III. UN ACTEUR MONTANT DES RELATIONS INTERNATIONALES, UNE POLITIQUE EXTÉRIEURE NOTAMMENT MARQUÉE PAR LE DIFFÉREND TERRITORIAL AVEC LE VENEZUELA

Longtemps à la marge des relations internationales, le Guyana entend s'appuyer sur sa puissance économique naissante pour faire valoir sa voix aux plans régional comme international.

A. UNE DIPLOMATIE ACTIVE COMME INSTRUMENT DE LA DÉFENSE DE L'ESSEQUIBO

1. Une présence active au sein des organisations régionales permettant au Guyana de défendre ses priorités

Au niveau régional, le Guyana est membre de l'Organisation des États américains (OEA) et de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR). Surtout, le pays est membre fondateur de la Communauté caribéenne (CARICOM), dont il accueille le siège, et dont la présidence a été exercée par le président Irfaan Ali au cours de la première moitié de 2024.

Le Guyana s'appuie notamment sur la CARICOM pour renforcer l'intégration régionale des pays de la région et plaide pour une levée des barrières tarifaires entre États membres. Le Guyana souhaite en outre apporter une réponse à son manque de ressources humaines en cherchant à promouvoir la libre circulation des travailleurs, laquelle se limite à l'heure actuelle à une dizaine de métiers.

Au sein de la CARICOM, le Guyana plaide en outre en faveur d'une plus grande sécurité alimentaire, avec une baisse du niveau des importations. Doté de vastes superficies agricoles, le pays ambitionne de devenir le principal pôle de production vivrière de la région. Dans cette perspective, Georgetown cherche à mobiliser des investissements importants destinés à la modernisation et la mécanisation de son agriculture.

Sur le plan diplomatique, la présidence de la CARICOM exercée par Irfaan Ali a constitué une opportunité stratégique pour relancer la question haïtienne. Celle-ci était restée en suspens en raison de l'immobilisme politique imputé à l'ancien Premier ministre Ariel Henry, dont la démission, intervenue le 11 mars 2024, a marqué un tournant dans le traitement de ce dossier au sein de l'organisation régionale.

Il est à noter que les relations avec le voisin surinamais demeurent affectées par un désaccord sur la délimitation de la frontière (zone du Tigri ou « New River Triangle » pour le Guyana), hérité de la période coloniale, et un irritant sur les questions de pêche. Pour autant, en dehors d'épisodes de tension isolés, comme en février 2023, lorsqu'une intervention de l'armée guyanienne dans le cadre de la lutte contre l'orpaillage illégal a entraîné une réaction vive de la part des autorités surinamaises, la coopération entre les deux États en matière économique et commerciale notamment demeure étroite et devrait se poursuivre dans les années à venir, écartant à ce stade un scénario similaire à celui du différend territorial opposant le Guyana au Venezuela (cf. infra).

2. Le renforcement des partenariats du Guyana et son affirmation sur la scène internationale

Au cours de la dernière décennie, le Guyana a multiplié ses partenariats diplomatiques et s'est affirmé comme un membre actif au sein des organisations régionales et internationales.

La présidence de Joe Biden a ainsi été marquée par un soutien très net de Washington à l'égard du Guyana, en particulier dans le cadre du conflit territorial opposant Georgetown à Caracas. L'ancien Président Bill Clinton s'est ainsi rendu au Guyana en 2024, à l'occasion de la tenue du United Caribbean Forum organisé par la Chambre de commerce République dominicaine-Guyana, afin de témoigner de cette proximité. Le changement d'administration n'a pas remis en cause le soutien américain à Georgetown : le secrétaire d'État Marco Rubio a choisi le Guyana pour son premier déplacement à l'étranger en mars 2025, à l'occasion duquel un mémorandum d'entente visant à renforcer la coopération militaire a été signé.

Cette proximité avec Washington, qui s'explique notamment par l'importance des intérêts économiques américains dans le pays, n'est cependant pas exclusive d'autres partenariats.

Le Guyana conserve ainsi des liens étroits avec le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale, ou encore avec l'Inde, la présence d'une diaspora indo-descendante influente conférant à cette coopération un poids particulier dans les choix stratégiques de Georgetown.

Le pays a par ailleurs développé sa coopération avec la Chine, notamment lors de la visite d'Irfaan Ali à Pékin en 2023, où il a été reçu par le Président Xi Jinping. À l'issue de cette rencontre, les deux chefs d'État ont réaffirmé leur volonté commune de développer leur coopération économique et stratégique. Il est à cet égard intéressant de relever que l'ambassadeur de Chine à Georgetown était en charge du dossier « Belt and Road Initiative » à Pékin.

Plus récemment, le pays a engagé une ouverture vers les pays du Moyen-Orient, notamment le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, dont le modèle économique de développement séduit Georgetown. Cette orientation s'explique pour partie par des raisons culturelles et religieuses : le Président Irfaan Ali revendique sa foi musulmane et une influence islamique croissante peut être observée, notamment à travers l'action de fonds d'investissement et d'institutions financières, tels que la Banque islamique de développement, en direction de la population afro-descendante.

Parallèlement, le « Sud global » - et notamment le Brésil voisin, qui constitue un partenaire majeur, tant pour la coopération agricole que militaire - constitue un pôle d'attraction, même si une certaine distance demeure maintenue par le Président Ali.

Cette stratégie de diversification et de multiplication des relations diplomatiques est facilitée par le statut de nouvelle puissance pétrolière du Guyana, qui confère au pays une attractivité grandissante sur la scène internationale, comme en témoigne l'ouverture d'ambassades à Georgetown par la Colombie, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bélize ou la République dominicaine.

Le Guyana renforce par ailleurs sa présence dans les organisations internationales. Il a ainsi été élu pour la troisième fois membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2024-2025.

Sur les principaux dossiers internationaux, le Guyana a, de manière générale, affiché une position conforme à celle de ses principaux partenaires occidentaux : États-Unis, Union européenne, Royaume-Uni et Canada.

Ainsi, s'agissant du conflit en Ukraine, Georgetown s'est longtemps aligné sur les votes européens et américains à l'Assemblée générale des Nations unies. Toutefois, depuis l'élection de Donald Trump, le pays a adopté une posture plus nuancée : il a soutenu certaines résolutions américaines, elles-mêmes appuyées par la Russie, tout en votant par ailleurs une résolution ukrainienne.

Par ailleurs, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, le Guyana a, pendant une période, suivi les votes de certains États africains membres du groupe A3+ (Algérie, Sierra Leone et Somalie). Cette pratique a été récemment abandonnée, notamment lors de l'adoption ou du renouvellement de sanctions internationales, telles que l'embargo sur la livraison d'armes à la Somalie.

Le pays est en outre membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 1995 et figure, avec le Suriname, parmi les deux seuls États du continent américain membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

Cette multiplication des partenariats et de la visibilité internationale relève pour partie d'une stratégie du Guyana visant à sécuriser ses intérêts face aux revendications territoriales persistantes du Venezuela (cf. infra), qualifiée par Luis Alejandro Ávila Gómez « d'externalisation de la défense de l'Essequibo ».

3. Un ancien litige territorial avec le Venezuela ravivé par la découverte de gisements pétroliers

L'acquisition par la Grande-Bretagne, au milieu des années 1810, de la colonie hollandaise de l'Essequibo ne donne lieu à aucune délimitation précise des frontières entre cette région et le Venezuela, alors colonie espagnole. Or la nature même de ce territoire, recouvert de jungle et faiblement peuplé, complique l'établissement d'une ligne frontalière claire. À l'initiative de Londres, un premier tracé est toutefois réalisé en 1841 par Robert Hermann Schomburgk, connu sous le nom de « ligne Schomburgk » 33(*).

Mais le Venezuela, devenu indépendant en 1811, conteste rapidement cette délimitation, considérant que le territoire situé à l'ouest du fleuve Essequibo relève historiquement de l'ancienne capitainerie générale du Venezuela et a été annexé illégalement par la Grande-Bretagne. Soutenu par les États-Unis, imprégnés alors de la doctrine Monroe, le Venezuela porte l'affaire devant un tribunal arbitral international composé de deux juges américains, de deux juges britanniques et d'un juge russe. La sentence arbitrale rendue à Paris le 3 octobre 1899 confirme néanmoins, pour l'essentiel, le tracé de la ligne Schomburgk et attribue la région de l'Essequibo au Royaume-Uni et le delta de l'Orénoque au Venezuela. Une commission mixte se réunit entre 1900 et 1904 et fixe, en 1905, le tracé définitif de la frontière34(*).

Tout au long du XXe siècle, le Venezuela demeure cependant insatisfait de ce règlement et continue de revendiquer l'Essequibo (désignée par Caracas sous le nom de « Guayana Esequiba »), soit près du tiers du territoire actuel du Guyana (160 000 km²), ainsi que les eaux territoriales guyaniennes comprenant les champs d'hydrocarbures découverts depuis 2015 (cf. carte ci-après).

Le litige frontalier entre le Venezuela et le Guyana

Source : https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20231207-crise-venezuela-guyana-les-%C3%A9tats-unis-annoncent-des-exercices-militaires-au-guyana

Se fondant sur une lettre de l'avocat américain Severo Mallet-Prevost publiée en 1949 (dite « mémorandum Mallet-Prévost »), qui remettait en cause le bien-fondé de la sentence arbitrale de 189935(*), le Venezuela porte l'affaire devant l'Assemblée générale des Nations Unies en 1962.

Quatre ans plus tard, à quelques mois de l'indépendance du Guyana, un accord tripartite est signé à Genève entre le Venezuela, le Royaume-Uni et la Guyane britannique. Celui-ci prévoyait la mise en place d'une commission mixte, mais aucune décision ne fut prise dans le délai de 4 ans prévu dans le cadre de l'accord de Genève. Caracas considère depuis cet accord comme une reconnaissance de la validité de sa revendication.

Un protocole est conclu à Port d'Espagne en 1970 pour 12 années supplémentaires36(*). Toutefois, à son échéance, en 1982, le Venezuela demande le retour à des discussions bilatérales, soumettant l'affaire au secrétariat général des Nations Unies.

Le différend demeure latent des années 1980 jusqu'à la fin des années 2010, les médiations et bons offices sous l'égide de l'ONU s'enchaînant avec insuccès jusqu'en 2018, date à laquelle le Guyana soumet l'affaire à la Cour de justice internationale.

La découverte, en 2015, de gisements d'hydrocarbures dans la zone a cependant ravivé les prétentions vénézuéliennes sur l'Essequibo.

Ainsi, le 27 mai 2015, le Venezuela publie un décret37(*) établissant les zones opératives de défense intégrale maritime et insulaire (ZODIMAIN), « créant un périmètre d'actions de défense territoriale incluant les eaux revendiquées, y compris celles disputées avec le Guyana »38(*).

En décembre 2018, la marine vénézuélienne intercepte le Ramform Tethys, un navire mandaté par ExxonMobil pour réaliser des études sismiques 39(*).

Le 7 janvier 2021, le Président vénézuélien, Nicolás Maduro, déclare créer le « territoire de la façade atlantique vénézuélienne ».

Deux ans plus tard, le 20 septembre 2023, le Venezuela annonce l'organisation d'un « référendum consultatif pour que le peuple renforce la défense de la Guayana Esequiba et les droits inaliénables du Venezuela sur ce territoire ». Le vote, qui a lieu le 3 décembre 2023, se traduit par un très large soutien aux prétentions vénézuéliennes sur la région, malgré un taux de participation limité (2 millions de votants).

Comme le relève Luis Alejandro Ávila Gómez40(*), l'organisation et la tenue de ce référendum marquent un pic de tension entre les deux pays. Ainsi, le 27 octobre, « le Président Ali, revêtu d'une tenue rappelant celle des officiers de son armée, annonce que “ le gouvernement et l'opposition ont récemment publié une déclaration commune dans laquelle nous avons clairement indiqué, pour que personne ne fasse la moindre erreur, que cet Essequibo nous appartient, chaque pouce carré ”. [...] À peu près au même moment, le commandant stratégique opérationnel des forces armées vénézuéliennes, Domingo Hernández Lárez, poste une vidéo de la localité La Camorra située à l'est de l'État de Bolivar, où l'on voit des militaires, à la tâche, “ dans la construction de la piste d'atterrissage qui servira de point d'appui logistique pour le développement intégral de l'Essequibo ”. Début novembre, le Guyana Defence Force annonce un renforcement de ses capacités navales et fin novembre, son Président se rend à la frontière disputée avec le Venezuela accompagné d'une escouade de l'armée, pour superviser le hissage du drapeau national. Cet acte, qui a voulu démontrer symboliquement la détermination guyanienne vis-à-vis de la revendication vénézuélienne, a été répliqué lors d'une opération similaire, réalisée quelques jours plus tard par la Vice-Présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, dans l'État de Bolivar ».

Le 7 décembre, les États-Unis annoncent mener des exercices militaires aériens de « routine » au Guyana.

Une désescalade intervient cependant grâce à l'intermédiation des acteurs régionaux aboutissant à la déclaration conjointe d'Argyle du 14 décembre 2023 qui comprend 11 engagements dont le fait de ne pas recourir à la menace ni à la force, directement ou indirectement, quelles que soient leurs divergences, le règlement des différends conformément au droit international et la coopération des deux États afin d'éviter tout incident sur le terrain susceptible de créer des tensions entre eux.

Toutefois, la promulgation, le 21 mars 2024, d'une « loi organique relative à la défense de la Guayana Esequiba » considérant l'Essequibo comme le 24e État fédéré du Venezuela41(*) vient à l'encontre des principes du processus d'Argyle et constitue une nouvelle menace à la stabilité de la région.

Par ailleurs, plus récemment, le 25 mai 2025, des élections ont été organisées dans une circonscription spécialement créée à la frontière qui ont vu l'élection de 8 députés et d'un gouverneur, Neil Villamizar, pour la Guayana Esequiba.

Si la réactivation du conflit territorial et la multiplication des provocations côté vénézuélien créent une tension dans la région, les personnes entendues en audition ont cependant jugé peu probable une escalade militaire. En effet, le Venezuela, pour des raisons essentiellement de politique intérieure, devrait continuer de recourir à des mesures d'intimidation à l'égard de Georgetown, sans pour autant franchir le seuil d'une confrontation armée. Le contexte géographique joue en effet un rôle dissuasif : la région frontalière, recouverte de forêts tropicales denses et humides, se prête difficilement à des opérations militaires d'ampleur.

Sur le plan géostratégique, toute tentative d'annexion par la force nécessiterait par ailleurs de transiter par le territoire brésilien. Or, le Brésil a renforcé sa présence militaire à la frontière et, comme l'a indiqué en audition42(*) Nathalie Broadhurst, directrice des Amériques et des Caraïbes au ministère de l'Europe et des affaires étrangères, le Président Lula a fait savoir que ce scénario constituerait une ligne rouge pour Brasilia, alors même que le président Lula cherche à favoriser la réintégration du Venezuela de Nicolás Maduro dans la communauté internationale. De plus, plusieurs États, parmi lesquels les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, ont réaffirmé leur soutien au Guyana.

Surtout, le déploiement d'une très importante flotte américaine dans les Caraïbes depuis la fin du mois d'août 2025, officiellement justifié par la lutte contre le narcotrafic et qui s'est traduit par la destruction de plusieurs navires vénézuéliens, rend encore plus improbable une intervention armée du Venezuela dans l'Essequibo.

En tout état de cause, les intimidations, y compris sous la forme d'incursions vénézuéliennes dans les eaux territoriales du Guyana, comme cela a été le cas le 1er mars 2025, ont ainsi conduit la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées à rappeler à plusieurs reprises la position française, tant par la voie de courriers adressés par son président Cédric Perrin à Manzoor Nadir, Président de l'Assemblée nationale du Guyana, que par un communiqué de presse paru le 6 mars 2025.

Recommandation : réaffirmer le soutien de la France au principe d'intégrité territoriale et plaider en faveur d'un règlement du différend dans le respect du droit international.

Il importe que la France poursuive son soutien à Georgetown et réaffirme la nécessité d'un règlement du différend fondé sur le droit international, dans le cadre de la procédure en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par le Guyana en 2018.

Par un arrêt du 18 décembre 2020, celle-ci s'est en effet déclarée compétente pour connaître du litige. Dans l'attente de sa décision, qui pourrait intervenir en 2026, il convient que les parties respectent les termes de l'arrêt du 1er décembre 2023. Celui-ci enjoint le Venezuela à s'abstenir de toute action susceptible de modifier la situation actuelle, à savoir que le territoire est administré et contrôlé par la République coopérative du Guyana et engage les deux États à éviter tout acte risquant d'aggraver ou d'étendre le différend, ou d'en rendre le règlement plus difficile.


* 33 https://history.state.gov/milestones/1866-1898/venezuela

* 34Luis Alejandro Ávila Gómez, Géopolitique des frontières : la Guyane Essequibo entre Guyana et Venezuela, stratégies pour l'accès aux ressources et à la souveraineté, L'Harmattan, 2024, op. cit.

* 35 Luis Alejandro Ávila Gómez, Géopolitique des frontières : la Guyane Essequibo entre Guyana et Venezuela, stratégies pour l'accès aux ressources et à la souveraineté, L'Harmattan, 2024, op. cit.

* 36 https://cebri.org/revista/en/artigo/138/notes-on-the-history-of-the-venezuelaguyana-boundary-dispute

* 37 Ce décret a cependant été modifié le 6 juillet 2015 par un décret n° 1859 qui précise que les zones de défense ne comprennent pas les territoires et zones maritimes et sous-marines devant faire l'objet d'une délimitation.

* 38 Luis Alejandro Ávila Gómez, La Guyane Essequibo, ressources et souveraineté : une analyse géopolitique du risque.

* 39 https://www.csis.org/analysis/what-significance-venezuelas-naval-incursion-guyana

* 40 Luis Alejandro Ávila Gómez, Géopolitique des frontières : la Guyane Essequibo entre Guyana et Venezuela, stratégies pour l'accès aux ressources et à la souveraineté, L'Harmattan, 2024, op. cit.

* 41 https://www.minfor.gov.gy/sites/default/files/2025-06/GV_Order-Ordonnance_20250501_F-E_with%20opinions.pdf

* 42 Audition du 10 juin 2025.

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