er juin : autorisation de célébrer les mariages et d'assister aux funérailles

7 juin : levée des restrictions du trafic de passagers avec l'Allemagne

12 juin : exemption de contrôles à la frontière avec la Croatie et suppression de la quarantaine pour les Croates entrant en Hongrie

15 juin : autorisation des visites dans les hôpitaux

20 juin : fin de l'état de danger ; le port du masque reste obligatoire dans les transports en commun et les magasins ; les événements festifs de plus de 500 personnes demeurent interdits

29 juin : ouverture de la frontière avec l'Ukraine ; à Budapest : levée des restrictions de circulation, réouverture des parcs et terrains de jeux, maintien d'un créneau horaire réservé aux personnes âgées, réouverture des universités sur une base volontaire

2 juillet : refus de l'accès au territoire hongrois pour les ressortissants des pays tiers, sauf la Serbie

1er septembre : nouvelle fermeture des frontières pour un mois minimum

Dans ce contexte, la popularité personnelle de Viktor Orban paraît avoir bénéficié de la crise sanitaire, même si une éventuelle deuxième vague comporte des incertitudes. Ainsi, début juillet, 62 % des personnes interrogées se déclaraient satisfaites de son action. Son indice de popularité, à 55 % d'opinions favorables, s'est même amélioré par rapport à 2018 et 2019. Celui du maire de Budapest, principale figure de l'opposition, varie selon les sondages entre 35 % et 50 % - son action dans la capitale est saluée par 54 % de ses administrés. De même, le Fidesz reste largement en tête des intentions de vote, entre 30 % et 35 %, loin devant ses concurrents, la coalition démocratique de gauche ne dépassant pas 11 %, au même niveau que le parti libéral Momentum.

C'est d'ailleurs la candidate du Fidesz qui a remporté, avec un peu plus de 50 % des voix, l'élection législative partielle du 11 octobre dernier, pourtant présentée comme un test pour la tactique de l'opposition qui avait investi un candidat unique, appartenant au Jobbik, qui a obtenu environ 45 % des voix. Certes, cette circonscription est traditionnellement favorable au Fidesz et le candidat de l'opposition avait fait, dans le passé, des déclarations polémiques. Mais l'union de l'opposition n'apparaît manifestement pas suffisante pour déstabiliser le Fidesz.